Pour le député de l’opposition, le Cameroun vit aujourd’hui l’une des crises politiques les plus graves de son histoire récente, née de la proclamation du président sortant Paul Biya comme vainqueur d’un scrutin fortement contesté. Une crise qui, selon lui, n’est ni accidentelle ni imprévisible : elle serait le fruit d’un « processus électoral volontairement saboté » par les institutions chargées de garantir sa transparence — ELECAM, le Conseil constitutionnel, la justice, ainsi que le ministre de l’Administration territoriale.
“Des dizaines de Camerounais tués par balles”
Nintcheu dénonce une répression « d’une brutalité inacceptable ».
Selon lui, des dizaines de citoyens ont été abattus par des tirs de policiers, de gendarmes et possiblement de militaires. Le nombre exact reste controversé entre les chiffres du gouvernement — jugés “minimisés” — et ceux avancés par les avocats des victimes, les ONG, la société civile et même des instances onusiennes.
À ces morts s’ajoutent un nombre important de blessés, encore non établi par des sources indépendantes, ainsi que des destructions massives de biens publics et privés. Un préjudice humain et matériel colossal, que Nintcheu estime parfaitement évitable.
Un Parlement “coupable par inertie” ?
Face à ce climat qu’il décrit comme « explosif et ensanglanté », le député accuse certains responsables publics d’“arrogance” et de “désinvolture” alors que la communauté internationale suit désormais le dossier avec inquiétude.
S’adressant à ses collègues députés, il les interpelle frontalement :
“Le Parlement représente le peuple, pas un parti politique ni le Gouvernement. Refuser cette commission serait une trahison nationale.”
L’honorable rappelle le précédent de la crise anglophone :
- le refus du Parlement d’ouvrir une enquête à ses débuts aurait laissé la situation dégénérer en un conflit armé meurtrier qui dure depuis neuf ans.
- Il met en garde : répéter la même erreur aujourd’hui pourrait conduire, selon lui, à “l’implosion du pays”.
Les objectifs de l’enquête parlementaire demandée
Nintcheu demande la création en urgence d’une commission chargée d’établir :
- La vérité sur la sincérité des résultats officiels de la présidentielle du 12 octobre.
- Le nombre réel de morts par balles et les circonstances exactes des tirs.
- Les allégations d’arrestations arbitraires, de tortures, d’existences de milices, de centres de détention clandestins.
- Les responsabilités liées à l’inaction de la justice et de la Commission des droits de l’homme.
Une démarche qu’il estime vitale pour la survie de la Nation, la crédibilité des institutions et la paix démocratique.
Un appel solennel à tous les députés
Dans sa conclusion, Nintcheu appelle ses pairs, tous partis confondus, à “choisir le Cameroun plutôt que leurs loyautés politiques ou leurs avantages personnels”.
“C’est la Nation qui est menacée”, écrit-il. “L’Histoire jugera chacun.”
Le débat est désormais ouvert : le Parlement osera-t-il enquêter sur l’élection la plus contestée de l’ère Biya ?
Post-election turmoil: MP Nintcheu demands urgent parliamentary inquiry into the “truth” of the October 12 presidential results
Cameroonian opposition MP Jean Michel Nintcheu has officially petitioned National Assembly Speaker Cavaye Yéguié Djibril for the immediate creation of a Parliamentary Commission of Inquiry to investigate the credibility of the October 12, 2025 presidential election results and the violent crackdown that followed.
Nintcheu accuses key state institutions — ELECAM, the Constitutional Council, the judiciary and the Minister of Territorial Administration — of deliberately engineering a flawed process that led to the current political crisis after the Constitutional Council declared President Paul Biya the winner.
He denounces the “brutal repression” that reportedly left dozens of civilians shot dead, with the government accused of downplaying the death toll despite contradicting figures from NGOs, lawyers and UN bodies. Numerous injuries and extensive property damage have also been reported.
The MP warns that refusing to open this inquiry would repeat the tragic mistake made during the early days of the Anglophone crisis, which later escalated into a deadly conflict.
Nintcheu urges all MPs, regardless of political affiliation, to act in the interest of the Nation and not of the ruling elite.
“History will judge us,” he warns.
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Ange NGO