Selon Reuters, les États-Unis concluent des accords avec des entreprises de la République démocratique du Congo (RDC) et d’autres pays africains afin de garantir l’approvisionnement en cuivre et cobalt avant même leur extraction. L’objectif est clair : réduire la dépendance vis-à-vis des filières dominées par la Chine.
Vincent Rouget, expert chez Control Risks, souligne que Washington privilégie la puissance financière aux opérations industrielles directes. Grâce à ces mécanismes contractuels, les acheteurs américains peuvent accéder aux ressources congolaises tout en limitant les risques politiques et opérationnels liés à l’exploitation minière locale. L’attention américaine se porte notamment sur la RDC, la Zambie et la Guinée. À titre d’exemple, la société KoBold Metals a sécurisé plus de 3 000 km² de concessions en RDC, même si le démarrage de l’exploitation reste freiné par des contraintes administratives. Malgré ces efforts, les groupes chinois conservent une position dominante sur plusieurs gisements stratégiques.
Pendant ce temps, Pékin renforce son ancrage industriel sur le continent. Madagascar vient ainsi de conclure un accord de 10 milliards de dollars avec le géant chinois Eternal Tsingshan Holdings. Le projet prévoit un parc industriel intégré autour du fer et du nickel, avec un potentiel de 100 000 emplois et des exportations estimées à 15 milliards de dollars par an. Les recettes fiscales attendues pourraient transformer durablement les capacités d’investissement du pays dans l’éducation, la santé et les infrastructures. Tsingshan, déjà actif en Indonésie et au Zimbabwe, illustre la stratégie chinoise consistant à maîtriser toute la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation.
L’actualité chinoise reste également marquée par des enjeux de sécurité et de diplomatie. Une explosion dans une usine de biotechnologie de la province du Shanxi a causé la mort d’au moins huit personnes. Une enquête est en cours et le représentant légal de l’entreprise a été interpellé.
Sur le plan international, Pékin a fermement condamné l’attentat survenu près d’une mosquée à Islamabad, réaffirmant son opposition au terrorisme et son soutien aux autorités pakistanaises. Dans le même temps, les forces pakistanaises ont annoncé l’arrestation du commanditaire présumé et de plusieurs complices.
En Europe, une affaire d’espionnage secoue la Grèce : un colonel de l’armée de l’air est soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles à des contacts chinois. Les autorités grecques, appuyées par des renseignements internationaux, affirment disposer d’éléments probants. L’officier est placé en détention dans l’attente de poursuites judiciaires.
Sur le plan commercial, la Chine et l’Afrique du Sud ont signé un accord-cadre supprimant les droits de douane sur l’ensemble des exportations sud-africaines vers le marché chinois. Automobile, mines, agriculture et énergies vertes figurent parmi les secteurs prioritaires. Pretoria devient ainsi le 33e partenaire africain à conclure un tel dispositif avec Pékin, renforçant l’axe économique sino-africain.
Enfin, la Chine affiche ses ambitions technologiques. Des physiciens de la société Energy Singularity ont égalé le record français en maintenant un plasma de fusion nucléaire pendant 1 337 secondes dans un tokamak expérimental. Cette performance symbolise la course mondiale vers une énergie de fusion maîtrisée, considérée comme une solution stratégique de long terme.
Au croisement de la géoéconomie, de la diplomatie et de la haute technologie, la Chine avance sur plusieurs fronts simultanément. Pour les pays africains, ces dynamiques redessinent les opportunités — mais aussi les rapports de force — autour des ressources stratégiques qui façonneront l’économie mondiale de demain.
China–US rivalry: Africa becomes the frontline in the battle for strategic minerals
The strategic competition between China and the United States over critical mineral supply chains is intensifying, with Africa emerging as a central arena. While Washington relies on forward purchase contracts to secure copper and cobalt, Beijing continues to deploy an integrated industrial strategy combining investment, trade diplomacy, and technological advances.
According to Reuters, the US is signing agreements with companies in the Democratic Republic of Congo and other African nations to secure mineral supply before extraction. This financial approach allows American buyers to access resources while reducing operational and political risks, even as Chinese firms maintain strong control over key deposits.
China, meanwhile, is deepening its industrial footprint. Madagascar has signed a $10 billion deal with Eternal Tsingshan Holdings to develop an integrated iron and nickel industrial park expected to generate tens of thousands of jobs and major export revenues. The project reflects Beijing’s long-term value-chain strategy across Africa.
China’s domestic and diplomatic landscape also remains active. An explosion at a biotechnology plant in Shanxi province killed at least eight people, prompting an investigation. Internationally, Beijing condemned a deadly attack near a mosque in Islamabad and reaffirmed its support for Pakistan’s security efforts.
In Europe, Greek authorities arrested an air force colonel suspected of passing classified information to Chinese contacts, highlighting growing geopolitical tensions.
On the trade front, China and South Africa signed a framework agreement eliminating tariffs on South African exports to China, strengthening economic ties in automotive, mining, agriculture, and green energy sectors.
Technologically, Chinese nuclear physicists matched a French fusion record by sustaining plasma for 1,337 seconds in a tokamak experiment, underscoring the global race toward fusion energy.
Together, these developments illustrate China’s multi-front positioning in geopolitics, trade, and innovation — dynamics that increasingly shape Africa’s role in the emerging global economy.
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Didier Cebas K.