« Il serait inconscient et irresponsable pour les États-Unis et la Chine de ne pas organiser de rencontres », a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Pour lui, les deux premières économies mondiales — toutes deux puissances nucléaires — ont l’obligation stratégique de maintenir des canaux de communication actifs, malgré des divergences profondes.
Dialogue nécessaire, mais sous pression
Marco Rubio insiste : l’absence de dialogue serait « stupide et dangereuse ». Washington estime qu’un minimum d’interactions est indispensable pour éviter les malentendus stratégiques dans un contexte international marqué par la montée des tensions.
Cependant, derrière cet appel à la discussion se profile une exigence majeure : l’inclusion de la Chine dans un futur accord trilatéral de contrôle des armements nucléaires avec la Russie.
Après l’expiration du New START, un nouvel équilibre à définir
Le traité russo-américain New START, qui encadrait la limitation des armes stratégiques offensives, a expiré le 5 février dernier. Les États-Unis ont refusé la proposition russe de prolonger ses dispositions pour une année supplémentaire.
Désormais, l’administration américaine affirme vouloir tourner la page du bilatéralisme nucléaire hérité de la Guerre froide. Pour Washington, tout accord au XXIe siècle doit impérativement inclure Pékin.
« S’il doit y avoir un véritable accord de contrôle des armements aujourd’hui, il doit inclure la Chine », martèle Marco Rubio.
Pékin rejette l’approche américaine
La Chine, de son côté, refuse catégoriquement cette logique tripartite. Pékin estime injuste d’être intégré au même niveau que Washington et Moscou, arguant que son arsenal nucléaire reste nettement inférieur à celui des deux superpuissances historiques.
Mais pour les États-Unis, cet argument ne tient pas.
Selon Rubio, le potentiel de modernisation rapide de l’arsenal chinois justifie son inclusion immédiate dans les négociations stratégiques. « Ils ont le potentiel de rattraper leur retard et ils mettent tout en œuvre pour y parvenir », affirme-t-il.
Pas d’accord sans la Chine
La position américaine est désormais claire : pas d’accord bilatéral avec la Russie sans la participation de la Chine.
« S’ils ne veulent pas conclure un accord tripartite, il n’y aura pas d’accord », a averti le secrétaire d’État, tout en reconnaissant que la décision finale appartient à Pékin.
En filigrane, Washington laisse entendre que des mesures unilatérales pourraient être prises pour protéger ses intérêts stratégiques en l’absence d’un consensus global.
Un tournant géopolitique majeur
Cette séquence marque un tournant dans l’architecture du désarmement mondial. L’ère des accords strictement russo-américains semble révolue. Le centre de gravité stratégique s’est déplacé vers l’Asie, où la montée en puissance militaire chinoise redessine les équilibres.
Pour l’Afrique et le Cameroun, partenaires économiques croissants de la Chine mais historiquement liés aux États-Unis et à l’Occident, cette rivalité structurelle pourrait avoir des implications diplomatiques et économiques à long terme.
Le monde entre dans une nouvelle phase de compétition stratégique où le dialogue est affiché comme une nécessité, mais la pression comme un levier assumé.
Arms Control Showdown: Washington Calls for Dialogue with China but Demands Trilateral Nuclear Deal
The United States wants dialogue with China — but on firm strategic terms.
Speaking in Saint Kitts and Nevis, U.S. Secretary of State Marco Rubio stressed that Washington considers ongoing communication with Beijing essential, even amid deep disagreements.
“It would be irresponsible and dangerous for the United States and China not to meet and negotiate,” Rubio stated, emphasizing that the world’s two largest economies — both nuclear powers — must maintain open channels of communication.
However, Washington’s openness comes with a condition: China must join a new trilateral nuclear arms control agreement alongside the United States and Russia.
Following the expiration of the New START treaty on February 5, the Biden administration rejected Moscow’s proposal for a one-year extension. The U.S. now insists that any 21st-century arms control framework must include China.
Beijing has rejected this approach, arguing that its nuclear arsenal remains significantly smaller than those of Washington and Moscow.
Rubio dismissed that argument, stating that China has the capacity and ambition to rapidly expand its nuclear capabilities.
“If they do not agree to a trilateral framework, there will be no agreement,” Rubio warned, while acknowledging that the decision ultimately lies with Beijing.
The dispute signals a major shift in global arms control architecture, marking the end of the strictly U.S.-Russia nuclear era and ushering in a more complex triangular power balance.
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Didier Cebas K.