Yaoundé étouffe sous les ordures : le MINAT brandit la menace des arrestations, pendant que la dette envers Hysacam persiste

Yaoundé étouffe sous les ordures : le MINAT brandit la menace des arrestations, pendant que la dette envers Hysacam persiste

Yaoundé suffoque. Jadis vitrine administrative du Cameroun, la capitale politique offre aujourd?hui le visage inqui?tant d'une m?tropole asphyxi?e par des collines d?ordures. Face ? l?ampleur de l?insalubrité urbaine, le ministre de l?Administration territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji, hausse le ton et menace désormais d?interpeller et de mettre en d?tention toute personne surprise en train de jeter des d?chets sur la voie publique.

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Une posture ferme, qui s’inscrit dans le lancement de la campagne « Yaoundé Ville Propre », officiellement engagée le mercredi 21 janvier 2026 à l’issue d’une réunion de haut niveau présidée par le MINAT, en présence du gouverneur de la région du Centre, du maire de la ville de Yaoundé, du préfet du Mfoundi, des sept sous-préfets, des sept maires d’arrondissement, ainsi que des responsables du MINHDU et des sociétés de collecte des ordures, notamment Hysacam et Thychlof.


Une capitale transformée en décharges à ciel ouvert


Le constat dressé par le ministre est sans appel. Sur un linéaire d’à peine deux kilomètres — de la cathédrale Notre-Dame des Victoires à Bastos, via la Montée Anne-Rouge, le Marché des vivres, la Direction des Impôts, Nlongkak et le secteur du Casino — près de 30 bacs à ordures visibles servent désormais de véritables décharges à ciel ouvert.


Une situation jugée « préoccupante » par les autorités, tant elle tranche avec l’image d’une ville autrefois réputée pour sa propreté et son attractivité.


Pelles, balais et brouettes : une réponse conjoncturelle ?


Pour tenter d’endiguer la crise, le MINAT annonce une dotation exceptionnelle en matériel au profit des sept communes d’arrondissement de Yaoundé. Dans un délai de 72 heures, chaque commune recevra 100 brouettes, 100 pelles, 100 balais et 100 râteaux, soit un total de 700 unités par type d’équipement. La cérémonie officielle de remise est annoncée pour le vendredi à 11 heures.


À cela s’ajoute la mise à disposition d’engins lourds et de camions-bennes, financés grâce à une dotation spéciale accordée par le chef de l’État, Paul Biya, dans le cadre de l’opération « Ville Propre ».


Mais sur le terrain, une question demeure lancinante : ces mesures suffiront-elles à résoudre durablement la crise des déchets à Yaoundé ?


La dette envers Hysacam, le nœud du problème


Selon plusieurs sources concordantes, l’État camerounais doit entre 7,7 et 13 milliards de FCFA à Hysacam, principal opérateur chargé de la collecte des ordures ménagères dans la capitale. Une dette qui pèse lourdement sur la capacité opérationnelle de l’entreprise et explique en grande partie les dysfonctionnements observés ces derniers mois.


Pour de nombreux observateurs, rembourser les arriérés dus aux sociétés de collecte apparaîtrait comme une solution plus structurelle et durable que le déploiement ponctuel de matériel léger et les menaces de sanctions pénales contre les populations.


Pression administrative et discipline citoyenne


Dans ses recommandations, le MINAT appelle à une mobilisation totale de l’administration territoriale :


Aux préfets et sous-préfets, des descentes hebdomadaires sur le terrain pour identifier les dépôts anarchiques et sanctionner les contrevenants ;


Aux maires, l’aménagement de sites conformes, la délocalisation des anciens points noirs et l’intensification de la sensibilisation des riverains ;


Aux sociétés de collecte, une collecte prioritairement nocturne, entre minuit et 6 heures, afin de limiter l’encombrement des voies.


Reste désormais à savoir si cette offensive administrative marquera un véritable tournant ou si elle ne sera qu’un énième coup de communication face à une crise structurelle de gouvernance urbaine.




Yaoundé Drowns in Garbage: MINAT Threatens Arrests as Government Debt to Hysacam Remains Unpaid


Yaoundé is choking. Once known for its cleanliness, Cameroon’s political capital is now overwhelmed by mounting piles of garbage. In response, the Minister of Territorial Administration (MINAT), Paul Atanga Nji, has issued a stern warning: anyone caught dumping waste on public roads risks arrest and detention.


This tough stance comes with the launch of the “Clean City Yaoundé” campaign, officially announced on January 21, 2026, following a high-level coordination meeting involving administrative authorities, municipal leaders, and waste collection companies, including Hysacam and Thychlof.


Authorities acknowledge a critical situation, with nearly 30 open garbage dumping points identified along a two-kilometer stretch from Notre-Dame des Victoires Cathedral to Bastos.


To address the crisis, the government has announced the distribution of sanitation equipment—700 wheelbarrows, 700 shovels, 700 brooms, and 700 rakes—to Yaoundé’s seven district councils, alongside trucks and heavy machinery funded through a special allocation approved by President Paul Biya.


However, observers point to a deeper issue: the Cameroonian government reportedly owes between 7.7 and 13 billion FCFA to Hysacam. This unpaid debt severely affects waste collection operations, raising doubts about the long-term effectiveness of the current campaign.


While administrative pressure and civic discipline are being reinforced, many believe that settling outstanding debts with sanitation companies remains the most sustainable solution to restore cleanliness in Yaoundé.



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Ange NGO

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