Cameroun : l’État lance un nouvel audit de sa dette flottante, des milliards de FCFA en jeu

Cameroun : l’État lance un nouvel audit de sa dette flottante, des milliards de FCFA en jeu

Le Cameroun lance un nouvel audit de sa dette flottante sur la période 2020-2025. Échéance au 31 octobre 2026 et 288,8 milliards de FCFA restent à apurer sur l’ancien stock.

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Cameroun : l’État lance un nouvel audit de sa dette flottante, des milliards de FCFA en jeu


Le Cameroun lance un nouvel audit de sa dette flottante sur la période 2020-2025. Échéance au 31 octobre 2026 et 288,8 milliards de FCFA restent à apurer sur l’ancien stock.


Cameroun : l’État relance l’audit de sa dette flottante, un nouveau stock d’arriérés se profile


Yaoundé — Le gouvernement camerounais repart à la chasse aux dettes accumulées par l’administration publique. Une nouvelle opération de recensement et d’audit de la dette flottante de l’État et de ses démembrements vient d’être lancée, avec une échéance fixée au 31 octobre 2026.


Dans une lettre-circulaire datée du 19 août 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, demande aux administrations et organismes publics de transmettre à la Direction générale du Budget leurs dossiers de créance portant sur la période allant du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2025.


L’opération vise les ministères, les universités d’État, les établissements et entreprises publics, mais aussi les collectivités territoriales décentralisées. Objectif : identifier, documenter et auditer les créances non structurées réclamées à ces entités afin de déterminer le montant réel de la dette flottante accumulée durant ces six années.


Une nouvelle photographie des arriérés publics


Dans la terminologie du ministère des Finances, la dette flottante correspond aux créances non structurées réclamées par des tiers à l’administration centrale et à ses démembrements.


Autrement dit, il ne suffit pas qu’une entreprise, un fonctionnaire, un fournisseur ou un autre créancier affirme que l’État lui doit de l’argent. Chaque créance doit être recensée, appuyée par des pièces justificatives, examinée puis validée dans le cadre de l’audit.


Cette procédure doit donc permettre au gouvernement de disposer d'un chiffre officiellement établi pour les dettes accumulées entre 2020 et 2025.


Pour Louis Paul Motazé, l’enjeu dépasse le simple exercice comptable. Le ministre estime nécessaire de « résorber la spirale d’endettement qui constitue un risque majeur mettant constamment à mal la stabilité des finances publiques ».


Les responsables des structures concernées sont par ailleurs appelés à prendre des dispositions pour empêcher la constitution de nouveaux arriérés.


752,1 milliards de FCFA : le lourd héritage de la période 2000-2019


Ce nouvel audit intervient alors que l’État n’a pas encore totalement soldé le précédent stock de dette flottante.


Le premier exercice, lancé fin 2020, concernait les créances accumulées entre 2000 et 2019. À l’issue des travaux, le ministère des Finances avait annoncé, le 16 août 2024, un montant validé de 671,7 milliards de FCFA.


Cette enveloppe regroupait plusieurs catégories de dettes : salariales, fiscalo-douanières, commerciales, académiques, sociales et locatives, ainsi que certaines indemnisations.


Le montant a toutefois été réévalué par la suite à 752,1 milliards de FCFA. Dans son bilan du 29 mai 2026, le ministère des Finances présente désormais cette somme comme le stock de dette flottante audité et validé pour la période 2000-2019.


La différence est loin d’être anodine : 80,4 milliards de FCFA, soit près de 12 % par rapport au montant annoncé en août 2024.


Mais cette hausse ne correspond pas au nouvel audit 2020-2025. Elle relève de l’affinement de certaines composantes de l’ancien stock, notamment les dettes fiscalo-douanière et académique, dont l’examen n’était pas totalement achevé lors de la première annonce.


463,3 milliards déjà payés, 288,8 milliards encore à apurer


L’apurement de la dette validée avait commencé en janvier 2024.


D’après le bilan présenté par le ministère des Finances le 29 mai 2026, 463,3 milliards de FCFA avaient déjà été réglés, soit 61,6 % du stock de 752,1 milliards.


