Présidentielle 2025 : Abdouraman Hamadou Babba et les ?12 du 12?, autopsie d?un scrutin qui a fissur? le systême

Présidentielle 2025 : Abdouraman Hamadou Babba et les ?12 du 12?, autopsie d?un scrutin qui a fissur? le systême

Par-del? la peur, les urnes ont parl?. Dans une tribune sans concession, Abdouraman Hamadou Babba livre ce qu?il appelle ses ? 12 du 12 ? : douze le?ons tir?es de l??lection présidentielle du 12 octobre 2025. Un scrutin organis? dans un climat lourd, parfois macabre, mais qui, selon lui, a lev? les derniers voiles sur la m?canique du pouvoir, la maturit? du peuple camerounais et les perspectives r?elles de l?alternance.

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Candidat déclaré sous la bannière de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), Abdouraman Hamadou Babba avait vu sa candidature recalée successivement par ELECAM puis par le Conseil constitutionnel. Une exclusion qui n’a visiblement pas étouffé sa voix, bien au contraire.


Mobilisation électorale : l’opposition a trouvé la clé


Première certitude issue du scrutin : les campagnes d’inscription sur les listes électorales et de sensibilisation n’étaient ni vaines ni inutiles. Les nouvelles inscriptions ont, dans leur écrasante majorité, bénéficié à l’opposition. De même, la surveillance citoyenne du vote a permis de réduire certaines fraudes tout en exposant au grand jour les nombreuses irrégularités du processus.


ELECAM et Conseil constitutionnel : les derniers doutes levés


Pour Abdouraman Hamadou Babba, la présidentielle du 12 octobre 2025 a définitivement dissipé toute ambiguïté sur le rôle d’ELECAM et du Conseil constitutionnel. Les deux institutions apparaissent désormais, aux yeux d’une large frange de l’opinion, comme des instruments travaillant de concert au service du pouvoir en place, en violation manifeste de l’esprit et de la lettre de la Constitution.


La méthode de manipulation des résultats, longtemps soupçonnée, aurait été clairement identifiée : des procès-verbaux dont les pages centrales, contenant les chiffres décisifs, sont sans signatures, facilement détachables et donc remplaçables.


Un peuple politiquement mûr, un paysage clarifié


Contrairement aux clichés entretenus, les Camerounais ont démontré une réelle maturité politique. Malgré un environnement volontairement brouillé, ils ont opéré un choix massif et cohérent en faveur du candidat incarnant, selon eux, leurs aspirations du moment.


Conséquence directe : l’échiquier politique national est désormais plus lisible. Les lignes de fracture sont nettes. Le flou artistique entretenu par certains acteurs a cédé la place à une distinction claire entre pouvoir et opposition. « Qui est qui » et « qui joue à quoi » ne relèvent plus du mystère.


Le RDPC n’est plus invincible dans les urnes


Autre enseignement majeur : malgré l’appui d’ELECAM, du Conseil constitutionnel et l’usage massif des moyens de l’État, le RDPC et son candidat ne sont pas invincibles électoralement. Le vote du 12 octobre a prouvé qu’un rapport de force réel peut s’installer dans les urnes.


La question ethnique mise à nu


L’un des passages les plus sensibles de la tribune concerne l’ethnicisation assumée du jeu politique. Abdouraman Hamadou Babba évoque un pouvoir qui s’appuierait sur un socle ethnique clairement identifié, citant notamment des banderoles de campagne à Yaoundé appelant explicitement les Ekangs à voter Paul Biya, ainsi que des arrestations et violences ciblées contre des ressortissants du Grand-Nord et de l’Ouest, perçus comme une menace politique.


Une mobilisation nationale… et internationale


Contrairement à une lecture réductrice, la volonté de changement exprimée le 12 octobre 2025 n’émane pas seulement du Grand-Nord et de l’Ouest. Elle traverse l’ensemble du territoire, y compris la région du Sud, longtemps présentée comme un bastion imprenable du RDPC.


Cette expression massive n’a pas laissé la communauté internationale indifférente. Pays africains, Union européenne et États-Unis auraient, selon l’auteur, clairement perçu le message envoyé par le peuple camerounais.


Réseaux sociaux et diaspora : les nouveaux centres de gravité


Le scrutin a également confirmé le rôle central des réseaux sociaux, devenus de véritables leviers de mobilisation politique, supplantant les médias traditionnels. La diaspora camerounaise, largement acquise à l’opposition, s’affirme plus que jamais comme un acteur politique et financier majeur.


L’alternance n’est plus une illusion


Dernière leçon, et non des moindres : ceux qui ont misé sur la voie électorale pour provoquer l’alternance n’avaient pas tort. Si le changement n’est pas encore effectif, le vote massif et clair du 12 octobre 2025 a profondément déstabilisé le régime, aujourd’hui englué dans une crise de légitimité durable.


En post-scriptum, Abdouraman Hamadou Babba assume une satisfaction personnelle : la clarification du jeu politique. « La scène est désormais débarrassée de certains agitateurs », écrit-il, comme pour signifier que l’histoire politique du Cameroun vient de tourner une page.




Presidential Election 2025: Abdouraman Hamadou Babba’s “12 Lessons from October 12” and the Cracks in Cameroon’s Political System


In a blunt and uncompromising statement, Abdouraman Hamadou Babba outlines twelve key lessons drawn from Cameroon’s October 12, 2025 presidential election. Despite a tense and sometimes deadly context, the vote, he argues, exposed the inner workings of the regime, revealed the political maturity of Cameroonians, and seriously weakened the ruling system.


A former UPC candidate whose bid was rejected by ELECAM and the Constitutional Council, Babba insists that voter registration campaigns benefited the opposition, electoral fraud mechanisms were exposed, and state institutions acted in concert to protect the status quo.


He highlights a clearer political landscape, the erosion of the RDPC’s electoral invincibility, the open ethnicization of politics, the decisive role of social media and the diaspora, and growing international attention to the Cameroonian people’s will.


While alternation has not yet materialized, Babba concludes that the massive and clear vote of October 12, 2025 has destabilized the regime and marked a decisive turning point in Cameroon’s political struggle.


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Ange NGO

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