Sodinaf : une clause de réserve de propriété de 3,8 milliards FCFA révèle les dessous du projet d’huilerie de Fabrice Siaka

Sodinaf : une clause de réserve de propriété de 3,8 milliards FCFA révèle les dessous du projet d’huilerie de Fabrice Siaka

Le fournisseur chinois CNBM se protège avec une clause de réserve de propriété sur les équipements de Sodinaf. Que cachent les 3,8 milliards FCFA de cette garantie et l’absence d’informations sur la raffinerie ? Décryptage d’une opération à haut risque économique.

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Sodinaf : 3,8 milliards FCFA d’équipements sous la menace d’une clause chinoise, la raffinerie de Fabrice Siaka toujours dans le flou


L'ombre d'un géant chinois plane sur l'usine de raffinage d'huile de palme de Sodinaf. Une clause de réserve de propriété de 3,8 milliards de FCFA, enregistrée sur les équipements du groupe de Fabrice Siaka, relance les interrogations sur la concrétisation de ce projet phare annoncé en grande pompe en 2019. Entre garantie juridique et épée de Damoclès, le dossier révèle les tensions d’un secteur agro-industriel camerounais en quête de transparence .


C’est une information qui a fait son chemin dans les milieux d’affaires de Douala. Le greffe du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a officialisé, le 24 septembre 2024, l’inscription d’une clause de réserve de propriété au profit du fournisseur chinois CNBM General Technology Co. Ltd sur les équipements industriels de la Société de distribution nouvelle d’Afrique (Sodinaf) SA. Ces installations, destinées au traitement et au raffinage d’huile de palme, sont désormais sous le coup d’une garantie financière de 6,47 millions de dollars, soit environ 3,81 milliards de FCFA .


Une clause qui interroge, pas une saisie


Il serait tentant de crier à la saisie, mais il n’en est rien. La réserve de propriété est un mécanisme juridique classique du droit OHADA. Elle permet au vendeur de rester propriétaire des biens livrés jusqu’au paiement intégral de la dette. Son inscription au RCCM, sept ans après la signature du contrat de vente à Zhengzhou en septembre 2017, vise à rendre cette sûreté opposable aux autres créanciers et aux éventuels repreneurs . "Le certificat ne permet pas d’établir que Sodinaf devait encore la totalité des 6,47 millions de dollars au moment de l’inscription", précisent nos confrères d’Investir au Cameroun, levant ainsi le voile sur une situation plus nuancée qu’il n’y paraît . Aucune procédure de recouvrement ou de liquidation n’est officiellement engagée.


Un investissement de 14 milliards sous haute tension


Cette inscription ravive cependant le souvenir du projet phare de Fabrice Siaka. En 2019, le groupe Sodinaf, fraîchement auréolé du rachat des actifs du forestier français Rougier au Cameroun et en RCA, annonçait un investissement colossal de 14 milliards de FCFA pour bâtir à Douala, via la Nouvelle Raffinerie du Cameroun, une unité de raffinage d'huile de palme brute et de savonnerie. Le projet, soutenu par un agrément de l'Agence de promotion des investissements (API), promettait 158 emplois directs .


Avec 3,81 milliards de FCFA sous séquestre juridique, c’est près de 27% de cette enveloppe initiale qui se retrouve au cœur d’une garantie en faveur du géant chinois CNBM . Ce ratio interpelle, d’autant que le certificat ne fournit aucune indication sur la part déjà réglée, laissant planer un doute sur la santé financière du projet.


L’épais mystère de la raffinerie


L’inscription de cette clause révèle surtout un angle mort : l’absence totale d’informations sur l’état d’avancement du projet. Où en est la construction de cette raffinerie ? Sa capacité de production, sa date de mise en service, ses volumes de production : autant de questions restées sans réponse dans les sources publiques . En 2023, la Nouvelle Raffinerie du Cameroun figurait encore parmi les quatre unités censées rejoindre le marché camerounais du raffinage, dans une filière pourtant en manque criant de matière première .


