Affaire EKANE : Un juge de Douala bloque les dernières volontés du défunt et confie les obsèques à son fils – La veuve contre-attaque

Affaire EKANE : Un juge de Douala bloque les dernières volontés du défunt et confie les obsèques à son fils – La veuve contre-attaque

Décision explosive à Douala : le juge des référés désigne un administrateur des obsèques du Président Anicet EKANE, ignore certaines demandes et interdit la remise du corps à la veuve. Une bataille judiciaire aux lourdes implications politiques.

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AFFAIRE VEUVE EKANE VS ENFANTS EKANE


Le juge séquestre les dernières volontés du Président Anicet EKANE et crée la polémique


Le feuilleton judiciaire autour des obsèques du Président Anicet EKANE vient de franchir un nouveau cap. Par une ordonnance de référé rendue ce 13 avril 2026 à 10h, le 2? juge des référés du Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo s’est déclaré compétent pour statuer sur l’organisation des funérailles de l’homme politique décédé le 1er décembre 2025 à Yaoundé, au Centre Médical de la Gendarmerie Nationale, alors qu’il était en détention.


Une décision qui redistribue les cartes dans le conflit opposant la veuve EKANE, née Sogue Edwige, aux enfants du défunt.


Le juge rejette l’incompétence et désigne un administrateur


Premier point majeur : le tribunal a rejeté les exceptions d’incompétence soulevées par la veuve. Le juge s’est ainsi reconnu compétent pour désigner judiciairement l’administrateur des obsèques.


Dr Muna EKANE, l’un des trois enfants du défunt et demandeur à la procédure, a été désigné pour assurer cette responsabilité.


Une décision qui confère à l’un des héritiers un pouvoir central dans l’organisation des funérailles, au détriment de la veuve, selon ses conseils.


Des demandes restées sans réponse


Mais la controverse ne s’arrête pas là.


Deux autres chefs de demande figuraient dans la requête des enfants EKANE :



  • La fixation des obsèques aux 15 et 16 mai 2026

  • L’interdiction faite à certains tiers, non nommément désignés, de participer aux cérémonies


Sur ces deux points, le juge est resté silencieux. Aucune décision n’a été rendue. Ni rejet formel, ni acceptation : une absence de position qui alimente déjà les débats juridiques.


Une décision au-delà des demandes ?


Le point le plus sensible de cette ordonnance réside ailleurs.


Le juge a ordonné à l’hôpital Laquintinie – partie au procès – de ne procéder à aucune remise du corps du défunt à la veuve, alors même que cette demande ne figurait pas explicitement parmi les prétentions des parties.


Pour les avocats de la veuve EKANE, Me Hippolyte BT MELI et Me Emmanuel Simh, le magistrat aurait ainsi statué « ultra petita » (au-delà des demandes formulées) sur certains points, et « infra petita » (en-deçà des demandes) sur d’autres.


En filigrane, ils estiment que les dernières volontés du défunt concernant l’organisation de ses obsèques se retrouvent, de fait, mises sous séquestre, au même titre que sa dépouille.


Une bataille judiciaire en perspective


L’affaire pourrait désormais être portée devant la Cour d’appel du Littoral. Les conseils de la veuve laissent entendre que toutes les voies de droit restent ouvertes.


Au-delà du strict cadre familial, le dossier prend une dimension politique et symbolique. Les obsèques d’une figure nationale ne relèvent pas seulement de l’intime : elles touchent à la mémoire collective et au respect des volontés exprimées par le défunt.


Certains observateurs établissent un parallèle avec les dernières volontés du pape Jean-Paul II, scrupuleusement respectées par l’Église catholique, pour illustrer le débat sur la place accordée à la volonté posthume dans l’ordre juridique.


Une affaire à fort retentissement


En s’arrogeant la compétence d’organiser juridiquement les funérailles et en interdisant la remise du corps à la veuve, le juge des référés s’expose à une vive controverse.


Entre droit successoral, procédure d’urgence et enjeux politiques, l’affaire EKANE s’annonce comme l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de l’année 2026.


L’opinion publique sera attentive aux suites de cette confrontation judiciaire aux répercussions nationales.




EKANE Case: Douala Judge Blocks Late President’s Final Wishes, Appoints Son to Oversee Funeral


A new judicial development has intensified the dispute between the widow of late President Anicet EKANE and his children.


On April 13, 2026, the Second Summary Judge of the Douala-Bonanjo Court of First Instance declared himself competent to appoint a judicial administrator for the funeral of the political figure who died on December 1, 2025, in detention at the National Gendarmerie Medical Center in Yaoundé.


Dr. Muna EKANE, one of the deceased’s three children, was appointed to oversee the funeral arrangements.


However, the court remained silent on two other requests: fixing the funeral dates (May 15–16, 2026) and banning certain unnamed third parties from attending.


In a controversial move, the judge also ordered Laquintinie Hospital not to release the body to the widow — a measure reportedly not explicitly requested by the claimants.


Lawyers for the widow, Me Hippolyte BT MELI and Me Emmanuel Simh, argue that the judge ruled both “ultra petita” (beyond the claims) and “infra petita” (failing to rule on certain claims).


An appeal before the Littoral Court of Appeal is now being considered. The case is expected to have significant legal and political implications.


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Didier Cebas K.

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