CEMAC : chute des prix agricoles et énergétiques, la BEAC alerte sur les recettes d'exportation pendant que la Sodecoton renforce ses contrôles sanitaires

CEMAC : chute des prix agricoles et énergétiques, la BEAC alerte sur les recettes d'exportation pendant que la Sodecoton renforce ses contrôles sanitaires

La conjoncture des matières premières se durcit pour les économies de la CEMAC. Au quatriâme trimestre 2025, les prix des produits agricoles export?s par les pays de la zone ? Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et R?publique centrafricaine ? ont recul? de 14,5 %, selon l?Indice composite des cours des produits de base (ICCPB) publi? par la Banque des états de l'Afrique centrale (BEAC). Un repli plus marqu? que celui du trimestre précédent (-10,3 %), qui confirme l?acc?l?ration de la pression sur les march?s agricoles internationaux.

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D’après la banque centrale, cette baisse est largement tirée par le cacao, dont la correction pèse lourdement sur les performances d’exportation régionales. Les cours du cacao ont chuté de 21,3 %, devant le sucre (-10,7 %), le caoutchouc (-6 %) et le coton (-4,3 %). Pour les économies de la zone, cette dynamique accroît le risque de contraction des revenus d’exportation, avec des répercussions potentielles sur les soldes extérieurs et la disponibilité en devises.


Le mouvement baissier dépasse le seul secteur agricole. La BEAC relève également un retournement des produits énergétiques, dont les prix ont reculé de 6,4 % sur la période, après une hausse de 1,3 % au troisième trimestre. Ce repli résulte de la baisse simultanée du pétrole et du gaz naturel. Pour plusieurs États de la CEMAC fortement dépendants des hydrocarbures, ce double choc — agricole et énergétique — constitue un facteur supplémentaire de fragilisation budgétaire et externe.


Au total, l’ICCPB global de la région s’est contracté de 9,5 % entre octobre et décembre 2025, prolongeant une tendance baissière amorcée au deuxième trimestre. La BEAC attribue cette évolution à la combinaison d’un environnement macroéconomique mondial incertain et d’ajustements entre l’offre et la demande sur différents segments de marché. L’indice, construit à partir de 20 produits représentant près de 90 % des exportations de la CEMAC, demeure un indicateur avancé des termes de l’échange et des équilibres macroéconomiques régionaux.


Dans ce contexte de volatilité des marchés, la sécurisation des filières locales devient un enjeu stratégique. Au Cameroun, la Société de développement du coton (Sodecoton) vient de renforcer son dispositif de contrôle sanitaire à travers une convention élargie avec le Centre Pasteur du Cameroun, signée le 16 février à Yaoundé.


Le partenariat couvre désormais les analyses biologiques et physico-chimiques des aliments et des points d’eau utilisés dans la zone cotonnière. Selon le directeur général de la Sodecoton, Mohammadou Bayero, l’entreprise suit près d’une centaine de points d’eau pour la santé de son personnel, ainsi que les eaux utilisées dans les huileries. L’objectif est de sécuriser la production d’huile végétale issue des graines de coton, destinée au marché local.


Le Centre Pasteur confirme disposer des capacités techniques nécessaires pour conduire des analyses microbiologiques, biochimiques et physico-chimiques afin de vérifier la conformité sanitaire des produits. Toutes les huiles produites par la Sodecoton seront désormais contrôlées avant commercialisation, une démarche qui vise à protéger les consommateurs et à aligner l’entreprise sur les standards internationaux.


Si la Sodecoton disposait déjà de laboratoires internes, la direction estime indispensable de renforcer le dispositif pour répondre aux exigences de conformité et consolider sa responsabilité sociétale. Cette collaboration s’inscrit également dans la préservation de certifications internationales, dont la norme ISO 9000. Les analyses des eaux peuvent atteindre 3,2 millions de FCFA, tandis que les examens biomédicaux du personnel, déjà assurés par le Centre Pasteur, sont pris en charge à 75 % par l’entreprise.


Entre pressions externes sur les recettes d’exportation et renforcement des standards sanitaires locaux, les acteurs économiques de la CEMAC illustrent ainsi les deux faces d’un même défi : absorber les chocs internationaux tout en sécurisant durablement les chaînes de valeur régionales.




CEMAC: Falling agricultural and energy prices pressure export revenues as Sodecoton strengthens health controls


Economic conditions for CEMAC countries are tightening as commodity markets weaken. In the fourth quarter of 2025, prices of agricultural exports from Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, and the Central African Republic fell by 14.5%, according to the Composite Commodity Price Index (ICCPB) published by the Bank of Central African States (BEAC). This drop is steeper than the previous quarter’s decline (-10.3%), signaling intensifying pressure on global agricultural markets.


The central bank attributes much of the downturn to cocoa, whose price correction significantly weighs on regional exports. Cocoa prices fell by 21.3%, alongside sugar (-10.7%), rubber (-6%), and cotton (-4.3%). For CEMAC economies, this trend increases the risk of shrinking export revenues, with potential spillovers on external balances and foreign currency liquidity.


The decline extends beyond agriculture. BEAC reports that energy prices dropped by 6.4% during the quarter, reversing a 1.3% rise previously, driven by simultaneous declines in oil and natural gas prices. For hydrocarbon-dependent CEMAC states, this dual shock represents an additional vulnerability for fiscal and external accounts.


Overall, the region’s ICCPB fell by 9.5% between October and December 2025, continuing a downward trend observed since the second quarter. BEAC links the decline to global macroeconomic uncertainty and supply-demand adjustments across commodity segments. Built on 20 key export products representing about 90% of CEMAC trade value, the index serves as an early indicator of terms-of-trade dynamics and regional macroeconomic stability.


Amid this volatility, strengthening local value chains has become strategic. In Cameroon, the Cotton Development Company (Sodecoton) has expanded its partnership with the Pasteur Center of Cameroon, signing a new agreement covering biological and physico-chemical testing of food products and water sources in the cotton zone.


According to Sodecoton CEO Mohammadou Bayero, the company monitors around 100 water points for staff health and industrial use. The objective is to secure vegetable oil production derived from cottonseed for domestic markets.


The Pasteur Center confirms it has the laboratory capacity to perform microbiological, biochemical, and physico-chemical analyses to ensure product safety. All Sodecoton oils will now undergo testing before commercialization, aligning production with international quality standards and consumer protection requirements.


While Sodecoton already operated internal laboratories, management considers this reinforcement essential to meet compliance standards and strengthen corporate social responsibility. The partnership also supports the preservation of international certifications, including ISO 9000 standards. Water analyses may cost up to 3.2 million CFA francs, while biomedical tests for employees — already conducted by the Pasteur Center — are 75% covered by the company.


Together, falling export prices and strengthened sanitary controls highlight the dual challenge facing CEMAC economies: absorbing global shocks while reinforcing the resilience of regional production chains.


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Moussa Nassourou

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