Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Lors de ma récente prestation de serment, je me suis engagé à continuer d’œuvrer, avec vous, à l’avènement d’un Cameroun uni, stable et prospère.
L’atteinte de cet objectif est à mes yeux une mission sacrée. C’est une mission à laquelle j’entends, comme par le passé, continuer à consacrer tout mon temps et toute mon énergie.
J’y suis tenu en raison de la confiance que vous n’avez cessé de me témoigner, depuis mon accession à la magistrature suprême. Vous venez d’ailleurs de me renouveler cette confiance, de manière éclatante, lors du scrutin du 12 octobre dernier.
Je voudrais y voir, un témoignage de satisfaction pour ce que nous avons accompli ensemble jusqu’alors et un engagement à poursuivre, avec encore plus de détermination, nos efforts communs pour faire avancer notre pays.
Mes chers compatriotes,
Au cours de l’année qui s’achève, comme du septennat qui vient de s’écouler, nous avons ensemble, avec succès, relevé de nombreux défis.
D’autres défis, encore plus aigus, nous attendent pendant l’année qui commence et le septennat que nous entamons. Je ne doute cependant pas de notre capacité commune à les relever, victorieusement.
Si nous restons unis, rien ne nous sera impossible. Nous ne manquons, en effet, ni de courage, ni d’ingéniosité, ni de détermination.
Mes chers compatriotes,
Il est incontestable que des progrès remarquables ont été réalisés dans différents domaines cette année, en dépit de nombreuses contraintes internes et externes.
Au plan politique, notre système démocratique a, une fois de plus, démontré sa vitalité. L’organisation réussie de l’élection présidentielle, comme celle des régionales, confirme que la démocratie s’est véritablement enracinée dans notre pays.
Malgré les soubresauts qui ont suivi l’élection présidentielle, du fait de certains leaders politiques irresponsables, l’immense majorité de nos compatriotes a fait preuve d’une grande maturité. Ensemble, nous avons su préserver ce que nous avons de plus précieux : l’unité nationale, la paix et la stabilité.
Au plan sécuritaire, nos forces de défense et de sécurité, dont je ne cesserai de louer le professionnalisme, ont continué à combattre vaillamment les terroristes et autres criminels qui menacent la sécurité de nos populations et de leurs biens.
Au plan économique et financier, les réformes structurelles que nous avons mises en œuvre, avec l’appui de nos partenaires internationaux, ont permis d’améliorer le profil de nos finances publiques et de préserver les grands équilibres macro-économiques.
Les ressources allouées au budget d’investissement ont connu une augmentation significative.
Malgré les aléas de la conjoncture internationale, les mesures nécessaires ont été prises pour maîtriser l’inflation et accroître la production locale.
L’exécution de multiples projets s’est poursuivie ou a été lancée dans différents domaines, afin de répondre aux préoccupations des populations et d’améliorer leur bien-être.
Ainsi, l’offre en énergie électrique a continué de s’accroitre, avec l’entrée en service du barrage de Nachtigal et de nombreuses centrales solaires, principalement dans les régions septentrionales.
La construction de nouvelles lignes de transport de l’électricité et la réhabilitation du réseau existant progressent. L’achèvement de ces chantiers permettra de mieux desservir les industries et les ménages en énergie électrique.
J’ai par ailleurs instruit la reprise de la société ENEO, ce qui constitue une étape décisive dans la restauration de notre souveraineté énergétique et la maitrise de la réforme d’un secteur névralgique, qui nécessite d’importants investissements.
Des avancées significatives ont également été enregistrées dans l’approvisionnement en eau potable de nos populations, tant dans les centres urbains qu’en milieu rural.
Les travaux de réhabilitation et d’extension des réseaux de distribution d’eau potable que nous avons engagés à cet égard vont s’intensifier, afin de répondre aux besoins en la matière.
La question de l’amélioration de la situation de nos infrastructures routières est, je puis vous l’assurer, au centre de mes préoccupations, comme des vôtres.
Ainsi que je l’ai récemment annoncé, un programme spécial de réhabilitation des axes routiers dégradés et de construction de nouvelles routes sera lancé au courant de l’année qui commence. Il permettra notamment d’améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, ainsi que l’accès aux bassins de production.
