Massacre en Ituri : 69 civils fauchés par une milice, l’horreur continue dans l’est de la RDC

Massacre en Ituri : 69 civils fauchés par une milice, l’horreur continue dans l’est de la RDC

Encore un week-end de deuil en République démocratique du Congo. Dans la province de l’Ituri, au moins 69 personnes, pour la plupart des civils, ont perdu la vie fin avril lors d’une attaque menée par une milice communautaire. Les autorités pointent du doigt la Codeco, une Coopérative pour le développement du Congo qui ressemble étrangement à une machine à tuer.

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Les faits, rapportés samedi par l’Agence France-Presse (AFP) sur la base de sources locales et sécuritaires, sont glaçants. Des villages reculés de l’Ituri, région martyre du nord-est congolais, ont été pris pour cibles par des hommes armés. Ils n’ont pas fait de détail. Femmes, vieillards, enfants : tout y est passé, selon les premiers récits.


“On a couru dans la brousse, mais beaucoup n’ont pas eu le temps”, confie un rescapé joint par téléphone, la voix encore éraillée par la peur. Les attaquants ont brûlé des cases, pillé quelques maigres biens, puis disparu aussi vite qu’ils sont venus.


La Codeco, milice principalement issue de la communauté lendu, est dans le viseur des autorités congolaises. Officiellement créée comme une organisation agricole, elle est devenue en quelques années l’un des groupes les plus redoutés de l’Ituri. Ses affrontements avec les forces loyalistes et d’autres milices (notamment la frontiste Zaïre) ont déjà fait des milliers de déplacés ces derniers mois.


Le gouverneur de la province, en déplacement à Bunia, a promis une traque sans merci. “Ces tueurs ne resteront pas impunis”, a-t-il déclaré. Mais sur le terrain, les habitants n’y croient plus trop. “Les militaires sont là, mais les miliciens connaissent la forêt mieux que personne”, souffle un enseignant de la région.


Au-delà des chiffres – 69 morts, un bilan encore provisoire – c’est tout un territoire qui vacille. Les humanitaires parlent d’une “catastrophe invisible”. Car ces villages attaqués sont si isolés que les secours mettent parfois trois jours pour arriver.


En RDC, cette attaque rappelle que, malgré l’état de siège décrété en 2021 en Ituri et au Nord-Kivu, la lame des violences communautaires ne cesse de trancher des vies. Pendant que le monde regarde ailleurs, ici, on enterre encore les siens à la hâte, pour éviter les épidémies.


La Codeco n’a pas encore revendiqué l’attaque. Mais les couteaux sont déjà tirés. Une fois de plus, l’Ituri pleure.




At least 69 civilians killed by militia in northeastern DR Congo, authorities blame Codeco


At least 69 people, mostly civilians, were killed in late April during an attack by a community militia in the northeastern Democratic Republic of Congo (DRC), local and security sources told AFP on Saturday.


The targets were isolated villages in Ituri province, a region long plagued by armed violence. The attackers burned homes and opened fire on residents before fleeing into the bush.


Authorities suspect the Codeco militia (Cooperative for the Development of the Congo), a group originally presented as an agricultural cooperative but now classified as a deadly armed movement. Despite a state of siege imposed since 2021, attacks on civilians continue.


A provincial official vowed to track down the perpetrators, but survivors remain skeptical. "The army is here, but the militia knows the forest too well," a local teacher said.


The death toll could rise, as many wounded remain trapped in remote areas without medical care. Humanitarian groups have called for urgent access to the affected villages.



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Didier Cebas K.

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