Cameroun : L'Arabica explose les compteurs à 3,3 milliards FCFA pendant que le Coton tient la corde avec 60 milliards

Cameroun : L'Arabica explose les compteurs à 3,3 milliards FCFA pendant que le Coton tient la corde avec 60 milliards

Cameroun : L'arabica explose les comptes avec 3,3 milliards FCFA en 2025 (volume x2). Pendant ce temps, le coton sécurise 60 milliards de crédits pour 200 000 producteurs dans le Nord. Décryptage des chiffres fous de l'INS et de la Sodecoton.

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Le monde agricole camerounais est en effervescence et pour cause. Alors que le pays traîne parfois les pieds sur le bitume des promesses d’émergence, deux filières sont en train de montrer la voie du sérieux et du rendement dans les champs. D’un côté, l’arabica fait une entrée fracassante chez les "grands argentiers", de l’autre, le coton continue d’être le banquier silencieux du Grand-Nord.


L’Arabica, le nouvel or vert du Cameroun


Les chiffres qui viennent de tomber des tablettes de l’Institut National de la Statistique (INS) donnent le tournis. En 2025, les exportations de notre café arabica ont carrément explosé le plafond. On parle d’un volume de 824 tonnes qui a généré une recette mirobolante de 3,37 milliards de FCFA. Ce n’est pas une simple augmentation, c’est une révolution.


Pour mieux comprendre le choc, souvenez-vous de 2024 : on peinait à 308 tonnes pour à peine 846 millions de FCFA. Le volume a plus que doublé, mais c’est surtout la valeur qui a quadruplé. Comment expliquer ce jackpot ? Le secret ne se trouve pas uniquement dans la quantité, mais dans le standing.


L’Office National du Cacao et du Café (ONCC) jubile et le fait savoir dans son rapport de fin de campagne 2024-2025 : « Le café arabica a enregistré une forte progression au cours de cette campagne, avec une proportion significative de lots de qualité supérieure ». Résultat : l’Allemagne, les États-Unis et la Turquie se battent presque pour nos cerises de qualité. Ces trois mastodontes représentent à eux seuls 88,1% des achats.


C’est la preuve que lorsqu’on soigne la graine, les marchés de niche – ceux où l’argent circule vraiment – nous ouvrent leurs portes. Dommage que l’arabica reste un peu le parent pauvre en surface cultivable (à peine 1 260 tonnes produites, contre plus de 10 000 pour le robusta), confiné aux montagnes fraîches du Nord-Ouest et de l’Ouest.


La Leçon de Discipline du Coton


Si l’arabica est la nouvelle rockstar qui fait vibrer les statistiques, la filière coton, elle, est le métronome silencieux de l’économie septentrionale. À Garoua, le 31 mars 2026, le Directeur Général de la Sodecoton, Mohamadou Bayero, a révélé un chiffre qui pèse lourd : 60 milliards de FCFA.


C’est le montant des crédits de campagne injectés chaque année dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Une enveloppe qui fait vivre directement entre 150 000 et 200 000 producteurs. Dans un environnement où le crédit est souvent synonyme de casse-tête et de prêts non performants, la filière coton camerounaise donne une leçon magistrale de rigueur bancaire.


Ici, le recouvrement frôle le taux inespéré de 100%. La recette de ce miracle ? Une discipline de fer orchestrée par la CNPC Cameroun. « Le producteur sait que s’il ne rembourse pas les intrants de la campagne passée, la porte de la boutique est fermée pour la suivante », explique Mohamadou Bayero. « Nous voyons même des producteurs désinvestir dans leurs biens personnels pour honorer la dette. C’est une question de survie économique pour toute la famille. »


Ce mécanisme, rodé depuis 2004, permet non seulement d’assurer la production mais aussi de lutter contre la faim pendant la période de soudure grâce aux banques de céréales mises en place par la CNPC.


Entre la qualité premium de l’Arabica qui attire les devises étrangères et la discipline quasi-militaire du Coton qui stabilise le Grand-Nord, le Cameroun démontre qu’avec une bonne gouvernance des filières, l’agriculture reste le véritable poumon économique du pays.




Cameroon Agriculture Booms: Arabica Rakes in 3.3 Billion FCFA as Cotton Sector Secures 60 Billion in Funding


Cameroon's agricultural sector is sending strong signals to the market. New data reveals a spectacular surge in Arabica coffee exports, which generated a record CFAF 3.37 billion in revenue during the 2025 fiscal year, according to the National Institute of Statistics (INS).


The volume of exported Arabica cherries skyrocketed to 824 tons, more than double the 308 tons recorded in 2024. The financial leap is even more staggering, with earnings quadrupling from CFAF 846 million in the previous period. The National Cocoa and Coffee Board (ONCC) attributes this boom to the exceptional quality of the Cameroonian bean, which has conquered high-value niche markets in Germany, the United States, and Turkey (representing 88.1% of exports).


Meanwhile, the northern part of the country is demonstrating remarkable financial discipline in the cotton sector. Speaking in Garoua on March 31, 2026, Sodecoton Director General Mohamadou Bayero announced that the sector mobilizes CFAF 60 billion in annual campaign credits. This funding supports between 150,000 and 200,000 farmers in the Adamawa, North, and Far North regions.


The system, managed by the CNPC Cameroon, boasts a near-perfect 100% repayment rate. "Farmers know that failing to repay inputs from the previous season means exclusion from the next," Bayero stated, highlighting a model of agricultural finance that is stabilizing the northern economy and ensuring food security through strategic cereal banks.


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Moussa Nassourou

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