Dans la même lancée, nous poursuivrons avec plus d’intensité encore, les efforts visant à accroitre les performances des systèmes éducatif et de santé publique. Nous accorderons parallèlement une attention encore plus soutenue au développement du numérique, au renforcement de notre tissu industriel, à la transformation agro-alimentaire et à l’assainissement du climat des affaires.
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Ainsi que vous l’aurez constaté, grâce au travail acharné du Gouvernement, avec la précieuse contribution de nos vaillantes populations, le Cameroun a poursuivi, d’un pas ferme, sa marche résolue vers le progrès.
Cette réalité est visible, palpable, observable par tous. Bien évidemment, en période électorale, comme celle que nous venons de vivre et que nous vivrons encore dans les mois à venir, il est habituel que les candidats qui aspirent à bénéficier de la confiance des populations, se livrent à des déclarations qui n’ont rien à voir avec la réalité.
Certains ont ainsi soutenu que rien, absolument rien, n’a été fait par le Gouvernement en place. Ils vous ont parallèlement promis monts et merveilles et ont prétendu résoudre, d’un coup de baguette magique, tous les problèmes auxquels vous êtes confrontés.
Rien n’est plus faux. Je n’ai cessé et ne cesserai de vous mettre en garde contre ces marchands d’illusions.
Pour ma part, depuis mon accession à la magistrature suprême, j’ai fait le choix de vous dire la vérité. Je n’ai jamais essayé de vous dissimuler les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, du fait principalement d’un contexte international de plus en plus complexe.
Ces difficultés qui retardent ou entravent la mise en œuvre des projets dédiés à l’amélioration de votre bien-être, ne sont cependant pas insurmontables. Nous l’avons prouvé hier. Nous le prouvons aujourd’hui et nous le prouverons encore demain, ensemble.
Mes chers compatriotes,
Fidèle à ce devoir de vérité que je viens d’évoquer, je n’ai pas de peine à reconnaitre, qu’en dépit du bilan appréciable que je viens de vous présenter, des efforts soutenus doivent encore être engagés sans délai, pour améliorer, de manière significative, vos conditions de vie.
C’est ce à quoi s’attèlera en priorité, le Gouvernement que je mettrai en place dans les prochains jours.
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Lors de la campagne électorale et dans mon discours de prestation de serment, j’ai eu l’occasion de vous présenter le programme que j’entends mettre en œuvre pour répondre à vos préoccupations, à vos aspirations et à vos demandes.
Je voudrais vous redire, que l’amélioration de la situation des femmes et des jeunes sera au centre de mes priorités, tel que je m’y suis engagé.
Le Gouvernement, sous mon autorité, veillera à la mise en œuvre effective du Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les lignes directrices ont été présentées lors de ma prestation de serment.
D’ores et déjà, une provision de 50 milliards de Francs CFA a été constituée dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2026. Elle est dédiée au financement des premières tranches des projets initiés par les jeunes.
Je veillerai également à l’application des mesures visant à améliorer la promotion des femmes et à garantir une plus grande participation des jeunes dans la gestion des affaires publiques.
Je voudrais toutefois rappeler, qu’il n’est pas question de stigmatiser les autres tranches d’âge ou catégories de notre société. Au-delà du critère de l’âge et du genre, ce qui continuera à être privilégié dans l’accès ou le maintien aux postes de responsabilité, de même que dans les promotions, ce sont les qualifications, les compétences, la probité et l’engagement au service de l’intérêt général.
Nous veillerons cependant à concilier, mieux que par le passé, jeunesse et expérience et, surtout, à combattre vigoureusement les injustices procédant de l’appartenance à tel ou tel groupe ethnique ou culturel, genre, religion, ou tranche d’âge. C’est ainsi que nous pourrons mieux promouvoir l’égalité des chances et permettre à des compétences trop souvent oubliées, à l’intérieur, comme dans la diaspora, de participer à la grande œuvre de construction nationale.
Mes chers compatriotes,
Conformément à l’appel que j’ai lancé lors de ma prestation de serment, je voudrais insister sur la nécessité d’intensifier nos efforts collectifs, pour promouvoir le vivre ensemble et consolider l’unité nationale, face au repli identitaire et aux discours de haine qui inondent l’espace médiatique et menacent les fondements mêmes de notre cher et beau pays, le Cameroun.
