Affaire Aïcha Kamoise : guerre ouverte entre avocats, accusations croisées de violations judiciaires

Affaire Aïcha Kamoise : guerre ouverte entre avocats, accusations croisées de violations judiciaires

Après l’arrestation d’Aïcha Kamoise, la tension monte. Ses avocats dénoncent une garde à vue illégale, tandis que le conseil de Steven Nbienou évoque une violation du secret de l’enquête. Décryptage complet.

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Affaire Steven Nbienou contre Aïcha Kamoise : la bataille judiciaire se transforme en affrontement public


L’affaire Aïcha Kamoise prend une nouvelle dimension. Ce qui n’était au départ qu’un dossier judiciaire pour diffamation présumée est désormais devenu un bras de fer public entre conseils d’avocats, sur fond d’accusations croisées de violations des règles de procédure.


Interpellée le 17 avril 2026 à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, la blogueuse Wete Aïcha, connue sous le nom d’Aïcha Kamoise, a été conduite à la Direction de la Police Judiciaire du Centre. Après audition, elle a été maintenue en garde à vue et doit être présentée au procureur du tribunal de première instance, son dossier ayant été transféré du tribunal de grande instance.


Les avocats d’Aïcha Kamoise dénoncent une garde à vue irrégulière


Dans une déclaration rendue publique le 20 avril, Me Yannick Djeumeni a dénoncé ce qu’il qualifie de « violation flagrante » du Code de procédure pénale.


Selon lui :



  • Les faits reprochés ne constituent ni crime ni délit flagrant

  • Aucune autorisation expresse du Procureur de la République n’aurait été délivrée

  • La mesure de privation de liberté serait juridiquement infondée


L’avocat invoque notamment l’article 118 du Code de procédure pénale, qui encadre strictement la garde à vue, ainsi que l’article 246, rappelant que la liberté demeure le principe en matière pénale.


De son côté, Me Christian Ntimbane Bomo a également critiqué les placements en garde à vue en matière de diffamation, estimant qu’on ne peut juridiquement qualifier l’infraction qu’après un débat contradictoire devant le juge, lorsque la preuve des faits allégués a été examinée.


Riposte du camp Steven Nbienou : « violation du secret de l’enquête »


Mais la réaction ne s’est pas fait attendre.


Dans un communiqué publié le 20 avril 2026, l’avocat de Steven Nbienou, promoteur de NBIKO TV et plaignant dans cette affaire, a vivement réagi aux déclarations publiques du conseil d’Aïcha Kamoise.


Il dénonce une « violation du secret de l’enquête » et évoque des « manquements juridiques » dans la communication faite par la défense de la blogueuse.


Selon lui, certaines informations diffusées à la sortie du conseil d’Aïcha Kamoise relèveraient du dossier en cours d’instruction et ne devraient pas être exposées sur la place publique, au risque d’influencer la procédure ou d’altérer la sérénité des investigations.


Cette prise de position introduit un nouveau front dans le dossier : celui du respect du secret de l’enquête, principe fondamental visant à protéger l’intégrité des investigations et les droits des parties.


Polémique autour d’une prétendue lettre d’excuses


En parallèle, une image largement relayée sur les réseaux sociaux montrant Aïcha Kamoise apposant ses empreintes sur un document a alimenté la rumeur d’une lettre d’excuses.


Me Jim Noah, autre avocat de la blogueuse, a formellement démenti :
Aucune lettre d’excuses n’aurait été rédigée ou signée par sa cliente.


Un dossier devenu symbole


Au-delà des personnes impliquées, l’affaire cristallise plusieurs débats sensibles au Cameroun :



  • L’usage de la garde à vue dans les infractions liées à la parole publique

  • L’équilibre entre liberté d’expression et protection de la réputation
    Le respect du secret de l’enquête

  • La médiatisation croissante des procédures judiciaires


Entre accusations de détention abusive et dénonciation d’atteinte au secret de l’enquête, l’affaire Steven Nbienou contre Aïcha Kamoise dépasse désormais le simple cadre d’un litige pour diffamation.


La suite dépendra désormais de la décision du parquet et de l’orientation que prendra la procédure devant le tribunal de première instance.




Aïcha Kamoise Case: Lawyers Clash as New Allegations of Investigation Secrecy Breach Emerge


The legal dispute between Cameroonian blogger Aïcha Kamoise and Steven Nbienou, promoter of NBIKO TV, has escalated into a public confrontation between legal teams.


After Kamoise’s arrest on April 17, 2026, her lawyers denounced what they describe as an unlawful police custody, citing violations of Articles 118 and 246 of Cameroon’s Criminal Procedure Code.


They argue:



  • The alleged acts do not constitute a flagrant offense

  • No express authorization from the State Prosecutor was issued

  • Freedom is the rule, detention the exception


However, on April 20, 2026, Steven Nbienou’s lawyer responded with a formal statement accusing Kamoise’s legal team of breaching the secrecy of the ongoing investigation.


He denounced “legal misconduct” in the public communication made by her counsel, arguing that certain information disclosed pertains to an active investigative file and should not be publicly discussed.


The case now raises broader concerns regarding:



  • Police custody practices

  • Freedom of expression

  • Protection of reputation

  • Respect for investigation secrecy


As the case moves to the Court of First Instance, it is rapidly becoming a landmark legal and media controversy in Cameroon.


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Viviane GEMELE

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