Tchad : 42 morts en 24h, un simple puits transforme l’est en champ de bataille

Tchad : 42 morts en 24h, un simple puits transforme l’est en champ de bataille

Un conflit pour un point d’eau dans l’est du Tchad fait plus de 40 morts. Des familles entières décimées. Plongée dans l’engrenage meurtrier des rivalités agro-pastorales.

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Tchad : 42 morts en 24h, un puits ensanglante l’est du pays


Ce devait être une simple querelle de village. C’est devenu un bain de sang. Dans la province du Wadi Fira, à l’est du Tchad, la soif a encore une fois viré au drame. Selon l’Agence France-Presse (AFP), un affrontement intercommunautaire autour d’un point d’eau a fait au moins 42 morts, selon un bilan officiel encore provisoire.


Les faits, rapportés dimanche par l’AFP, se sont déroulés dans cette zone aride où chaque goutte d’eau compte plus que de l’or. « Le conflit a éclaté suite à une dispute autour d’un puits entre deux familles », a déclaré Brahim Issa Galmaye, délégué du gouvernement pour la province du Wadi Fira, la voix encore sous le choc.


En quelques heures, les mots ont laissé place aux machettes, puis aux fusils. Le bilan est lourd : 42 morts, pour l’instant. Des hommes, peut-être aussi des femmes et des enfants, pris dans une spirale que le désert et la misère attisent depuis des générations.


L’est du Tchad, poudrière permanente


Ce nouveau massacre n’est malheureusement pas une exception. Dans l’est du Tchad, les rivalités entre communautés agricoles et pasteurs tournent au drame chronique. Terres de parcours, bétail et points d’eau : trois ressources, mille conflits.


L’ONG International Crisis Group (ICG) a dressé un bilan glaçant. Entre 2021 et 2024, rien que dans ces affrontements agro-pastoraux, plus d’un millier de personnes ont péri et près de 2.000 ont été blessées. Derrière chaque chiffre, une famille anéantie, un village qui se vide de ses hommes.


« On meurt pour boire. On tue pour faire boire ses bêtes », résume un ancien du coin, joint par téléphone, la voix brisée.


Silence des autorités, colère des survivants


Alors que les charniers improvisés se remplissent dans la province du Wadi Fira, la capitale, N’Djamena, reste pour l’instant silencieuse. Aucune déclaration officielle du gouvernement central n’était encore parvenue aux rédactions en fin de journée.


Les survivants, eux, ne demandent pas justice : ils demandent de l’eau. Et des patrouilles pour empêcher que le prochain puits ne devienne un nouveau tombeau.


L’ONU et les ONG locales appellent d’urgence à une médiation traditionnelle. Mais avec plus de 40 morts au compteur, la parole peinera à calmer les esprits. Dans l’est du Tchad, la poudre est sèche. Et chaque point d’eau risque désormais de se transformer en champ de bataille.




Chad: 42 dead in 24 hours – a simple well turns the east into a battlefield


What was supposed to be a simple village dispute turned into a bloodbath. In Chad's eastern province of Wadi Fira, thirst has once again turned deadly. According to AFP, an intercommunal clash over a water well has left at least 42 people dead, according to a provisional official toll.


The incident, reported on Sunday by AFP, took place in this arid region where every drop of water is worth more than gold. "The conflict broke out after a dispute over a well between two families," said Brahim Issa Galmaye, the government delegate for Wadi Fira province, his voice still shaken.


Within hours, words gave way to machetes, then guns. The current death toll stands at 42. Men, and likely women and children, caught in a spiral fueled by the desert and poverty for generations.
Eastern Chad: a permanent powder keg


This new massacre is sadly not an exception. In eastern Chad, clashes between farming and herding communities are a chronic tragedy. Land, cattle, and water — three resources, a thousand conflicts.


The NGO International Crisis Group (ICG) has released chilling figures. Between 2021 and 2024, more than 1,000 people have died and nearly 2,000 have been injured in these agro-pastoral conflicts.


"We die to drink. We kill to let our cattle drink," says a local elder reached by phone, his voice breaking.


Official silence, survivors' anger


As makeshift graves fill up in Wadi Fira, the capital N'Djamena remains silent for now. No official statement from the central government had reached newsrooms by day's end.


Survivors are not asking for justice — they are asking for water. And patrols to ensure the next well does not become another grave.


The UN and local NGOs are urgently calling for traditional mediation. But with over 40 dead, words alone will struggle to calm minds. In eastern Chad, the powder is dry. And every water well now risks becoming a battlefield.



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Silognhia Edwige

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