Cameroun : la justice annule la création de la chefferie de Mbanya, un verdict aux lourdes conséquences
Le Tribunal administratif du Littoral a rendu une décision qui pourrait profondément rebattre les cartes dans le département du Wouri. Par un jugement prononcé le 21 mai 2026, la juridiction a annulé l'arrêté préfectoral ayant créé la chefferie traditionnelle de 3e degré de Mbanya, estimant fondée la requête introduite par Sa Majesté Edoube Dikotto Mpondo David contre l'État du Cameroun, représenté par le ministère de l'Administration territoriale (MINAT).
Cette décision intervient après plusieurs années de contestation autour de la reconnaissance administrative de cette chefferie et pourrait avoir des répercussions importantes sur l'organisation traditionnelle de cette localité.
Un arrêté préfectoral annulé par le Tribunal administratif
Selon l'extrait de jugement consulté, le Tribunal administratif du Littoral a annulé l'arrêté préfectoral n°922/AP/SAAJP du 3 septembre 2020, qui portait création de la chefferie traditionnelle de 3e degré de Mbanya.
La juridiction a estimé que la demande d'annulation présentée par le requérant était fondée et a prononcé l'annulation de l'acte administratif, « avec toutes les conséquences de droit qui en découlent ».
En revanche, le Tribunal s'est déclaré incompétent pour statuer sur la demande visant l'annulation de l'arrêté homologuant la désignation du chef traditionnel de 3e degré de Mbanya, laissant cette question en dehors du champ de sa décision.
Une décision qui pourrait redessiner l'organisation traditionnelle
L'annulation de l'arrêté de création de la chefferie ouvre une nouvelle étape dans un dossier sensible mêlant administration territoriale, droit coutumier et gouvernance locale.
Sur le plan juridique, cette décision remet en cause la base administrative ayant permis la création de cette chefferie en 2020. Ses effets pratiques dépendront désormais de l'exécution du jugement et, le cas échéant, des éventuelles voies de recours ouvertes aux parties.
Des accusations de motivations financières relayées dans le débat public
Au-delà du volet judiciaire, cette affaire alimente de nombreuses spéculations.
Le texte transmis à notre rédaction affirme que Sa Majesté Edoube Dikotto Mpondo David ferait face à d'importantes difficultés financières. Il est notamment fait état d'une sommation adressée en septembre 2025 par son conseil, Me Siewe Victor, réclamant le paiement d'une note de frais d'un montant de 19 988 544 000 FCFA, ainsi que la cession de 400 m² de terrain.
Le document soutient également que certains observateurs interprètent la contestation de la chefferie de Mbanya comme une stratégie visant à récupérer des terres afin de faire face à ces difficultés financières.
À ce stade, ces éléments relèvent d'allégations rapportées dans le document transmis et ne sont pas établis par la décision du Tribunal administratif. Aucun élément du jugement consulté ne confirme ces motivations.
Des dimensions historiques et symboliques évoquées
Le dossier comporte également une dimension historique et culturelle.
Selon les informations relayées dans le document source, des indiscrétions évoquent un intérêt particulier pour les eaux sacrées de Mbanya, présentées comme un lieu de forte portée symbolique dans les traditions locales. Il est notamment affirmé que ce site correspondrait à l'endroit où le président Paul Biya aurait été initié à certains rites traditionnels lors de précédents séjours à Douala.
Le document évoque également un projet d'initiation traditionnelle concernant un autre chef coutumier.
Ces affirmations n'ont toutefois pas été corroborées par des éléments judiciaires ou des sources officielles indépendantes et doivent être considérées avec prudence.
Le débat sur l'antériorité historique reste entier
Le texte remis à notre rédaction rappelle enfin que les revendications territoriales autour de Mbanya s'inscrivent dans un débat plus ancien portant sur l'histoire du peuplement de cette partie du Wouri.
Selon cette version, la communauté Bakoko occupait historiquement les lieux avant l'installation de la collectivité Bonamouang. Cette lecture est présentée comme un argument dans les discussions relatives à la légitimité coutumière des différentes communautés.
Là encore, cette question relève d'un débat historique et anthropologique qui dépasse le seul cadre du jugement administratif rendu le 21 mai 2026.
Une affaire loin d'être terminée
Par son verdict, le Tribunal administratif du Littoral replace au centre des débats les conditions ayant conduit à la création de la chefferie traditionnelle de Mbanya en 2020.
Entre enjeux administratifs, revendications coutumières, mémoire historique et litiges fonciers, cette décision pourrait ouvrir une nouvelle séquence judiciaire et institutionnelle, alors que les parties disposent encore, selon les procédures en vigueur, de possibilités de recours.
Cameroon: Court Annuls Creation of Mbanya Traditional Chiefdom, Reigniting Land and Customary Dispute
The Administrative Court of the Littoral Region has annulled the prefectural order that established the third-class traditional chiefdom of Mbanya, in a ruling delivered on May 21, 2026.
The case was brought by His Majesty Edoube Dikotto Mpondo David against the Cameroonian State, represented by the Ministry of Territorial Administration (MINAT).
The court ruled that the request to annul Prefectural Order No. 922/AP/SAAJP of September 3, 2020 was well-founded and ordered its cancellation, together with all legal consequences arising from the decision.
However, the court declared that it lacked jurisdiction to rule on the separate request seeking the annulment of the order approving the appointment of the third-class chief of Mbanya.
The ruling is expected to have significant implications for the administrative and traditional organization of the locality in the Wouri Division.
Beyond the legal proceedings, the case has fueled public debate. The source document alleges that the claimant is facing serious financial difficulties and cites legal claims for nearly 20 billion CFA francs in fees, as well as a request involving 400 square meters of land.
It also reports speculation suggesting that control over Mbanya could have strategic land-related and symbolic significance. These allegations are not established by the court ruling itself and have not been independently verified.
The document further highlights a longstanding historical debate, arguing that the Bakoko community historically occupied the area before the arrival of the Bonamouang community. This remains a subject of historical and customary discussion rather than a legal finding in the judgment.
The court's decision has therefore reopened debates over the legal, historical, and customary foundations that led to the creation of the Mbanya chiefdom in 2020.
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Ange NGO