Guinée : l’opposition saisit la Cour suprême et conteste la victoire écrasante de Mamadi Doumbouya

Guinée : l’opposition saisit la Cour suprême et conteste la victoire écrasante de Mamadi Doumbouya

La tension politique monte d’un cran en Guinée après l’élection présidentielle du 28 décembre dernier. Le principal parti d’opposition du pays, le Front pour la Démocratie en Guinée (FRONDEG), a officiellement déposé un recours devant la Cour suprême, réclamant l’annulation pure et simple des résultats du scrutin.

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L’information a été confirmée par Me Fodé Doumbouya, avocat du parti et du candidat Abdoulaye Yéro Baldé, arrivé deuxième à cette présidentielle. Selon le conseil, les observateurs du FRONDEG déployés sur le terrain ont constaté de graves irrégularités électorales, notamment des cas de bourrages d’urnes et d’autres violations susceptibles d’altérer la sincérité du vote.


Dans le contexte institutionnel guinéen actuel, la Cour suprême joue un rôle central. En l’absence d’une Cour constitutionnelle pleinement opérationnelle, elle est investie de la mission de certifier les résultats définitifs de l’élection présidentielle, ce qui confère à ce recours une portée politique et juridique majeure.


Quelques jours plus tôt, la Direction générale des élections avait proclamé la victoire du président guinéen par intérim, Mamadi Doumbouya, avec un score écrasant de 86,72 % des suffrages exprimés. Abdoulaye Yéro Baldé, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique entre 2015 et 2020, n’a recueilli que 6,59 % des voix, loin derrière le vainqueur, dans une course électorale qui comptait neuf candidats.


Cette contestation intervient dans un climat politique encore marqué par la transition et soulève, une fois de plus, la question de la crédibilité des processus électoraux en Afrique de l’Ouest, un débat suivi de près au Cameroun et dans la sous-région, où les enjeux de gouvernance démocratique restent au cœur de l’actualité.


La Cour suprême est désormais attendue sur une décision qui pourrait soit consolider le pouvoir en place, soit raviver une crise politique aux conséquences imprévisibles pour la stabilité du pays.




Guinea: Opposition Takes Presidential Election Results to Supreme Court


Guinea’s political climate has become increasingly tense following the December 28 presidential election. The country’s main opposition party, the Front for Democracy in Guinea (FRONDEG), has filed an appeal before the Supreme Court, seeking the annulment of the election results.


The move was confirmed by lawyer Fodé Doumbouya, representing FRONDEG and its candidate Abdoulaye Yéro Baldé, who finished second in the race. According to the opposition, party observers documented serious electoral violations, including alleged ballot box stuffing, during the voting process.


In Guinea, the Supreme Court currently assumes the role of the Constitutional Court and holds the authority to validate the final presidential election results, making this legal challenge highly significant.


Earlier, the General Directorate of Elections announced that interim President Mamadi Doumbouya had won the election with 86.72% of the vote. Abdoulaye Yéro Baldé, a former Minister of Higher Education and Scientific Research from 2015 to 2020, secured 6.59%, in an election contested by nine candidates.


The case now places the Supreme Court at the center of Guinea’s political future, amid broader regional concerns over electoral transparency and democratic governance in West Africa.


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Mouahna Divine

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