Législatives anticipées : le BSW crie aux « élections volées »
Le parti BSW (ex-Alliance Sahra Wagenknecht – pour la raison et la justice) a saisi la Cour constitutionnelle fédérale de Karlsruhe pour contester les résultats des élections législatives anticipées du 23 février 2025, rapporte le magazine Stern.
En décembre 2025, le Bundestag a rejeté définitivement la demande de recomptage formulée par la formation de Sahra Wagenknecht. Mais le parti ne désarme pas. Il lui a manqué seulement 9 500 voix pour franchir le seuil fatidique des 5% nécessaire à l’entrée au Bundestag. Avec 4,98% des suffrages, le BSW reste aux portes du Parlement.
Plusieurs recours en urgence ont déjà été rejetés par la Cour constitutionnelle. Malgré cela, Sahra Wagenknecht et ses partisans dénoncent des « élections volées » et continuent d’exiger un nouveau décompte.
Pour rappel :
- CDU/CSU : 28,5% (vainqueur)
- AfD : 20,8% (record historique, deuxième place)
- SPD (Olaf Scholz) : 16,4%
- Verts : 11,6%
- Die Linke : 8,8%
Le contexte politique allemand reste donc marqué par une montée de l’AfD et une fragmentation accrue du paysage partisan.
Drones militaires : Stark au cœur d’une tempête politique
Autre dossier explosif : le fabricant allemand de drones Stark pourrait décrocher un contrat de 2,9 milliards d’euros pour fournir des drones d’attaque à la Bundeswehr, selon le Financial Times.
Problème : l’entreprise est liée au milliardaire américain Peter Thiel, soutien déclaré de Donald Trump. Cette proximité inquiète plusieurs députés, notamment chez Les Verts, qui dénoncent un risque pour l’autonomie stratégique européenne.
Le ministre de la Défense, Boris Pistorius (SPD), a demandé des clarifications sur l’influence réelle de Thiel au sein de l’entreprise. Officiellement, sa participation serait inférieure à 10% sans droits spécifiques.
La décision finale revient à la commission budgétaire du Bundestag. Au-delà du contrat, c’est la question de la souveraineté militaire européenne qui est posée.
Gaz naturel liquéfié : Berlin regarde vers l’Argentine
Sur le front énergétique, le gouvernement allemand étudie un projet d’importation de GNL depuis l’Argentine, soutenu par des garanties d’État, rapporte Der Spiegel.
Le projet concernerait :
- Sefe (ex-Gazprom Germania, nationalisée)
- Southern Energy (Argentine)
- Province de Rio Negro
Les livraisons pourraient débuter fin 2027, pour atteindre jusqu’à 2 millions de tonnes par an, soit près d’un tiers des importations allemandes actuelles.
En 2025, plus de 90% du GNL allemand provenait d’entreprises américaines. Dans un contexte de tensions transatlantiques — notamment autour du Groenland — Berlin cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement.
La décision finale sur les garanties d’État n’est pas encore prise, mais une approbation semble probable.
Volkswagen : vers un choc industriel ?
L’industrie automobile allemande traverse une crise profonde. Selon Manager Magazin, Volkswagen prépare un nouveau plan d’économies visant une réduction des coûts de 20% d’ici 2028.
Les raisons :
- Baisse des ventes en Chine
- Droits de douane américains
- Concurrence mondiale accrue
Des fermetures d’usines ne seraient pas exclues, malgré un accord conclu fin 2024 excluant les licenciements contraints et les fermetures de sites en échange de la suppression progressive de 35 000 emplois d’ici 2030.
Les chiffres sont alarmants :
- Perte nette T3 2025 : 1,072 milliard d’euros
- Bénéfice sur 9 mois 2025 : chute de plus de 60% (de 8,8 à 3,4 milliards €)
- Manque estimé : 11 milliards € pour financer les investissements
Le comité d’entreprise s’oppose fermement à toute fermeture d’usine. Le PDG Oliver Blume doit s’exprimer le 10 mars.
Une Allemagne à la croisée des chemins
Entre contestation électorale, tensions géopolitiques, souveraineté militaire, dépendance énergétique et crise industrielle, l’Allemagne affronte une période charnière.
Première économie d’Europe, Berlin se retrouve confrontée à une recomposition politique interne et à une pression externe croissante — Chine, États-Unis, Russie, concurrence mondiale.
Pour l’Union européenne, la stabilité allemande reste un enjeu stratégique majeur.
Germany Under Pressure: Election Dispute, Military Drone Controversy, Argentine LNG Deal and Volkswagen Crisis
Germany is facing a politically and economically sensitive period. Sahra Wagenknecht’s BSW party has challenged the February 23, 2025 snap election results before the Federal Constitutional Court after missing the 5% parliamentary threshold by just 9,500 votes (4.98%).
Meanwhile, drone manufacturer Stark is under scrutiny in the Bundestag over its links to US billionaire Peter Thiel, a supporter of Donald Trump. The company could secure a €2.9 billion contract to supply attack drones to the German armed forces, raising concerns about European strategic autonomy.
On the energy front, Berlin is considering state-backed guarantees to import liquefied natural gas (LNG) from Argentina, potentially covering up to two million tonnes annually by 2027, as Germany seeks to reduce its heavy reliance on US LNG.
Finally, Volkswagen is preparing a new cost-cutting program aiming for a 20% reduction by 2028, with possible plant closures amid declining sales in China, US tariffs, and intensifying global competition. The German automotive industry is facing one of its most severe crises in decades.
Germany stands at a strategic crossroads with significant implications for Europe’s political and economic future.
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Ekanga Ekanga Fernand