« L’Occident doit payer » : Ramaphosa hausse le ton sur les réparations coloniales
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa n’y est pas allé de main morte. Dans son allocution hebdomadaire, il a clairement sommé les anciennes puissances coloniales de reconnaître leur responsabilité et d’indemniser les peuples africains. Motif : la traite transatlantique, qualifiée par l’ONU de « crime le plus grave contre l’humanité ». Une déclaration qui va faire du bruit, bien au-delà de Pretoria.
« Les anciennes puissances coloniales ont tiré des bénéfices financiers considérables », a martelé Ramaphosa. Avant d’enfoncer le clou : « Les esclaves africains ont construit des exploitations agricoles, des industries et des infrastructures, enrichissant ces puissances, tandis que les pays d’origine de ces esclaves restent encore aujourd’hui sous-développés. » Pas de demi-mesure.
Des réparations en investissements, pas en aumônes
Le chef d’État sud-africain ne réclame pas des chèques symboliques. Il veut des investissements directs durables : accès aux marchés, transfert de compétences et de technologies, et une vraie augmentation des investissements étrangers en Afrique. « Bien que la plupart des pays africains aient obtenu leur indépendance il y a plusieurs décennies, les effets de l’époque coloniale restent visibles : inégalités, isolement économique, instabilité politique et conflits persistants. »
Selon lui, une grande partie de la richesse actuelle de l’Occident a été bâtie sur les souffrances des Africains. Une vérité que beaucoup préfèrent taire, mais que l’Assemblée générale de l’ONU a rappelée en mars dernier.
Essence et gazole en folie : l’Afrique du Sud encaisse une nouvelle douloureuse
Pendant que Ramaphosa joue les vigies sur la scène internationale, son propre pays subit de plein fouet la crise du Moyen-Orient. Le gouvernement sud-africain a annoncé une nouvelle hausse des prix des carburants, la deuxième depuis fin février. Les chiffres donnent le tournis.
À partir du 6 mai, le litre d’essence (marque la plus courante) atteindra l’équivalent de 1,46 euro. Le diesel grimpe à 1,77 euro le litre. Détail des augmentations :
Carburant Hausse (rands) Hausse (euros)
Diesel +6,19 +0,32
Essence +3,27 +0,17
Kérosène +4,22 +0,21
Gaz liquéfié (kg) +5,00 +0,26
Pour limiter la casse, le gouvernement a prolongé d’un mois la déduction fiscale sur les carburants. Mais le manque à gagner pour le budget national est énorme : environ 305 millions d’euros par mois.
Pourquoi une telle flambée ?
L’Afrique du Sud ne produit pas de pétrole industriellement. Elle consomme un peu plus de 600 000 barils par jour. Seuls 160 000 barils sont fabriqués à partir de charbon local. Le reste vient d’Oman, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Et la crise dans le golfe Persique fait exploser les prix mondiaux. Dès le 1er avril, le pays avait déjà connu l’une des plus fortes hausses de son histoire. Aujourd’hui, c’est un nouveau coup de massue pour les ménages et les transporteurs.
Sénégal : Diomaye Faye lâche Macky Sall sur la course à l’ONU
Changement de ton à Dakar. Le président Bassirou Diomaye Faye a clarifié la position du Sénégal concernant la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Verdict : neutralité, ni soutien ni sabotage.
Interrogé lors d’une conférence de presse retransmise par la Radiotélévision sénégalaise, Diomaye Faye a lâché une petite bombe : « Macky Sall ne m’a pas informé de sa candidature. Je l’ai appris par mes collègues. » Le chef de l’État actuel assure que son gouvernement ne va pas saboter l’ancien président, mais précise bien que cette candidature a été proposée sans la participation de l’État sénégalais.
Candidature proposée par le Burundi, rejet partiel à l’UA
C’est le Burundi, qui préside actuellement l’Union africaine, qui a poussé le nom de Macky Sall. Mais le Sénégal faisait partie des 20 pays de l’UA à avoir voté contre l’approbation accélérée de l’ancien président comme candidat unique de l’Afrique. Résultat : pas de consensus sur 55 membres. Macky Sall est donc contraint de se présenter comme candidat indépendant.
Quatre candidats encore en lice
Sur 13 prétendants initiaux, il n’en reste que quatre pour succéder à Antonio Guterres (mandat expirant le 31 décembre) :
- Macky Sall (Sénégal)
- Michelle Bachelet (Chili, ex-Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme)
- Rebeca Grynspan (Costa Rica, secrétaire générale de la CNUCED)
- Rafael Grossi (Argentine, directeur général de l’AIEA)
L’élection est prévue pour juillet 2026. De nombreux pays plaident pour qu’une femme soit enfin élue à ce poste. Rien n’est joué, mais le Sénégal, lui, ne fera ni campagne ni obstacle. Un silence qui en dit long.
En bref : Réparations historiques, essence à prix d’or, et course à l’ONU sans filet. L’Afrique bouge, et elle ne demande plus la permission.
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“The West got rich on Africa’s back”: Ramaphosa demands colonial reparations
South African President Cyril Ramaphosa has issued a stark warning to former colonial powers: acknowledge your responsibility and compensate African peoples for the harm caused. His call follows a UN General Assembly resolution in March describing the transatlantic slave trade as “the most serious crime against humanity”.
“Former colonial powers made considerable financial gains. African slaves built farms, industries and infrastructure, enriching those powers, while the home countries of those slaves remain underdeveloped today,” Ramaphosa said in his weekly address.
He argues that reparations must take the form of sustainable direct investments, including increased foreign investment, better market access, and skills and technology transfer. “Even though most African countries gained independence decades ago, the effects of the colonial era remain visible through inequality, economic isolation, political instability and persistent conflicts,” he added.
Fuel price shock: South Africa hits new records
From 6 May, South Africa will see another sharp fuel price hike – the second since the crisis in the Persian Gulf began in late February. Petrol rises by 3.27 rands (€0.17) per litre, diesel by 6.19 rands (€0.32). The most common petrol grade will reach the equivalent of €1.46 per litre; diesel €1.77.
The government extended a fuel tax deduction for one month to avoid an even bigger spike, but this costs the national budget around €305 million per month. South Africa imports over 70% of its energy from Oman, Saudi Arabia and the UAE, with no domestic industrial oil production.
Senegal steps back from Macky Sall’s UN bid
President Bassirou Diomaye Faye has confirmed Senegal’s neutral stance on former president Macky Sall’s candidacy for UN Secretary-General. “He did not inform me. I learned of it from my colleagues,” Faye said. The candidacy was proposed by Burundi, current chair of the African Union, without Senegal’s state involvement.
Macky Sall failed to secure the AU’s single candidate status due to lack of consensus. He is now running as an independent. Four candidates remain in the race, including Michelle Bachelet (Chile) and Rafael Grossi (Argentina). The election is set for July 2026.
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Silognhia Edwige