Nous sommes un peuple réputé pour sa diversité. Nous sommes une mosaïque d’ethnies, de langues, de cultures et de religions, que beaucoup envient. Cette particularité est un atout indéniable et un motif de fierté. Nous nous devons de la capitaliser. C’est en effet notre plus grande richesse. Nous nous devons d’en faire le creuset de notre indispensable unité. Une unité qui sera d’autant plus forte, parce que forgée par cette volonté de vivre ensemble, qui nous caractérise également.
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Je vous exhorte à tout mettre en œuvre pour préserver la paix et la stabilité de notre pays. Elles ont été mises à rude épreuve ces dernières années, notamment dans les Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Elles l’ont également été à l’occasion des troubles qui ont émaillé la période post-électorale. Elles le sont au quotidien, à la faveur des atteintes à l’autorité de l’Etat qui se multiplient, du non-respect de la règle de droit qui se répand, du recours à la violence dans les paroles et les comportements qui a tendance à se généraliser, tout ceci adossé sur un sentiment rampant d’impunité. Ce n’est pas acceptable.
L’œuvre de construction nationale dans laquelle nous sommes résolument engagés ne saurait s’accommoder du désordre, de l’indiscipline et de l’impunité. Une reprise en main vigoureuse des secteurs concernés est indispensable. Nous allons nous y atteler sans délai.
Nous allons poursuivre, avec une détermination accrue, nos efforts pour que le retour progressif à la normale que nous observons dans les régions sus évoquées, se consolide. Je fonde de réels espoirs dans les vertus du dialogue communautaire que j’ai récemment encouragé. J’invite les autorités administratives, les chefs traditionnels et les forces vives des régions concernées à s’y engager résolument.
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Je voudrais vous réitérer mon appel au rassemblement dans l’intérêt supérieur de notre cher et beau pays. Je sais pouvoir compter, à cet égard, sur votre soutien indéfectible. Je vous réitère ma détermination à rester digne de la confiance que vous avez placée en moi.
Je voudrais vous redire ce soir, ma confiance en l’avenir de notre pays. Je puis vous assurer que le meilleur reste à venir.
A toutes et à tous, je souhaite une bonne et heureuse année 2026.
Vive la République !
Vive le Cameroun !
Paul Biya
Biya Pledges Unity, Stability and Youth Jobs as Cameroon Enters a New Political Term
President Paul Biya has reaffirmed his commitment to a united, stable and prosperous Cameroon, outlining key political, economic and social priorities as he begins a new term in office. Speaking after his swearing-in, the Head of State described national development as a “sacred mission,” renewed by the confidence expressed by voters in the October 12 presidential election.
Biya highlighted what he called notable progress achieved despite internal and external pressures. On the political front, he pointed to the successful organization of presidential and regional elections as proof of the resilience of Cameroon’s democratic system, stressing that national unity, peace and stability were preserved despite post-election tensions.
On security, the President praised the professionalism of the defense and security forces in their ongoing fight against terrorism and criminal networks, particularly in fragile regions. Economically, he underscored structural reforms carried out with international partners, improved public finance management, increased investment spending and measures taken to contain inflation while boosting local production.
Major infrastructure projects featured prominently in the address. Biya cited the commissioning of the Nachtigal hydroelectric dam, the expansion of solar power plants in northern regions, progress on electricity transmission lines, and the decision to regain control of electricity distributor ENEO as steps toward restoring energy sovereignty. He also announced intensified efforts to improve access to drinking water and a special program to rehabilitate degraded roads and build new ones to enhance mobility and access to production areas.
Looking ahead, the President placed strong emphasis on youth and women. He confirmed the launch of a Special Youth Employment Promotion Plan, backed by a 50 billion CFA franc allocation in the 2026 state budget to finance youth-led projects. He also pledged greater inclusion of women and young people in public life, while insisting that competence, integrity and merit remain the primary criteria for responsibility.
Biya concluded with a call for national unity, dialogue and respect for the rule of law, warning against hate speech, identity-based divisions and impunity. Expressing confidence in Cameroon’s future, he urged citizens to rally around peace and stability, assuring them that “the best is yet to come” as the country enters 2026.
