Cacao camerounais : l'ONCC resserre l'étau contre les exportations frauduleuses vers le Nigeria

Cacao camerounais : l'ONCC resserre l'étau contre les exportations frauduleuses vers le Nigeria

L?Office national du cacao et du caf? (ONCC) passe ? la vitesse sup?rieure face aux exportations illégales de cacao vers le Nigeria, un ph?nom?ne persistant qui fragilise les recettes d?exportation du Cameroun et perturbe l??quilibre de la filière. Le 13 janvier 2026, ? Douala, le directeur g?n?ral de l?ONCC, Michael Ndoping, a prèsid? une r?union consultative de haut niveau, sur instructions du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, pour renforcer la riposte institutionnelle.

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Autour de la table : exportateurs, services des Douanes et autorités administratives. Objectif affiché : resserrer la coordination interinstitutionnelle, répondre aux défis opérationnels et sécuriser les flux commerciaux transfrontaliers entre le Cameroun et le Nigeria. Ces concertations s’inscrivent dans la mise en œuvre de nouveaux textes réglementaires, alignés sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), dans un contexte où la libéralisation des échanges impose un encadrement plus rigoureux.


Un manque à gagner massif pour l’économie nationale


Le dossier est sensible. Depuis plusieurs campagnes, le Nigeria est accusé de « siphonner » une partie significative de la production camerounaise, notamment dans la région du Sud-Ouest, via des circuits informels. Selon les chiffres de l’Institut national de la statistique (INS), 41,4 milliards FCFA de cacao camerounais auraient été absorbés de manière informelle par le Nigeria en 2024.


La situation avait déjà atteint un seuil critique lors de la campagne 2022-2023, période au cours de laquelle le gouvernement avait officiellement chiffré les pertes à près de 70 milliards FCFA, dues aux exportations frauduleuses. Face à l’hémorragie, le ministre du Commerce avait alors pris une mesure conservatoire radicale : l’interdiction pure et simple des exportations de fèves de cacao vers le Nigeria.


Un nouveau cadre, plus strict, plus traçable


Dans la foulée, Yaoundé a revu son dispositif de commercialisation. Le nouveau système repose sur un contrôle renforcé des exportations, qu’elles soient terrestres, maritimes ou aériennes, afin de réduire drastiquement les sorties non déclarées et restaurer la traçabilité des volumes.


Les premiers effets se font sentir. Selon l’ONCC, le Nigeria a progressivement formalisé ses achats et est devenu, lors de la saison 2024-2025, le premier importateur africain de cacao camerounais, avec 2 100 tonnes officiellement acquises. Une évolution notable, sans pour autant faire disparaître totalement les risques de fraude dans les zones frontalières.


La traçabilité comme ligne de défense stratégique


Pour consolider ces acquis, l’ONCC accélère le déploiement du Système national de traçabilité unifié du cacao (SNUT). Cet outil est conçu pour répondre aux exigences internationales croissantes, notamment le règlement de l’Union européenne sur la lutte contre la déforestation, tout en sécurisant les exportations vers les pays voisins.


Au-delà de la lutte contre la fraude, l’enjeu est stratégique : protéger la valeur du cacao camerounais, garantir des recettes fiscales justes et repositionner le pays comme un acteur crédible et conforme aux standards internationaux sur le marché mondial du cacao.




Cameroon tightens crackdown on illegal cocoa exports to Nigeria


Cameroon’s National Cocoa and Coffee Board (ONCC) is stepping up efforts to curb illegal cocoa exports to Nigeria, a long-standing issue undermining export revenues and disrupting regulation in the cocoa sector. On January 13, 2026, in Douala, ONCC Director General Michael Ndoping chaired a high-level consultative meeting, acting on instructions from the Minister of Trade, Luc Magloire Mbarga Atangana.


The meeting brought together public and private stakeholders — exporters, Customs officials and administrative authorities — around three key priorities: strengthening coordination, addressing operational challenges and improving cross-border trade flows between Cameroon and Nigeria. These discussions form part of the implementation of new regulatory frameworks aligned with the African Continental Free Trade Area (AfCFTA), aimed at securing cross-border transactions.


Nigeria has long been accused of absorbing significant volumes of Cameroonian cocoa through informal channels, particularly from the South-West region. According to Cameroon’s National Institute of Statistics (INS), Nigeria reportedly absorbed 41.4 billion CFA francs worth of informal cocoa imports in 2024. During the 2022–2023 season, official estimates put losses at nearly 70 billion CFA francs, prompting the government to temporarily ban cocoa bean exports to Nigeria.


Since then, Cameroon has introduced a stricter marketing and control system, reinforcing oversight of land, sea and air exports to restore traceability. As a result, Nigeria has gradually formalized its purchases and became Cameroon’s leading African importer of cocoa in the 2024–2025 season, with 2,100 tonnes officially imported.


To further secure the sector, the ONCC is accelerating the rollout of the National Unified Cocoa Traceability System (SNUT), designed to meet international requirements — including the EU regulation on deforestation — while safeguarding cocoa export volumes and revenues.


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Mouahna Divine

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