Iran - États-Unis : Téhéran ouvre la porte aux inspections de l'AIEA, mais campe sur l'enrichissement de l'uranium

Iran - États-Unis : Téhéran ouvre la porte aux inspections de l'AIEA, mais campe sur l'enrichissement de l'uranium

La tension diplomatique monte d?un cran entre T?h?ran et Washington. ? quelques jours d?un nouveau round d?cisif de n?gociations ? Gen?ve, l?Iran se dit prêt ? rouvrir ses installations nucl?aires aux inspecteurs de l?Agence internationale de l??nergie atomique (AIEA), tout en r?affirmant fermement son droit ? non n?gociable ? ? l?enrichissement de l?uranium.

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Dans une interview accordée à la chaîne américaine CBS, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a clarifié la position de la République islamique : coopération, oui ; capitulation, non.


Inspections de l’AIEA : Téhéran prêt à coopérer


« Nous sommes membre à part entière du Traité sur la non-prolifération (TNP) et nous avons un accord de garanties avec l’AIEA. Nous sommes prêts à coopérer pleinement », a déclaré Abbas Araghtchi. Il n’exclut pas l’acceptation du Protocole additionnel, sous conditions.


Pour le chef de la diplomatie iranienne, le mécanisme de vérification international « est acceptable et peut être appliqué », ouvrant ainsi la voie à une reprise formelle des inspections suspendues ces dernières années.


Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a d’ailleurs laissé entendre qu’un accord sur la reprise des inspections pourrait être conclu prochainement.


L’enrichissement, « ligne rouge » iranienne


Mais sur le fond, Téhéran ne recule pas. L’enrichissement de l’uranium reste, selon Abbas Araghtchi, un droit souverain garanti par le TNP.


« L’enrichissement est notre droit (…) y compris à des fins pacifiques », a-t-il martelé, en réponse aux exigences américaines qui réclament l’arrêt complet du programme.


Côté américain, la position est tout aussi ferme. L’émissaire du président Donald Trump, Steve Witkoff, a qualifié l’enrichissement de « ligne rouge ». Selon lui, l’Iran disposerait d’assez d’uranium enrichi pour fabriquer une bombe nucléaire « en une semaine ».


Une affirmation qui alimente l’urgence diplomatique.


Genève, théâtre d’un possible tournant


Un nouveau cycle de négociations est prévu à Genève le 26 février, sous médiation d’Oman. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a confirmé « une volonté positive de franchir une nouvelle étape ».


Abbas Araghtchi pourrait y rencontrer directement Steve Witkoff. Washington a posé un ultimatum : une réponse iranienne détaillée dans les 48 heures pour engager des discussions approfondies le 27 février.


Selon Axios, cette initiative pourrait représenter « la dernière chance diplomatique » avant une éventuelle opération militaire impliquant les États-Unis et Israël.


Menaces et déploiements militaires


Le contexte militaire renforce la pression. Le New York Times révèle que plus de 60 avions militaires américains ont été déployés sur la base jordanienne d’Azraq, dont des F-35, drones et hélicoptères.


Téhéran avertit : en cas d’attaque, il frappera des bases américaines au Moyen-Orient.


« Si les États-Unis nous attaquent, nous avons le droit de nous défendre », a déclaré Abbas Araghtchi, tout en précisant que la diplomatie reste « la seule voie possible ».


Vers un nouvel accord post-2015 ?


Dix ans après la signature du Plan d’action global commun (PAGC) en 2015 — abandonné par Donald Trump en 2018 — l’Iran estime qu’un « accord meilleur » est envisageable.


« La situation a changé. Notre programme nucléaire a progressé techniquement. Les sanctions sont plus nombreuses », souligne le chef de la diplomatie iranienne.


Téhéran souhaite désormais un accord centré sur les grandes lignes : garantie du caractère pacifique du programme nucléaire en échange d’une levée significative des sanctions occidentales.


Mais les divergences persistent sur l’ampleur et le mécanisme de levée des sanctions.


Un équilibre fragile


Les discussions actuelles portent exclusivement sur le nucléaire. Les questions liées aux missiles balistiques et au soutien iranien à des forces régionales ne sont pas officiellement à l’ordre du jour, malgré les pressions américaines et israéliennes.


Dans ce bras de fer stratégique, l’équation reste complexe :



  • Washington exige l’abandon de l’enrichissement.

  • Téhéran réclame la reconnaissance de son droit nucléaire et la levée des sanctions.


Entre ultimatum et diplomatie, Genève pourrait devenir le point d’inflexion d’une crise qui dure depuis plus de vingt ans.


Pour l’instant, la fenêtre diplomatique est ouverte. Mais elle pourrait se refermer brutalement.




Iran Opens Door to IAEA Inspections but Refuses to Halt Uranium Enrichment Ahead of Geneva Talks


Iran has signaled readiness to resume cooperation with the International Atomic Energy Agency (IAEA), while firmly defending its right to uranium enrichment, as new negotiations with the United States approach in Geneva.


Foreign Minister Abbas Araghtchi told CBS that Tehran is prepared to fully cooperate with the IAEA under the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT) and could conditionally accept the Additional Protocol.


However, Iran insists enrichment remains a sovereign right for peaceful nuclear energy.


Meanwhile, U.S. envoy Steve Witkoff described enrichment as a “red line,” claiming Iran could have enough enriched uranium for a nuclear weapon within a week — a statement escalating tensions.


A new negotiation round is scheduled for February 26–27 in Geneva, mediated by Oman. Washington has warned that this may be the final diplomatic opportunity before potential military action involving the U.S. and Israel.


As over 60 U.S. military aircraft have reportedly been deployed to Jordan, Tehran warned it would strike U.S. bases in the region if attacked.


Ten years after the 2015 nuclear deal (JCPOA), Iran believes a “better agreement” is possible — one that guarantees peaceful nuclear activity in exchange for broader sanctions relief.


Geneva may now determine whether diplomacy prevails — or confrontation intensifies.


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Ange NGO

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