Affaire Anicet Ekane : La famille défie la gendarmerie et exige une enquête indépendante

Affaire Anicet Ekane : La famille défie la gendarmerie et exige une enquête indépendante

Cameroun : Le clan Ekane rejette la convocation militaire et exige la lumière

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La défiance est totale. La veuve et les neveux d’Anicet Georges Ekane, décédé brutalement le 1er décembre dernier au Centre Médical de la Gendarmerie Nationale, viennent de signifier un refus cinglant aux autorités militaires. Ils ne déféreront pas à la convocation du colonel Issiaka à Yaoundé. Par la voix de leurs avocats, Maîtres Emmanuel Simh Hyppolite Meli, la famille rejette catégoriquement l’enquête menée par la gendarmerie et exige la création d’une commission d’enquêtes indépendante et publique.


Dans un courrier officiel adressé au Secrétariat d’État à la Défense (SED), en charge de la gendarmerie, les conseils de la famille, mandatés par la veuve, Mme Sogue Jeanne Edwige, et les autres ayants droit, posent un acte de courage et de défiance rare. Ils donnent acte de leur mandat, mais assortissent leur démarche d’une condition sine qua non : la décharge de la Gendarmerie Nationale de toute enquête sur cette affaire.


Le ton est ferme, la logique implacable. « Compte tenu des circonstances particulières qui entourent le décès suspect de leur parent dans un camp militaire confié à la Gendarmerie Nationale, et dans leur douleur, ils ne se sentent pas motivés à se rendre dans les locaux quelconques de la Gendarmerie », écrivent les avocats. Pour la famille Ekane, l’institution suspectée d’être impliquée dans la mort d’Anicet Ekane, alors en privation de liberté, ne peut en être l’enquêteur. C’est une question de crédibilité et de justice.


Face à ce qu’ils qualifient de « décès suspect », les proches de la victime ne réclament pas des ajustements, mais un changement radical de procédure. Ils sollicitent officiellement la mise en place d’une « Commission Indépendante d’enquêtes rendue publique, et conduite par des personnalités assermentées compétentes et crédibles ».


Cette demande sonne comme un défi lancé aux autorités. Elle met en lumière une défiance profonde d’une partie de la population envers les mécanismes internes de l’institution militaire pour traiter des affaires sensibles. L’affaire Ekane, au-delà du drame familial, prend une dimension sociétale et politique. Elle pose une question cruciale : qui peut enquêter de manière crédible sur les forces chargées de faire respecter la loi ?


La balle est désormais dans le camp des plus hautes autorités de la défense. Accepteront-elles de céder à la pression de la famille et de l’opinion publique en ordonnant une enquête externalisée ? Ou bien maintiendront-elles le cadre strict de l’enquête militaire interne ? La réponse déterminera non seulement le cours de la quête de vérité pour la famille Ekane, mais aussi le niveau de confiance dans les institutions en charge de la justice.




 Cameroon: Ekane Family Defies Military Summons, Demands Independent Inquest


Cameroon: The Ekane Clan Rejects Military Summons and Demands an Independent Investigation


Defiance is absolute. The widow and nephews of Anicet Georges Ekane, who died suddenly on December 1st at the National Gendarmerie Medical Center, have issued a sharp rebuke to military authorities. They will not comply with the summons from Colonel Issiaka in Yaoundé. Through their lawyers, Emmanuel Simh and [Second lawyer's name if available], the family categorically rejects the investigation led by the gendarmerie and demands the establishment of an independent, public commission of inquiry.


In an official letter addressed to the Secretariat of State for Defense (SED), in charge of the gendarmerie, the family's counsel, mandated by the widow, Mrs. Sogue Jeanne Edwige, and other heirs, have taken a rare act of courage and defiance. They acknowledge their mandate but attach a non-negotiable condition: the removal of the National Gendarmerie from any investigative role in this matter.


The tone is firm, the logic inexorable. "Given the particular circumstances surrounding the suspicious death of their relative in a military camp under the responsibility of the National Gendarmerie, and in their grief, they do not feel motivated to attend any Gendarmerie premises," the lawyers wrote. For the Ekane family, the institution suspected of involvement in Anicet Ekane's death while in custody cannot be its own investigator. It is a question of credibility and justice.


Faced with what they call a "suspicious death," the victim's relatives are not asking for adjustments but a radical change in procedure. They officially request the establishment of a "public, Independent Commission of Inquiry, conducted by competent and credible sworn personalities."


This demand is a challenge to the authorities. It highlights a deep distrust among part of the population towards the internal mechanisms of the military institution for handling sensitive cases. The Ekane affair, beyond the family tragedy, is taking on a societal and political dimension. It raises a crucial question: who can credibly investigate the forces tasked with upholding the law?


The ball is now in the court of the highest defense authorities. Will they yield to pressure from the family and public opinion by ordering an externalized investigation? Or will they maintain the strict framework of the internal military inquiry? The answer will not only determine the course of the quest for truth for the Ekane family but also the level of trust in the institutions responsible for justice.



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Didier Cebas K.

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