Khartoum sous les drones : Washington ordonne la clandestinité, le Soudan pointe Addis-Abeba et Abou Dabi
Ça chauffe sévère sur le Nil. Alors que les bombes continuent de pleuvoir sur l’aéroport international de Khartoum, les États-Unis viennent de lâcher une consigne qui glace le sang : « Plus personne ne sort. Trouvez un abri et attendez. » Les Américains coincés au Soudan sont livrés à eux-mêmes, ambassade fermée depuis avril 2023.
Dans un communiqué sec publié sur son site, le département d’État américain ne mâche pas ses mots : des explosions ont été signalées sur la plateforme aéroportuaire de Khartoum, et pas seulement. Des bâtiments voisins auraient également été touchés. Pas de détail sur l’auteur des frappes, mais l’ordre est clair : tous les citoyens américains encore présents sur le sol soudanais doivent s’abriter immédiatement et ne pas bouger d’un centimètre jusqu’à nouvelle instruction.
Sauf que Washington prévient aussi, entre les lignes : l’ambassade ayant suspendu ses activités il y a plus d’un an, aucune aide ne pourra être fournie sur place. Autrement dit : débrouillez-vous, mais ne sortez pas.
Le Soudan rappelle son ambassadeur en Éthiopie et monte au créneau
De l’autre côté du miroir, Khartoum ne rigole pas. Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohi el-Din Salem, a rappelé l’ambassadeur en Éthiopie pour consultations express. La raison : une frappe de drone sur l’aéroport de Khartoum, survenue le 4 mai, que le Soudan attribue directement à Addis-Abeba.
Mais ce n’est pas tout. Salem va plus loin : l’attaque aurait été menée depuis le territoire éthiopien avec le soutien logistique des Émirats arabes unis. Selon lui, ces deux pays « ont choisi la mauvaise voie » et vont le regretter. Propos martial : « Nous n’avons pas l’intention d’agresser un État, mais toute agression contre nous recevra une réponse. »
Le chef de la diplomatie soudanaise insiste sur un point crucial : l’aéroport de Khartoum est une installation civile. La frappe constitue donc une violation flagrante du droit international. Et pour appuyer ses accusations, Khartoum affirme disposer de « preuves irréfutables », y compris des survols récents de drones émiratis lancés depuis l’Éthiopie.
Conflit soudanais : plus de 40 000 morts, 14 millions de déplacés, et des mercenaires colombiens ?
Derrière cette escalade diplomatique, c’est tout l’enfer soudanais qui ressurgit. Depuis avril 2023, le pays est déchiré par une guerre ouverte entre le général Abdel Fattah al-Burhan, chef des forces armées, et Mohamed Hamdan Dagalo, à la tête des Forces de soutien rapide (FSR). Ce qui avait commencé à Khartoum s’est transformé en cyclone meurtrier sur l’ensemble du territoire.
Selon les experts, le bilan est effroyable : au moins 40 000 morts, et près de 14 millions de déplacés, dont une partie frôle la famine. Le Sud-Soudan, pourtant frère ennemi, est devenu terre d’asile pour des centaines de milliers de familles.
Le site Africanews, citant des rapports onusiens, a récemment révélé que la Libye et les Émirats arabes unis alimentent le conflit depuis plus de trois ans – notamment en facilitant l’acheminement de mercenaires colombiens venus prêter main-forte aux rebelles. Accusations qu’Abou Dabi rejette fermement, mais qui alimentent la défiance régionale.
Une région qui retient son souffle
Entre rappels d’ambassadeurs, frappes sur des infrastructures civiles, ordres de confinement lancés par Washington et famine qui rôde, le Soudan est en train de devenir un poudrière à ciel ouvert. La communauté internationale, déjà très occupée ailleurs, semble spectatrice.
Pendant ce temps, à Khartoum, des familles entières retiennent leur souffle sous les décombres. Et les Américains encore sur place, sans ambassade, sans aide, prient pour que le prochain drone ne soit pas pour eux.
En attendant, seul conseil officiel : ne bougez pas.
Sudan Crisis: US Orders Citizens to Take Cover as Khartoum Airport Bombed
The US State Department has issued an urgent alert urging all American citizens in Sudan to shelter in place immediately following explosions at Khartoum International Airport. "Find a safe shelter and wait for further instructions," the statement read. The US added that it cannot provide any on-ground assistance, as its embassy suspended operations in April 2023.
Meanwhile, Sudan’s Foreign Minister Mohi el-Din Salem has recalled the country’s ambassador to Ethiopia after a drone strike on the airport, which Khartoum blames on Addis Ababa. Salem went further, accusing the UAE of supporting the attack from Ethiopian territory. "They chose the wrong path," he warned, adding that Sudan would retaliate against any aggression.
The strike on a civilian airport constitutes a violation of international law, according to Khartoum, which claims to have irrefutable evidence. This escalation comes amid a devastating civil war that has killed at least 40,000 people and displaced 14 million since April 2023. The UN and experts have previously accused Libya and the UAE of fueling the conflict, including by funneling Colombian mercenaries to fight alongside rebels – allegations the UAE denies.
As the world watches, Washington has effectively abandoned its citizens in Sudan, ordering them to hide but offering no way out.
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Silognhia Edwige