Cameroun : Dangote signe un méga-contrat d’1 milliard de dollars et pourrait relancer la cimenterie géante de Nomayos

Cameroun : Dangote signe un méga-contrat d’1 milliard de dollars et pourrait relancer la cimenterie géante de Nomayos

Le géant panafricain Dangote Cement, contrôlé par le milliardaire nigérian Aliko Dangote, accélère sa stratégie d’expansion sur le continent. Le groupe vient de conclure avec l’entreprise chinoise Sinoma Engineering un contrat d’un milliard de dollars portant sur la construction de nouvelles cimenteries et la modernisation d’usines existantes dans sept pays africains, dont le Cameroun, l’Éthiopie et le Nigeria.

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Si l’entreprise a confirmé que de nouvelles lignes de production seront construites au Nigeria et en Éthiopie, elle reste pour l’instant discrète sur la nature précise de l’investissement prévu au Cameroun, laissant planer plusieurs hypothèses.


L’option Douala ou la relance du projet de Nomayos


Pour le marché camerounais, deux scénarios sont actuellement envisagés.


Le premier consisterait à augmenter les capacités de l’usine Dangote Cement de Douala, qui produit déjà 1,5 million de tonnes de ciment par an.


Le second, plus ambitieux, serait la relance du projet de construction d’une deuxième cimenterie à Nomayos, dans la périphérie de Yaoundé. Ce projet, resté en suspens pendant plus d’une décennie, pourrait enfin reprendre vie dans le cadre du partenariat avec Sinoma Engineering.


Un projet annoncé depuis 2015


L’idée d’une cimenterie à Nomayos remonte à 2015, peu avant l’inauguration officielle de l’usine de Douala le 27 août de la même année.


Le 2 juillet 2015, Aliko Dangote avait été reçu à Yaoundé par le Premier ministre de l’époque, Philémon Yang. À l’issue de cette rencontre, le patron du groupe Dangote avait annoncé son intention de construire une seconde usine au Cameroun, d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an.


Un terrain avait rapidement été sécurisé pour ce projet, estimé à 88 milliards de FCFA, avec un délai de réalisation annoncé de 20 mois.


Entre le 4 et le 9 février 2019, les populations des localités de Ngoumou et Mbankomo, dans la région du Centre, avaient participé aux audiences publiques liées à l’étude d’impact environnemental et social de cette future cimenterie.


Selon des sources internes à l’entreprise, Dangote Cement aurait finalement obtenu en 2024 le feu vert du gouvernement camerounais pour lancer les travaux.


Mais depuis cette autorisation, aucune communication officielle n’a été faite sur l’évolution du projet. Le nouveau contrat signé avec le groupe chinois Sinoma Engineering pourrait donc servir de levier pour remettre le chantier sur les rails.


Un marché du ciment de plus en plus concurrentiel


Quel que soit le scénario retenu, un nouvel investissement de Dangote au Cameroun viendrait renforcer un marché déjà fortement concurrentiel.


L’arrivée du groupe nigérian en 2015 avait marqué un tournant historique dans le secteur, mettant fin à 48 ans de monopole des Cimenteries du Cameroun (Cimencam), filiale du groupe Lafarge Holcim Maroc Afrique (LHMA).


Depuis, plusieurs nouveaux acteurs se sont installés sur le marché :



  • Cimaf

  • Medcem

  • Mira Company

  • Cimpor

  • Central Africa Cement

  • Sinafcam Sarl

  • Yousheng Cement


À cette liste pourrait bientôt s’ajouter la Société de ciment du Cameroun, portée par le milliardaire ivoirien Koné Dossongui.


Aujourd’hui, les capacités de production nationales approchent les 12 millions de tonnes, alors que la demande était estimée, il y a quelques années, à environ 8 millions de tonnes.


Des prix toujours sous surveillance


Malgré cette surcapacité apparente, les prix du ciment restent relativement élevés dans les grandes villes camerounaises.


À Douala et Yaoundé, le sac de 50 kg se vend généralement entre 5 100 FCFA et 5 300 FCFA.


Les producteurs expliquent cette situation par les coûts d’importation du clinker, une matière première essentielle à la fabrication du ciment.


Mais du côté des autorités, les interrogations persistent. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, évoque régulièrement l’existence possible d’une entente illicite entre producteurs, susceptible d’influencer les prix sur le marché.


Dans ce contexte, un nouvel investissement de Dangote pourrait redistribuer les cartes du secteur, déjà en pleine recomposition au Cameroun.




Cameroon: Dangote signs $1 billion deal, giant Nomayos cement plant project could be revived


Pan-African cement giant Dangote Cement, controlled by Nigerian billionaire Aliko Dangote, has signed a $1 billion contract with Chinese engineering firm Sinoma Engineering to build new cement plants and upgrade existing facilities across seven African countries, including Cameroon, Ethiopia, and Nigeria.


While the company confirmed that new production lines will be built in Nigeria and Ethiopia, it has not specified the exact nature of the investment planned for Cameroon.


Two scenarios are currently being considered: an expansion of the existing Dangote Cement plant in Douala, which has an annual capacity of 1.5 million tons, or the revival of a long-delayed cement plant project in Nomayos, on the outskirts of Yaoundé.


The Nomayos project dates back to 2015, when Aliko Dangote announced plans to build a second cement plant with a capacity of 1.5 million tons per year following a meeting with then Prime Minister Philémon Yang.


The investment was initially estimated at 88 billion CFA francs, and environmental and social impact hearings were held in February 2019 with communities in Ngoumou and Mbankomo.


According to internal sources, Dangote Cement received government approval in 2024 to launch the project. However, no official update has been given since then.


The new $1 billion contract with Sinoma Engineering could therefore act as a catalyst to revive the long-awaited project.


Meanwhile, Cameroon’s cement market has become increasingly competitive since Dangote ended Cimencam’s 48-year monopoly in 2015. Several new players have entered the market, pushing national production capacity to nearly 12 million tons, compared with an estimated demand of around 8 million tons.


Despite this oversupply, the price of a 50-kg bag of cement remains high, ranging between 5,100 and 5,300 CFA francs in major cities such as Douala and Yaoundé.


The government attributes the situation partly to the cost of imported clinker, while the Minister of Trade Luc Magloire Mbarga Atangana has repeatedly raised suspicions of price collusion among producers.


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