Samuel Eto’o brise le silence : « Pasteur », dictature, budget des Lions et Set Mobile… les vérités cash du président de la Fecafoot

Samuel Eto’o brise le silence : « Pasteur », dictature, budget des Lions et Set Mobile… les vérités cash du président de la Fecafoot

Dans une prise de parole directe et assumée, Samuel Eto’o a répondu frontalement aux critiques qui l’accompagnent depuis son arrivée à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Du surnom controversé de « pasteur » aux accusations de gestion autoritaire, en passant par les finances des Lions Indomptables et l’échec de Set Mobile, le président de la Fecafoot livre sa version, sans détour.

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« Pasteur » : une étiquette qu’il rejette


Samuel Eto’o dit ne pas comprendre l’origine du surnom de « pasteur » qui lui est attribué par certains observateurs.


« Je ne sais pas d’où ce mot est sorti (…) comme si nous étions une secte. »


Pour lui, cette appellation serait une tentative de caricature visant à présenter sa gouvernance comme dogmatique ou autoritaire. Il revendique au contraire une foi inébranlable dans la loi et les principes démocratiques.


« Est-ce que vous pouvez être dictateur et respecter la loi ? Ce n’est pas possible. »


Il rappelle que la Fecafoot a traversé plus de 25 procédures judiciaires, représentant « des centaines de millions » de FCFA dépensés, avec, selon lui, une seule demande de rectification d’assemblée générale. Une preuve, à ses yeux, que l’institution respecte les mécanismes légaux.


Gestion financière : « L’ordonnateur ne touche pas l’argent »


Accusé régulièrement de mauvaise gestion, Samuel Eto’o tient à clarifier le fonctionnement budgétaire de la Fédération.


« Quand je suis arrivé, je n’étais que l’ordonnateur des dépenses. L’ordonnateur ne touche pas l’argent. »


Il détaille le circuit budgétaire : élaboration interne, transmission au ministère des Sports, arbitrage au sommet de l’État. Il insiste sur le fait que le budget annoncé — par exemple 6 milliards FCFA — ne concerne pas uniquement les joueurs.


Les déplacements des Lions mobilisent, selon lui, des frais de souveraineté, des services de sécurité, la représentation diplomatique (Amba Cam), ainsi que plusieurs administrations publiques.


« Le président de la Fédération n’est pas dans ce budget, mais on veut nous dire que l’argent que vous ne voyez pas, vous le détournez. »


Il affirme avoir instauré le paiement exclusivement par virement bancaire pour garantir la traçabilité.


« Je suis très ouvert aux critiques (…) mais je ne vais pas passer du temps à écouter des gens qui vous mentent et vous manipulent. »


Et d’ajouter, dans une formule provocatrice :


« Si c’est parce que je n’écoute pas ces gens que vous dites que je suis un dictateur, alors je suis un bon dictateur. »


Pression sociale et dérives financières des footballeurs


Au-delà de la gouvernance fédérale, Samuel Eto’o aborde un sujet sensible : la gestion financière des footballeurs camerounais.


Il dénonce une pression sociale forte qui pousserait les jeunes joueurs à vivre au-dessus de leurs moyens, dans une société qui compare tout le monde aux superstars.


« Notre société pousse les footballeurs à vivre comme Samuel Eto’o (…) Tout le monde n’est pas Mbappé ou Samuel Eto’o. »


Il pointe notamment la pression familiale, où certains joueurs deviennent des « banques » pour leur entourage, parfois au détriment de leur stabilité future.


« Il est important d’anticiper et de savoir vivre avec ce qu’on a. »


Un message de responsabilisation, adressé à la nouvelle génération.


Set Mobile : 4 milliards FCFA investis sur fonds propres


Enfin, Samuel Eto’o revient sur l’échec de Set Mobile, son projet entrepreneurial dans la téléphonie.


« J’ai investi 4 milliards de FCFA de ma poche. »


Il explique avoir recruté des compétences camerounaises, formées et qualifiées, mais estime que certains collaborateurs ont vu en lui « une banque » à exploiter plutôt qu’un investisseur à accompagner.


Un revers assumé, mais présenté comme une leçon sur la confiance et la gouvernance entrepreneuriale.


Avec cette sortie, Samuel Eto’o adopte une posture offensive. Il ne se place pas dans la justification technique froide, mais dans un discours politique, assumé, parfois clivant, qui vise autant ses détracteurs que l’opinion publique.


Dans un contexte où la Fecafoot reste au cœur de tensions institutionnelles et médiatiques, le président des Lions Indomptables d’hier choisit de transformer les critiques en tribune.


Reste à savoir si cette stratégie de confrontation assumée renforcera son socle de soutien ou accentuera les lignes de fracture au sein du football camerounais.




Samuel Eto’o breaks his silence: “Pastor”, dictatorship claims, Lions’ budget and Set Mobile — the Fecafoot president sets the record straight


Samuel Eto’o has delivered a strong and unapologetic response to critics questioning his leadership at the helm of the Cameroon Football Federation (Fecafoot). From the controversial “pastor” nickname to accusations of authoritarian governance, financial management of the national team, and the failure of Set Mobile, Eto’o addressed it all.


He rejected the “pastor” label, arguing that it attempts to portray his leadership as sectarian, while insisting he strongly believes in democracy and the rule of law.


On financial matters, he clarified that as president, he acts only as an authorizing officer and does not directly handle funds. He detailed the complex budgetary process involving multiple state institutions and emphasized the introduction of bank transfers to ensure financial traceability.


Eto’o also warned young footballers about social and family pressure, stressing that not every player earns like global superstars and urging financial discipline.


Finally, he spoke about Set Mobile, revealing he personally invested 4 billion FCFA, blaming internal mismanagement and misplaced trust for the project’s collapse.


The tone was combative, direct, and political — a calculated communication move in a football environment still marked by tensions.


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Lucien Abembe

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