Ceuta : le rapport explosif de la police espagnole accuse le Maroc d’avoir orchestré l’invasion de 70 000 migrants

Ceuta : le rapport explosif de la police espagnole accuse le Maroc d’avoir orchestré l’invasion de 70 000 migrants

Selon un rapport de la police nationale espagnole transmis à la juge María Tardón, l’entrée massive de dizaines de milliers de migrants à Ceuta fin juillet était une opération planifiée par les forces marocaines pour paralyser la frontière. 90 % sont repartis en quelques heures. Décryptage.

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Ceuta sous le choc d’une opération minutieusement préparée. L’unité de renseignement de la police nationale espagnole, le Centro Nacional de Inmigración y Fronteras (CENIF), affirme que l’incursion massive de dizaines de milliers de migrants illégaux dans la ville autonome de Ceuta, les 30 et 31 juillet 2026, n’était pas un mouvement spontané. C’était une opération planifiée et dirigée par les forces de sécurité marocaines. Le rapport a été transmis à la juge de l’Audiencia Nacional María Tardón et se trouve également entre les mains du parquet, selon le journal El Español.


D’après ce document, la « crise migratoire » n’aurait été qu’un écran de fumée. L’objectif réel : paralyser le système de contrôle frontalier espagnol et réduire la capacité de réaction de Madrid. En deux jours seulement, plus de 70 000 personnes – certains chiffres officiels et locaux montent jusqu’à 80 000 – ont franchi illégalement la frontière, majoritairement à la nage ou à gué en contournant le brise-lames d’El Tarajal.


Le rapport est clair : les gendarmes marocains ont activement participé à la gestion de la foule. Ils dirigeaient les migrants vers des sections de frontière prédéterminées depuis Castillejos (Fnideq). La coordination sur le terrain était assurée par des agents marocains en civil qui donnaient des instructions aux uniformés. Des images et vidéos analysées par les enquêteurs étayent ces affirmations.


Autre élément qui pèse lourd dans la balance : 90 % des personnes qui ont traversé n’avaient pas l’intention de rester en Espagne. Elles sont retournées au Maroc quelques heures seulement après leur entrée. Un comportement difficilement compatible avec une véritable vague migratoire spontanée. Les forces de l’ordre espagnoles rappellent également qu’après les faits, plusieurs responsables marocains ont formulé des revendications territoriales sur Ceuta et Melilla. Le rapport établit un lien étroit entre cette opération et ces revendications.


Face à l’ampleur de l’événement, Madrid a déployé l’armée pour renforcer la sécurité. Selon les autorités, l’écrasante majorité des arrivants est déjà repartie. Le Premier ministre Pedro Sánchez a évoqué jusqu’à 5 000 personnes encore présentes dans la ville. Dans sa première interview un mois après les faits, Sánchez s’est bien gardé d’imputer la responsabilité au Maroc, privilégiant la thèse des réseaux de passeurs et d’une interprétation trompeuse d’une décision de justice.


Ce rapport de police change la donne. Il transforme ce qui a été présenté comme une crise migratoire en une possible opération de pression géopolitique sous couvert humanitaire. L’enquête judiciaire ouverte à l’Audiencia Nacional devra maintenant déterminer s’il existe des indices d’un délit contre l’indépendance de l’État. Ceuta, enclave espagnole en terre africaine, se retrouve une fois de plus au cœur d’un bras de fer qui dépasse largement la simple question des flux migratoires.


Les faits sont là, documentés par les services de renseignement espagnols. Reste à savoir jusqu’où ira la justice et quelle sera la réaction diplomatique de Madrid.




Ceuta: Explosive Spanish Police Report Accuses Morocco of Orchestrating Invasion by 70,000 Migrants


Ceuta under shock from a meticulously planned operation. Spain’s National Police intelligence unit, the Centro Nacional de Inmigración y Fronteras (CENIF), states that the massive illegal entry of tens of thousands of migrants into the autonomous city of Ceuta on 30 and 31 July 2026 was not a spontaneous movement. It was a planned operation directed by Moroccan security forces. The report has been submitted to National Court Judge María Tardón and is also in the hands of the public prosecutor’s office, according to the newspaper El Español.


According to the document, the “migratory crisis” was merely a formal cover. The real aim was to paralyse Spain’s border control system and reduce Madrid’s capacity to react. In just two days, more than 70,000 people – some official and local figures rise as high as 80,000 – crossed the border illegally, mostly by swimming or wading around the El Tarajal breakwater.


The report is explicit: Moroccan gendarmes actively managed the crowd. They directed migrants toward predetermined sections of the border from Castillejos (Fnideq). Coordination on the ground was handled by plainclothes Moroccan agents who issued instructions to the uniformed officers. Images and videos analysed by investigators support these claims.


Another heavy element: 90 % of those who crossed had no intention of remaining in Spain. They returned to Morocco just a few hours later. This behaviour is hard to reconcile with a genuine spontaneous migratory wave. Spanish law enforcement also notes that after the events, several Moroccan officials issued territorial claims over Ceuta and Melilla. The report closely links the operation to these claims.


Faced with the scale of the influx, Madrid deployed the army to reinforce security. According to the authorities, the overwhelming majority of arrivals have already returned. Prime Minister Pedro Sánchez has spoken of up to 5,000 people still present in the city. In his first interview a month after the events, Sánchez refrained from blaming Morocco, instead pointing to trafficking networks and a misleading interpretation of a court ruling.


This police report changes the picture. It transforms what was presented as a migratory crisis into a possible geopolitical pressure operation under a humanitarian cover. The judicial investigation opened at the National Court will now have to determine whether there are indications of a crime against the independence of the State. Ceuta, the Spanish enclave on African soil, once again finds itself at the heart of a power struggle that goes far beyond simple migration flows.


The facts are documented by Spanish intelligence services. It remains to be seen how far justice will go and what Madrid’s diplomatic response will be.


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Ekanga Ekanga Fernand

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