Cameroun : Le pari électrique de 2026 en sursis ? Six mini-centrales solaires promises, mais Eneo ?touffe sous les dettes.

Cameroun : Le pari électrique de 2026 en sursis ? Six mini-centrales solaires promises, mais Eneo ?touffe sous les dettes.

C?est un projet qui s?annonce comme une bouff?e d?oxyg?ne pour le r?seau électrique camerounais. Le gouvernement, via son Compact ?nergie national, table sur l?année 2026 pour booster son parc de centrales hybrides.

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L’objectif ? Injecter 7,2 mégawatts crêtes (MWc) de nouvelle capacité solaire en hybridant six centrales thermiques isolées situées à Banyo, Touboro, Ngaoundal, Yoko, Yokadouma et Moloundou. Une ambition salutaire, mais qui se heurte une fois de plus à un mur bien connu : la santé financière précaire du maître d'ouvrage, Eneo.


Le feu vert dans deux mois, vraiment ?


Le calendrier officiel est pourtant clair. Le document stratégique de l'État stipue qu'Eneo doit attribuer les contrats pour ces six mini-centrales « d’ici fin 2025 ». En clair, dans à peine deux mois. Une échéance serrée qui laisse peu de place aux aléas, surtout quand le principal acteur concerné navigue en eaux troubles.



La question du financement, éludée dans le Compact, plane comme une ombre sur le projet. La raison est simple : Eneo, l'opérateur historique contrôlé par le fonds britannique Actis, est asphyxié par les dettes. À la fin de l'année 2024, son endettement global frôlait le vertigineux seuil de 800 milliards de FCFA, dont 500 milliards dus à ses propres fournisseurs. Une situation financière "fragile" qui, selon le document, n'a pas connu d'amélioration significative en 2025. De quoi faire froid dans le dos et raviver le spectre des promesses non tenues.


Un scénario qui se répète ?


Car l'histoire est en passe de se répéter. En 2022 déjà, Eneo avait annoncé le lancement des travaux d'hybridation pour quatre de ces centrales. Finalement, le projet était tombé à l'eau, "certainement faute de moyens financiers", peut-on lire entre les lignes. Cette nouvelle annonce pour 2026 suscite donc un mélange d'espoir et de scepticisme. Le Cameroun peut-il se permettre un nouvel échec dans sa quête d'énergie durable ?


L'hybridation, une solution gagnante... si elle voit le jour


Malgré les doutes, le modèle hybride thermique-solaire reste une solution pertinente pour les localités isolées. Un cadre d'Eneo l'explique : « Nous injectons en journée du solaire et du thermique. Les gains en carburant réalisés servent le soir à couvrir la demande. En plus, on réduit l'usure des groupes thermiques, ce qui limite les pannes et améliore la disponibilité. » Une optimisation qui permet de réduire les coûts d'exploitation et de sécuriser l'alimentation.



Lancé en 2018 avec la centrale de Djoum, le programme d'hybridation a depuis vu deux autres sites (Lomié et Garoua-Boulaï) bénéficier de cette technologie. L'extension à six nouvelles localités serait donc une étape majeure. Reste à savoir si Eneo, plombé par son passif financier, aura les moyens de ses ambitions. La balle est désormais dans le camp de l'opérateur et de l'État pour débloquer une situation qui conditionne l'avenir énergétique de plusieurs régions.

 




Cameroon's 2026 Power Gambit in Jeopardy? Six Promised Solar Mini-Plants, But Eneo Buried in Debt.


The Cameroonian government, through its National Energy Compact, is targeting 2026 to boost its hybrid power plant fleet. The goal is to inject 7.2 megawatts peak (MWp) of new solar capacity by hybridizing six isolated thermal power plants in Banyo, Touboro, Ngaoundal, Yoko, Yokadouma, and Moloundou. A laudable ambition that once again faces a well-known obstacle: the precarious financial health of the project owner, Eneo.



The official schedule is clear: Eneo must award the contracts for these six mini-plants "by the end of 2025." A tight deadline with little room for error, especially for a company in dire straits. The funding question, omitted from the Compact, looms large. Eneo, the historic operator controlled by the British fund Actis, is suffocating under a staggering debt of nearly 800 billion CFA francs as of late 2024.



This is a familiar story. In 2022, Eneo announced a similar launch for four of these plants, which ultimately failed, likely due to a lack of funds. This new 2026 announcement thus sparks a mix of hope and skepticism.



Despite the doubts, the hybrid model is a winning solution for isolated areas. It saves on fuel costs, reduces generator wear and tear, and improves energy supply security. While the program started in 2018 with the Djoum plant and has since added two more sites, expanding to six new locations would be a major step. The question remains: will Eneo, burdened by its debt, have the means to match its ambitions? The ball is now in the court of the operator and the state to unlock a situation critical to the energy future of several regions.

 


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Mouahna Divine 

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