FECAFOOT : Abdouraman Hamadou dégaine l’artillerie lourde – « Ces statuts, même au Gondwana vous ne trouverez pas ça »
C’était une sortie de route annoncée. Invité sur le plateau de l’Arène sur Canal 2 International, Abdouraman Hamadou Babba n’est pas venu faire dans la dentelle. L’homme, désormais tourné vers la politique, a réglé ses comptes avec la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) et son président Samuel Eto’o. Entre accusations de blocages juridiques, statuts jugés « politiques » et une mention glaçante à « madame Biya », le ton est monté très haut. Attention, ça va secouer les gradins.
« Le dossier Eto’o n’est toujours pas sorti de la première instance »
Première bombe lancée par Babba : l’élection de Samuel Eto’o à la tête de la FECAFOOT serait toujours contestée, sans aucune avancée judiciaire. « Des acteurs du football ont contesté l’élection de monsieur Samuel Eto’o depuis le mois de décembre et le dossier n’est toujours pas sorti de la première instance au sein de la fédération », a-t-il lâché, froidement.
Autrement dit : à la FECAFOOT, les juridictions existent… mais ne répondent pas. Une paralysie interne qui, selon lui, illustre un système où les règles sont écrites pour ne jamais être appliquées.
« Même au Gondwana, vous ne trouveriez pas ça »
Mais la charge la plus cinglante concerne les statuts actuels de la FECAFOOT. « Leur contenu est tel que même au Gondwana, vous ne trouveriez pas ça. C’est politique », a-t-il asséné, sous les yeux médusés des chroniqueurs.
Pour ceux qui auraient oublié : Gondwana, c’est ce supercontinent imaginaire souvent utilisé pour désigner un pays lointain et désorganisé. Autant dire que l’insulte est mémorable. En clair : selon Babba, les textes qui régissent le football camerounais relèvent de l’absurde juridique, taillés sur mesure pour servir des intérêts politiques, pas ceux du sport.
« Le jour où madame Biya décidera de laisser le football camerounais… »
Et c’est là que le plateau a retenu son souffle. L’ancien acteur du foot a ouvertement mis en cause Chantal Biya, l’épouse du président Paul Biya, dans la gestion du football national. « Le jour où madame Biya décidera de laisser le football camerounais, vous verrez ce qui va se passer », a-t-il déclaré, sans ciller.
Une sortie rarissime sur un sujet tabou : l’influence supposée de la Première dame dans les affaires de la FECAFOOT. Babba ne s’arrête pas là. « Je me suis rendu compte que ce sont les politiciens qui gèrent le football. Et c’est pour ça que je suis venu en politique », a-t-il justifié, comme pour boucler la boucle.
Des procès gagnés… mais jamais exécutés
Babba enfonce le clou : « Combien de procès avons-nous gagnés sans qu’ils soient jamais exécutés ? Vous évoquez la procédure d’exécutoire, mais rien n’a été exécuté. »
Des jugements qui restent lettre morte, une justice fédérale qui tourne au ralenti, et au bout du compte, un constat amer : « Regardez le niveau du football aujourd’hui au Cameroun. On ne devrait même plus parler de football. »
Un homme qui a choisi son camp
Abdouraman Hamadou Babba a conclu son passage par une mise au point limpide : « Je ne peux pas suivre deux choses à la fois. Je suis dans la politique maintenant. »
Autrement dit : celui qui fut un acteur influent du ballon rond a rangé les crampons pour endosser la veste de l’homme politique. Et si sa parole est si tranchante, c’est parce qu’il n’a plus rien à perdre dans l’arène footballistique.
Le choc des interprétations
Ces déclarations vont immanquablement provoquer deux lectures. D’un côté, ceux qui y verront un réquisitoire courageux contre l’instrumentalisation du football. De l’autre, ceux qui dénonceront une sortie opportuniste, à quelques mois d’échéances politiques.
Une certitude : Babba a mis le doigt là où ça fait mal. Reste à savoir si la FECAFOOT, Samuel Eto’o ou les autorités daigneront répondre. En attendant, le débat est lancé. Et les Lions indomptables, eux, continuent de jouer dans une maison dont les fondations, selon Babba, seraient pourries jusqu’à l’os.
FECAFOOT: Babba fires heavy artillery – "Even in Gondwana, you wouldn't find those statutes"
It was an explosive interview. Invited on Canal 2 International's "L'Arène", Abdouraman Hamadou Babba didn't come to play nice. Now focused on politics, he settled scores with the Cameroon Football Federation (FECAFOOT) and its president Samuel Eto'o. Between accusations of legal deadlock, statutes deemed "political," and a chilling mention of "Madame Biya," tensions ran high.
"Eto'o's case hasn't left the first instance"
Babba's first bombshell: Samuel Eto'o's election as FECAFOOT president is still being contested, with zero legal progress. "Football stakeholders have challenged Mr. Samuel Eto'o's election since December, and the case still hasn't left the first instance within the federation," he said coldly.
Translation: FECAFOOT's internal jurisdictions exist but don't respond – a paralysis that proves rules are written never to be applied.
"Even in Gondwana, you wouldn't find that"
The sharpest attack targeted FECAFOOT's current statutes. "Their content is such that even in Gondwana, you wouldn't find that. It's political," he declared.
For context: Gondwana is used here as a metaphor for a distant, chaotic, fictional land. Babba essentially called the federation's rulebook an absurd political tool.
"The day Madame Biya decides to leave Cameroonian football…"
The studio fell silent. Babba openly implicated Chantal Biya, the president's wife, in football governance. "The day Madame Biya decides to leave Cameroonian football, you'll see what happens," he said without flinching.
A rare breach of taboo. He added: "I realized that politicians run football. That's why I entered politics."
Lawsuits won but never enforced
"How many cases have we won without them ever being enforced? You talk about enforcement procedures, but nothing has been enforced," Babba fumed.
His bitter conclusion: "Look at the level of football in Cameroon today. We shouldn't even be talking about football anymore."
A man who has chosen his side
Babba closed with a clear statement: "I can't follow two things at once. I'm in politics now."
Whether one sees courage or opportunism, his words have shaken Cameroon's football establishment. The ball is now in FECAFOOT's court.
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Lucien Abembe