Le G7 veut desserrer l’étau chinois sur les terres rares
Les pays du G7 ont acté un accord visant à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine pour l’approvisionnement en terres rares, ressources critiques pour les industries de défense, de transition énergétique et de haute technologie. L’annonce a été faite par la ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, à l’issue des négociations des ministres des Finances du groupe.
Tokyo a profité de cette rencontre pour exposer sa vive inquiétude face à l’embargo décidé par Pékin sur l’exportation de produits à double usage vers le Japon. Une mesure entrée en vigueur le 6 janvier, selon le ministère chinois du Commerce, et justifiée par des motifs liés à la sécurité nationale et au renforcement de la puissance militaire.
La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a qualifié cette décision d’« inacceptable ». Selon plusieurs médias japonais, des entreprises chinoises auraient déjà informé leurs partenaires nippons qu’aucun nouveau contrat de fourniture de terres rares ne serait conclu, accentuant la pression sur l’économie japonaise.
Taïwan, dérapages verbaux et escalade diplomatique
Les relations sino-japonaises se sont encore dégradées après les déclarations de Sanae Takaichi au Parlement, évoquant une éventuelle crise militaire autour de Taïwan comme une « menace existentielle » pouvant pousser le Japon à exercer son droit à l’autodéfense collective.
Pékin a réagi avec fermeté. Le consul général de Chine à Osaka, Xue Jian, a suscité l’indignation en publiant sur le réseau social X un message menaçant de « couper la tête » de la cheffe du gouvernement japonais, avant de le supprimer. Dans la foulée, la Chine a déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Japon et annoncé la suspension des importations de produits de la mer japonais.
Pékin verrouille ses alliances en Afrique
Sur le continent africain, la diplomatie chinoise affiche une ligne de continuité stratégique. Pékin a réaffirmé que le Somaliland fait partie intégrante de la Somalie, réitérant son soutien à l’intégrité territoriale somalienne. Cette position figure dans un communiqué conjoint publié après un échange téléphonique entre le chef de la diplomatie somalienne, Abdisalam Abdi Ali, et son homologue chinois, Wang Yi.
En retour, Mogadiscio a renouvelé son soutien au principe d’une seule Chine, consolidant une convergence diplomatique qui s’inscrit dans la durée. Les deux parties ont également évoqué un renforcement de la coopération commerciale, de l’aide au développement et de la coordination multilatérale pour la stabilité de la Corne de l’Afrique.
Dans le cadre de sa tournée africaine du 7 au 12 janvier, Wang Yi s’est rendu en Éthiopie, en Tanzanie et au Lesotho. Une étape en Somalie, initialement prévue, a été reportée.
Canada, Afrique du Sud : la Chine joue sur plusieurs tableaux
Sur le front nord-américain, Pékin a annoncé la visite d’État du premier ministre canadien Mark Carney, prévue du 14 au 17 janvier, à l’invitation de son homologue chinois Li Qiang. Selon la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, la Chine souhaite approfondir le dialogue bilatéral et renforcer la confiance mutuelle.
Parallèlement, Wang Yi s’est entretenu avec le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola. Pékin s’est dit prêt à coopérer avec Pretoria pour défendre les principes de la Charte des Nations unies, s’opposer à l’hégémonie et protéger les intérêts des pays en développement. La Chine a également promis de poursuivre la suppression des droits de douane sur les produits sud-africains.
Une recomposition aux implications africaines
Pour l’Afrique, et particulièrement pour des pays comme le Cameroun engagés dans la diversification de leurs partenariats économiques, ces dynamiques mondiales autour de la Chine, des terres rares et de la souveraineté stratégique redessinent les marges de manœuvre diplomatiques et commerciales. La bataille des ressources et des alliances est désormais ouverte, sur fond de rivalités systémiques.
Rare Earths, Sanctions and Africa: China at the Center of a Global Geopolitical Reset
China is facing an intense diplomatic and strategic sequence as Western powers, East Asia and several African partners recalibrate their positions toward Beijing. Trade tensions, security threats and reaffirmed alliances in Africa are reshaping the global balance of power.
G7 Moves to Reduce Dependence on China’s Rare Earths
G7 countries have agreed to reduce their reliance on China for rare earth supplies—critical resources for defense, energy transition and high-tech industries. The announcement was made by Japan’s Finance Minister Satsuki Katayama following talks among G7 finance ministers.
Tokyo also raised concerns over China’s embargo on exports of dual-use products to Japan. According to China’s Ministry of Commerce, the measure took effect on January 6 and targets goods with potential military applications.
Japanese Prime Minister Sanae Takaichi described the decision as “unacceptable.” Japanese media report that several Chinese companies have informed Japanese partners that no new rare earth supply contracts will be signed.
Taiwan Tensions and Diplomatic Escalation
Relations further deteriorated after Takaichi warned in parliament that a military crisis around Taiwan would pose an “existential threat” to Japan, potentially triggering the right to collective self-defense.
Beijing reacted strongly. China’s consul general in Osaka, Xue Jian, sparked outrage after posting a violent threat against the Japanese prime minister on social media, later deleting the message. China subsequently advised its citizens against traveling to Japan and announced the suspension of Japanese seafood imports.
China Reinforces Its African Alliances
In Africa, Beijing reaffirmed its strategic consistency by stating that Somaliland is an integral part of Somalia, emphasizing its support for Somalia’s territorial integrity. The position was outlined in a joint statement following a phone call between Somali Foreign Minister Abdisalam Abdi Ali and Chinese Foreign Minister Wang Yi.
Somalia reiterated its support for the One China principle, while both sides discussed strengthening cooperation in trade, development aid, multilateral coordination and peace efforts in the Horn of Africa.
As part of his African tour from January 7 to 12, Wang Yi visited Ethiopia, Tanzania and Lesotho. A planned visit to Somalia was postponed.
Canada and South Africa: Beijing Broadens Its Outreach
China also announced that Canadian Prime Minister Mark Carney will pay a state visit from January 14 to 17, at the invitation of Chinese Premier Li Qiang. According to Foreign Ministry spokesperson Mao Ning, Beijing seeks to deepen bilateral dialogue and mutual trust.
Meanwhile, Wang Yi held talks with South African Foreign Minister Ronald Lamola, pledging cooperation to uphold the UN Charter, oppose hegemony and protect developing countries’ interests. China also promised to continue removing tariffs on South African products.
Global Realignment with African Implications
For Africa—including countries like Cameroon seeking diversified partnerships—these global shifts involving China, rare earths and strategic sovereignty are redefining diplomatic and economic options. The battle for resources and influence has clearly entered a new phase.
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Didier Cebas K.