Les paiements se sont répartis comme suit :




  • 232,9 milliards de FCFA en 2024 ;




  • 230,4 milliards de FCFA en 2025.




En 2024, l’effort avait notamment porté sur 182,9 milliards de FCFA de dette salariale et 50 milliards de dette fiscalo-douanière.


Pour 2025, une enveloppe spéciale de 110 milliards de FCFA avait été inscrite au budget de l’État pour les dettes autres que salariales. À fin mai 2026, 86,2 milliards de FCFA avaient effectivement été payés.


Dans le détail, ces règlements comprenaient :




  • 54,2 milliards pour la dette fiscalo-douanière ;




  • 20,2 milliards pour la dette commerciale ;




  • 6,5 milliards pour la dette académique ;




  • 5,3 milliards pour les dettes sociale et locative.




Sur une simple différence arithmétique, le stock de 752,1 milliards, diminué des 463,3 milliards déjà réglés, laisse apparaître 288,8 milliards de FCFA.


Attention toutefois : ce montant concerne exclusivement l’ancien stock 2000-2019. Il ne constitue en aucun cas une estimation de la dette accumulée entre 2020 et 2025.


Les paiements de l’ancien stock se poursuivent d’ailleurs en fonction des disponibilités de trésorerie de l’État.


Plus de 38 000 dossiers examinés lors du précédent audit


Le précédent recensement donne également une idée de l’ampleur du travail qui attend les administrations.


Au total, 38 015 dossiers de créance avaient été recensés. En 2022, 32 359 dossiers restaient soumis à confirmation, tandis que 5 656 dossiers avaient été rejetés par l’auditeur.


Ces rejets ne signifient pas automatiquement que toutes ces créances étaient fictives.


Certains dossiers correspondaient notamment à des créances déjà payées, des doublons, des paiements partiels ou des dossiers déjà traités. D’autres demandes ne relevaient pas de la période couverte ou présentaient une même créance sous plusieurs numéros de titres.


Le ministère des Finances avait néanmoins signalé des cas de falsification et mis en garde contre l’utilisation de documents frauduleux destinés à obtenir indûment des paiements de l’État.


Le véritable chiffre de la dette 2020-2025 reste encore inconnu


C’est donc une nouvelle bataille administrative et financière qui s’ouvre.


Jusqu’ici, aucun montant global de dette flottante audité et validé n’a été officiellement établi pour la période 2020-2025. Le nouvel exercice devra précisément déterminer l’ampleur de ces créances et distinguer les dettes effectivement exigibles des dossiers incomplets, irréguliers, déjà réglés ou ne relevant pas du périmètre défini.


Les administrations, établissements publics, entreprises publiques, universités d’État et collectivités territoriales disposent désormais jusqu’au 31 octobre 2026 pour transmettre leurs dossiers à la Direction générale du Budget.


Pour les finances publiques camerounaises, le rendez-vous est important. Car derrière les milliards à recenser se trouve une question centrale : combien l’État doit-il réellement à ses créanciers, et quelle capacité financière possède-t-il pour apurer ces arriérés sans alimenter une nouvelle spirale d’endettement ?


Le futur montant issu de l’audit 2020-2025 permettra d’apporter une première réponse. Une chose est déjà certaine : les 288,8 milliards de FCFA encore visibles dans les comptes de l’ancien stock ne doivent pas être confondus avec le nouveau passif qui sera éventuellement identifié.




Cameroon launches new audit of public debt as billions of CFA francs remain at stake


Yaoundé — The Cameroonian government has launched a new census and audit of the State’s floating debt and the liabilities of its public entities, opening a fresh chapter in its efforts to clean up public finances.


In a circular letter dated August 19, 2026, Minister of Finance Louis Paul Motazé instructed government administrations and public bodies to submit to the Directorate General of the Budget their claims files covering the 2020-2025 period no later than October 31, 2026.


The operation concerns ministries, state universities, public establishments and companies, as well as decentralized local authorities.


Its main objective is to establish the actual amount of unstructured claims accumulated by these entities since 2020.