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Discours de Paul Biya : continuité assumée, signaux politiques et pari sur la jeunesse
Le discours de fin d’année et de début de nouveau mandat du président Paul Biya s’inscrit clairement dans une logique de continuité stratégique, tout en cherchant à envoyer des signaux politiques forts à l’opinion nationale, à la classe politique et aux partenaires internationaux. Sans effet de rupture, le Chef de l’État revendique un bilan, assume les défis persistants et fixe les priorités du septennat qui s’ouvre.
Une légitimité électorale martelée dès l’entame
Dès les premières lignes, Paul Biya ancre son propos dans la légitimité du scrutin présidentiel du 12 octobre, présenté comme une reconduction « éclatante » de la confiance populaire. Ce rappel n’est pas anodin : il vise à clore le débat post-électoral, à délégitimer les contestations et à réaffirmer l’autorité de l’État face à ce qu’il qualifie de « leaders politiques irresponsables ».
Le message est double : rassurer sur la solidité institutionnelle du Cameroun et poser des limites claires à la contestation politique, désormais assimilée à une menace pour l’unité nationale et la stabilité.
Sécurité et ordre : un durcissement du ton
Sur le plan sécuritaire, le Président adopte un ton nettement plus ferme que par le passé. S’il salue les avancées observées dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, il insiste sur la persistance de l’indiscipline, de l’impunité et de la violence, y compris dans les discours publics.
L’annonce d’une « reprise en main vigoureuse » marque un durcissement assumé de la doctrine sécuritaire et de gouvernance. Le pouvoir exécutif se présente comme le garant ultime de l’ordre républicain, au moment où les tensions sociales et politiques restent latentes.
Économie : un discours de résilience plus que de transformation
Sur le volet économique, Paul Biya privilégie un discours de résilience macroéconomique. Il met en avant les réformes structurelles, la maîtrise de l’inflation, l’augmentation du budget d’investissement et la poursuite des grands projets.
La reprise en main d’ENEO et la mise en service du barrage de Nachtigal sont présentées comme des symboles de souveraineté énergétique retrouvée. Toutefois, le discours reste prudent : il reconnaît implicitement que les retombées sociales de ces investissements ne sont pas encore pleinement perceptibles pour les populations.
Infrastructures et services sociaux : répondre au malaise quotidien
Routes dégradées, accès à l’eau potable, électricité, santé et éducation : le Chef de l’État touche ici aux préoccupations concrètes du quotidien, souvent au cœur des frustrations populaires. L’annonce d’un programme spécial de réhabilitation routière constitue l’un des engagements les plus attendus, tant l’état du réseau routier est devenu un enjeu économique et social majeur.
Cependant, ces annonces s’inscrivent davantage dans une logique de rattrapage que de réforme structurelle profonde.
Jeunesse et femmes : le virage le plus politique du discours
La priorité affichée en faveur des jeunes et des femmes constitue le segment le plus stratégique du discours. L’annonce d’une enveloppe de 50 milliards de FCFA pour financer des projets portés par les jeunes en 2026 est un signal fort, à la fois économique et politique.
Dans un contexte de pression démographique, de chômage élevé et de désenchantement d’une partie de la jeunesse, Paul Biya tente de réinvestir ce champ politique sensible, tout en précisant que le mérite, la compétence et la probité resteront les critères déterminants d’accès aux responsabilités.
Un appel appuyé au vivre-ensemble
Enfin, le discours consacre une place centrale à la lutte contre les discours de haine et le repli identitaire. Le Président insiste sur la diversité camerounaise comme richesse stratégique, à préserver dans un contexte médiatique et numérique qu’il juge de plus en plus toxique.
Ce passage résonne comme un avertissement clair à certains acteurs politiques, communautaires ou médiatiques, accusés d’attiser les divisions à des fins partisanes.
En définitive, ce discours de Paul Biya ne marque pas une rupture, mais plutôt une réaffirmation de la ligne politique du régime : stabilité avant tout, réformes progressives, autorité de l’État, et recentrage sur la jeunesse pour préparer l’avenir. Le défi majeur du nouveau septennat restera la traduction concrète de ces engagements dans le quotidien des Camerounais, au-delà des grands équilibres macroéconomiques et des annonces structurantes.
Si le ton est volontairement rassurant, l’exécutif sait désormais qu’il est attendu sur des résultats tangibles, visibles et rapides, dans un contexte social plus exigeant que jamais.
Ange NGO