Cameroun : Maurice Kamto attaque la prorogation des mandats municipaux et saisit le Conseil constitutionnel
Le débat sur la légalité de la prorogation des mandats des conseillers municipaux prend une nouvelle dimension au Cameroun. Dans une déclaration publiée le 3 juin 2026 à Yaoundé, le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, estime que les conseils municipaux des 360 communes du pays sont en situation de « vacance légale » depuis le 1er juin 2026.
Cette sortie intervient quelques semaines après la signature du décret n°2026/166 du 4 mai 2026, par lequel le président de la République a prorogé le mandat des conseillers municipaux jusqu'au 28 février 2027.
Le MRC dénonce une violation de la Constitution
Dans sa déclaration, Maurice Kamto considère que cette décision constitue une entorse aux principes démocratiques et aux dispositions constitutionnelles en vigueur.
Selon l'opposant politique, les conseillers municipaux élus le 9 février 2020 avaient reçu un mandat de cinq ans. Il soutient que la prorogation décidée par décret ne saurait se substituer à la volonté populaire exprimée par les urnes ni aux compétences du Parlement chargé d'encadrer les règles électorales.
Le président du MRC estime également que l'exécutif a appliqué de manière rétroactive les dispositions de la loi n°2026/003 du 14 avril 2026, modifiant l'article 170 du Code électoral. D'après lui, cette loi ne prévoit aucun mécanisme autorisant une application rétroactive permettant d'étendre les mandats en cours.
« On est face à un autre piétinement de la Loi fondamentale de notre pays », affirme Maurice Kamto dans son communiqué.
Une « vacance légale » des conseils municipaux depuis le 1er juin
Le leader du MRC rappelle qu'une précédente prorogation avait déjà été accordée le 24 juillet 2024, repoussant l'échéance des mandats municipaux jusqu'au 31 mai 2026.
Or, selon son analyse juridique, aucune élection municipale n'a été organisée avant cette date ni avant le plafond du régime dérogatoire qu'il évoque. Par conséquent, il considère que les mandats des conseillers municipaux ont définitivement expiré.
Pour Maurice Kamto, les conseils municipaux ne disposent donc plus de base légale pour délibérer à compter du 1er juin 2026.
Le président du MRC avertit que toute décision prise par les conseils municipaux après cette échéance pourrait engager la responsabilité de leurs auteurs au titre de la gestion de fait.
Le Conseil constitutionnel sollicité
Face à ce qu'il qualifie de « dysfonctionnement institutionnel », Maurice Kamto annonce avoir engagé, dès le 1er juin 2026, un recours en retrait du décret présidentiel qu'il juge illégal.
Dans la foulée, il indique saisir le Conseil constitutionnel afin que celui-ci use de ses prérogatives pour demander au chef de l'État de convoquer le corps électoral dans les meilleurs délais.
Cette démarche place désormais le débat sur le terrain juridique et institutionnel, dans un contexte où les échéances électorales restent au centre des discussions politiques au Cameroun.
Un nouvel épisode dans le débat sur la gouvernance locale
Cette déclaration du président du MRC relance les interrogations sur la gouvernance des collectivités territoriales décentralisées et sur le calendrier électoral national.
Alors que les autorités défendent la légalité de la prorogation des mandats municipaux, l'opposition continue de réclamer l'organisation rapide des élections locales afin de permettre aux citoyens de renouveler leurs représentants par les urnes.
Le dossier pourrait désormais connaître une nouvelle évolution avec l'examen des recours annoncés devant les juridictions compétentes.
Cameroon: Maurice Kamto Challenges Extension of Municipal Councillors' Mandates, Seeks Constitutional Review
The debate over the legality of extending municipal councillors' mandates has intensified in Cameroon. In a statement issued on June 3, 2026, in Yaoundé, Maurice Kamto, president of the Cameroon Renaissance Movement (MRC), argued that municipal councils across the country's 360 municipalities have been in a state of "legal vacancy" since June 1, 2026.
His remarks follow Presidential Decree No. 2026/166 of May 4, 2026, which extended the mandates of municipal councillors until February 28, 2027.
MRC Alleges Constitutional Violations
Kamto argues that the decree undermines democratic principles and constitutional provisions. According to him, councillors elected on February 9, 2020, were given a five-year mandate that cannot be extended by executive decree without proper electoral renewal.
He also contends that Law No. 2026/003 of April 14, 2026, amending Article 170 of the Electoral Code, cannot be applied retroactively since the legislation does not explicitly provide for such effect.
Claim of Legal Vacancy
The opposition leader recalls that a previous extension had already pushed the councillors' mandate to May 31, 2026. Since no municipal elections were organized before that deadline, he maintains that all municipal councils have legally reached the end of their mandate.
Kamto warns that decisions adopted by municipal councils after June 1, 2026, could expose their authors to legal liability.
Constitutional Council Petitioned
The MRC leader announced that he had filed a request for the withdrawal of the presidential decree on June 1, 2026, and has now petitioned the Constitutional Council to intervene and urge the President to convene the electorate without delay.
The matter is expected to fuel further debate over electoral governance and local democracy in Cameroon.
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Ange NGO