What is Cameroon’s floating debt?


According to the Ministry of Finance, floating debt refers to unstructured claims made by third parties against the central government and its public entities.


A claim cannot simply be included in the official debt stock because it has been submitted by a creditor. It must first be registered, supported by documentary evidence, examined and validated through an audit process.


The new exercise should therefore provide the government with an official picture of the claims accumulated between 2020 and 2025.


Motazé says the operation is necessary to “reduce the debt spiral that constitutes a major risk and constantly undermines the stability of public finances.”


Officials in charge of the various institutions have also been instructed to take measures to prevent the accumulation of new arrears.


The previous audit reached CFAF 752.1 billion


The new operation comes as Cameroon is still dealing with the debt stock identified during the previous audit.


Launched in late 2020, that exercise covered claims accumulated between January 1, 2000 and December 31, 2019.


On August 16, 2024, the Ministry of Finance announced an initial validated amount of CFAF 671.7 billion.


The figure included salary-related, tax and customs, commercial, academic, social and rental debts, as well as certain compensation claims.


The stock was subsequently revised upward to CFAF 752.1 billion. In its May 29, 2026 assessment, the Ministry of Finance described this amount as the audited and validated floating debt for the 2000-2019 period.


The difference between the two figures stands at CFAF 80.4 billion, or nearly 12%.


This increase should not be confused with the new 2020-2025 audit. It resulted from further examination of some components of the earlier stock, particularly tax and customs and academic claims.


CFAF 463.3 billion already paid


Repayment of the validated stock began in January 2024.


According to the Ministry of Finance’s May 29, 2026 assessment, CFAF 463.3 billion had been paid, representing 61.6% of the CFAF 752.1 billion stock.


Payments amounted to:




  • CFAF 232.9 billion in 2024;




  • CFAF 230.4 billion in 2025.




In 2024, payments included CFAF 182.9 billion in salary-related debt and CFAF 50 billion in tax and customs liabilities.


For 2025, a special CFAF 110 billion allocation had been included in the State budget for non-salary debts. By the end of May 2026, CFAF 86.2 billion had actually been paid.


This included:




  • CFAF 54.2 billion in tax and customs debt;




  • CFAF 20.2 billion in commercial debt;




  • CFAF 6.5 billion in academic debt;




  • CFAF 5.3 billion in social and rental liabilities.




On a purely arithmetic basis, subtracting the CFAF 463.3 billion already paid from the CFAF 752.1 billion validated stock leaves CFAF 288.8 billion.


However, this figure relates only to the 2000-2019 stock. It is not an estimate of the debt accumulated between 2020 and 2025.


More than 38,000 claims were recorded during the previous exercise


The previous census illustrates the scale of the task facing the government.


A total of 38,015 claims files were recorded. By 2022, 32,359 files remained subject to confirmation, while 5,656 files had been rejected by the auditor.


These rejections do not automatically mean that all 5,656 claims were fictitious.


Some files concerned claims that had already been paid, duplicates, partial payments or cases that had already been processed. Other claims fell outside the period covered by the audit, while some creditors had submitted the same claim under several title numbers.


The Ministry of Finance nevertheless reported cases of document falsification and warned against the use of fraudulent documents to obtain payments from the State.


The new debt figure is still unknown


The government is therefore opening a new financial and administrative review.


No overall audited and validated amount has yet been published for the 2020-2025 period.


The new audit will have to determine the scale of these claims and separate genuinely payable liabilities from incomplete, irregular or already settled files, as well as claims falling outside the defined scope.


The deadline for ministries, public institutions, state-owned companies, universities and decentralized local authorities to submit their files is October 31, 2026.


For Cameroon’s public finances, the exercise is strategically important. The central question is straightforward: how much does the State actually owe its creditors, and how can these arrears be cleared without creating another debt spiral?


The results of the 2020-2025 audit should provide a clearer answer.


One point is already clear: the CFAF 288.8 billion remaining from the previous audited stock must not be confused with the new liabilities that may emerge from the latest review.


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Silognhia Edwige

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