"Le certificat documente un contrat portant sur des équipements, mais ne fournit aucune information sur les travaux de génie civil, les autres installations, le fonds de roulement ou le montant total effectivement investi", souligne l’analyse du document .


Conclusion : une affaire à suivre de près


Au-delà de l’aspect technique, cette clause de réserve de propriété pose la question de la transparence des grands projets industriels au Cameroun. Si elle constitue une garantie pour le créancier chinois, elle est aussi le symptôme des difficultés potentielles de financement et de gestion d’un projet stratégique pour la souveraineté économique du pays. Le feuilleton de l’huilerie de Sodinaf est loin d’être terminé, et les prochains mois diront si l’usine tournera à plein régime ou si cette clause deviendra une épine dans le pied de Fabrice Siaka.




Sodinaf: CFA3.81 Billion Ownership Claim Reveals the Hidden Side of Fabrice Siaka’s Palm Oil Project


The shadow of a Chinese giant looms over Sodinaf’s palm oil refinery. A retention of title clause worth CFA3.81 billion, registered on the equipment of Fabrice Siaka’s group, raises new questions about the realization of this flagship project, which was announced with great fanfare in 2019. Between legal guarantee and Damocles’ sword, this case reveals the tensions in a Cameroonian agro-industrial sector seeking transparency .


This information has been making waves in Douala’s business circles. The registry of the Douala-Bonanjo Court of First Instance officially registered, on September 24, 2024, a retention of title clause in favor of the Chinese supplier CNBM General Technology Co. Ltd on the industrial equipment of the Société de distribution nouvelle d’Afrique (Sodinaf) SA. These facilities, intended for palm oil processing and refining, are now subject to a financial guarantee of $6.47 million, or approximately CFA3.81 billion .


A Clause That Raises Questions, Not a Seizure


It would be tempting to call it a seizure, but that is not the case. The retention of title is a standard legal mechanism under OHADA law. It allows the seller to remain the owner of the delivered goods until the debt is fully paid. Its registration with the RCCM, seven years after the signing of the sales contract in Zhengzhou in September 2017, aims to make this security enforceable against other creditors and potential buyers . "The certificate does not establish that Sodinaf still owed the entire $6.47 million at the time of the registration," our colleagues at Investir au Cameroun point out, thus clarifying a situation more nuanced than it appears . No recovery or liquidation proceedings have been officially initiated.


A CFA14 Billion Investment Under High Tension


This registration, however, revives memories of Fabrice Siaka’s flagship project. In 2019, the Sodinaf group, freshly adorned with the acquisition of the assets of the French forestry company Rougier in Cameroon and the CAR, announced a colossal investment of CFA14 billion to build, in Douala via Nouvelle Raffinerie du Cameroun, a crude palm oil refining and soap manufacturing unit. The project, backed by approval from the Investment Promotion Agency (API), promised 158 direct jobs .


With CFA3.81 billion under legal guarantee, this represents nearly 27% of the initial envelope now at the heart of a guarantee in favor of the Chinese giant CNBM . This ratio is concerning, especially since the certificate provides no indication of the amount already paid, leaving a shadow of doubt over the project’s financial health.


The Thick Mystery of the Refinery


Above all, this clause reveals a blind spot: the total lack of information on the project's progress. Where do things stand with the construction of this refinery? Its production capacity, commissioning date, and production volumes are all questions that remain unanswered in public sources . In 2023, Nouvelle Raffinerie du Cameroun was still listed among the four units expected to enter the Cameroonian refining market, in a sector suffering from a severe shortage of raw materials .


"The certificate documents a contract for equipment but contains no information on civil works, other installations, working capital or the total amount ultimately invested," states an analysis of the document .


Conclusion: A Story to Follow Closely


Beyond the technical aspect, this retention of title clause raises the question of transparency in major industrial projects in Cameroon. While it constitutes a guarantee for the Chinese creditor, it is also a symptom of the potential financing and management difficulties of a project that is strategic for the country’s economic sovereignty. The Sodinaf oil mill saga is far from over, and the coming months will tell whether the plant will operate at full capacity or whether this clause will become a thorn in Fabrice Siaka’s side.


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Silognhia Edwige


 

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