Dans une déclaration relayée par le journal The Guardian, le religieux critique frontalement l’implication militaire américaine. Selon lui, la lutte contre le terrorisme sert de façade à des agendas plus obscurs.
« Les terroristes ne combattent pas d’autres terroristes. Ils tuent des innocents, avec des motivations cachées derrière cette mise en scène de lutte antiterroriste », a-t-il affirmé.
Cheikh Gumi estime que le Nigeria a commis une erreur stratégique en acceptant l’intervention des États-Unis. Il soutient que si Abuja a besoin d’un appui militaire, des pays comme la Chine, la Turquie ou le Pakistan seraient capables de fournir une assistance plus efficace, sans arrière-pensée impérialiste.
« L’implication des États-Unis attirera de véritables forces anti-américaines et transformera notre pays en champ de bataille », a-t-il averti, dénonçant également un risque de polarisation religieuse sous couvert de la protection des chrétiens.
Une coopération militaire assumée par Abuja
Ces déclarations interviennent après l’annonce par le président américain Donald Trump d’une frappe qualifiée de « puissante et meurtrière » contre des combattants de l’État islamique opérant au Nigeria. Les autorités nigérianes ont rapidement confirmé l’existence d’une coopération militaire avec Washington.
Le directeur de l’information du ministère nigérian de la Défense, le général Samaila Uba, a précisé qu’il s’agissait d’une opération conjointe, menée sur la base de renseignements collectés par les services nigérians. De son côté, le ministère des Affaires étrangères a évoqué une « coopération stratégique avec les États-Unis dans l’échange de renseignements et d’autres formes de collaboration, conformément au droit international ».
Des frappes décisives mais controversées
Selon le quotidien Vanguard, les frappes américaines ont permis de déjouer des attentats en préparation dans au moins quatre États : Sokoto, Zamfara, Niger et Katsina. Des sources militaires nigérianes parlent d’une opération « très réussie ».
« Nous avons fourni les cibles, ils ont effectué les frappes. Nous procédons maintenant à un ratissage », a confié une source sécuritaire.
Les renseignements recueillis avant l’opération faisaient état d’un important regroupement de combattants armés venus du Sahel, notamment du Mali et du Burkina Faso, avec l’intention de lancer des incursions meurtrières dans le nord du Nigeria.
Sur le terrain, cependant, la situation demeure confuse. La chaîne Arise TV rapporte que les zones de Tangaza et Tambuwal, dans l’État de Sokoto, ont été frappées par des drones américains, plongeant les populations locales dans la panique. Des habitants évoquent également le passage d’objets volants non identifiés après l’annonce de Donald Trump.
Le journal Punch fait état, quant à lui, d’une frappe par missiles inconnus sur la localité d’Offa, dans l’État de Kwara, à près de 500 kilomètres de Sokoto. Un expert en sécurité, cité anonymement, affirme que des missiles Tomahawk auraient été tirés depuis un navire de guerre américain positionné dans le golfe de Guinée.
Entre sécurité et souveraineté
Pour cheikh Ahmad Gumi, le Nigeria devrait immédiatement mettre fin à toute coopération militaire avec les États-Unis, qu’il accuse de tendances impérialistes. Il appelle les autorités à se tourner vers des partenaires qu’il juge plus neutres et respectueux de la souveraineté nationale.
« Les Nigérians sont trop instruits pour se laisser manipuler », a-t-il conclu.
Alors que les autorités défendent une coopération sécuritaire jugée nécessaire face à la menace terroriste transfrontalière, le débat reste entier sur les conséquences à long terme de l’intervention américaine dans la région.
US Airstrikes in Nigeria Spark Fears of an “Imported War”, Says Prominent Islamic Cleric
US airstrikes against terrorist targets in northern Nigeria have sparked intense debate across the country. Prominent Islamic cleric Sheikh Ahmad Gumi has warned that American military involvement could turn Nigeria into a new theater of war, attract anti-US forces, deepen religious polarization, and undermine national sovereignty. He argues that Nigeria should end military cooperation with Washington and seek assistance from neutral partners such as China, Turkey, or Pakistan.
Nigerian authorities, however, have defended the operation, confirming that it was conducted jointly with the United States based on Nigerian intelligence. According to military sources, the strikes disrupted planned terrorist attacks in several states, including Sokoto, Zamfara, Niger, and Katsina, and targeted militants arriving from the Sahel region.
Reports from local and international media describe drone and missile strikes in parts of Sokoto and Kwara states, causing panic among residents. While the government emphasizes security gains, the controversy highlights a growing national debate over foreign military involvement, counterterrorism strategy, and the balance between security and sovereignty in Nigeria.
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Moussa Nassourou