« Le Canada n’a absolument pas l’intention de développer sa propre arme nucléaire », a déclaré le ministre, cité par The Globe and Mail. Une position qui s’inscrit dans la continuité de l’engagement historique du pays, signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 1968 et ratificateur dès 1969.
Un débat relancé par l’ancien chef d’état-major
Cette clarification intervient dans un contexte de débat stratégique ravivé par les propos de Wayne Eyre, ancien chef d’état-major de la défense du Canada (2021-2024). Lors d’une conférence sur la sécurité à Ottawa, le général à la retraite a estimé que le pays ne devrait pas exclure, à long terme, l’option nucléaire, arguant qu’une véritable indépendance stratégique serait difficilement atteignable sans une capacité de dissuasion propre.
Selon lui, le Canada dispose de tous les leviers techniques nécessaires : centrales nucléaires civiles, infrastructures scientifiques et expertise humaine. Toutefois, Wayne Eyre a reconnu qu’aucune démarche en ce sens ne devait être engagée dans l’immédiat, tout en plaidant pour que cette option ne soit pas définitivement écartée dans un monde de plus en plus instable.
Un virage nucléaire aux lourdes conséquences géopolitiques
Comme le souligne The Globe and Mail, une telle décision constituerait un séisme géopolitique, rompant avec plus de 50 ans de diplomatie canadienne axée sur le désarmement et la stabilité stratégique. Un revirement qui placerait Ottawa dans une posture comparable à celle de puissances nucléaires établies, avec des répercussions directes sur les équilibres internationaux — un scénario que le gouvernement actuel rejette catégoriquement.
Modernisation militaire : Ottawa mise sur l’armement conventionnel
Si le nucléaire est exclu, le réarmement conventionnel, lui, est bien engagé. Le Canada déploie un ambitieux programme de modernisation de ses forces armées, à l’horizon 2030. Dans ce cadre, une délégation officielle conduite par Stephen Fuhr, secrétaire d’État à l’Approvisionnement en matière de défense, a effectué une visite stratégique en Corée du Sud.
Accueillie par le groupe Hanwha Aerospace, la délégation canadienne — forte d’une trentaine de responsables — a inspecté les sites de production de Changwon, où sont fabriqués des équipements militaires lourds de dernière génération : canons automoteurs K9, lance-roquettes multiples Chunmoo, et véhicules de combat d’infanterie Redback et K21.
Selon l’agence Yonhap, Ottawa prévoit notamment d’augmenter sa flotte de véhicules de combat d’infanterie de 250 unités. Hanwha Aerospace a proposé un partenariat industriel incluant la localisation partielle de la production au Canada, sur le modèle de l’accord déjà conclu avec l’Australie.
Entre principes et réalités stratégiques
À l’heure où plusieurs puissances réévaluent leurs doctrines de défense, le Canada choisit une voie médiane : fidélité aux engagements internationaux en matière de non-prolifération, mais renforcement substantiel de ses capacités militaires conventionnelles. Une posture qui illustre les dilemmes contemporains de sécurité, observés avec attention bien au-delà de l’Amérique du Nord, notamment en Afrique et au Cameroun, où les enjeux de souveraineté, d’équilibre stratégique et de partenariats militaires restent au cœur des débats.
Canada rules out nuclear weapons but steps up conventional military modernization
Canada has no intention of developing nuclear weapons, Defence Minister David McGuinty has firmly stated, reaffirming Ottawa’s long-standing commitment to nuclear non-proliferation.
Speaking to The Globe and Mail, McGuinty stressed that Canada remains fully aligned with the principles of the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT), which it signed in 1968 and ratified in 1969.
The statement comes amid renewed debate sparked by former Chief of the Defence Staff General Wayne Eyre (2021–2024), who suggested that Canada should not permanently rule out acquiring nuclear weapons to ensure long-term strategic independence. While acknowledging that such a move is not currently appropriate, Eyre argued that Canada possesses the technical and scientific capacity to do so if global conditions were to change.
Observers note that acquiring nuclear weapons would represent a major geopolitical shift, breaking with more than five decades of Canadian policy focused on disarmament and international stability.
Instead, Ottawa is focusing on a broad modernization of its conventional forces. As part of this effort, a Canadian delegation led by Defence Procurement Secretary Stephen Fuhr recently visited South Korea, where Hanwha Aerospace showcased advanced military systems including K9 self-propelled howitzers, Chunmoo multiple rocket launchers, and Redback infantry fighting vehicles.
Canada plans to expand its infantry fighting vehicle fleet by 250 units by 2030, with Hanwha proposing partial local production in Canada, following a similar model implemented in Australia.
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Ange NGO