AES : Souverainet? judiciaire, bras de fer diplomatique et recomposition stratégique au Sahel

AES : Souverainet? judiciaire, bras de fer diplomatique et recomposition stratégique au Sahel

L?Alliance des états du Sahel (AES) continue de tracer sa propre voie sur l??chiquier africain et international. En l?espace de quelques jours, Niamey, Bamako et Ouagadougou ont multipli? les décisions fortes : dissolution massive de soci?t?s de s?curit? priv?es au Niger, volont? commune de cr?er une cour p?nale sah?lienne, tensions diplomatiques avec la France et renforcement de la coopération r?gionale.

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Au Niger, près de 400 entreprises de sécurité privée ont été dissoutes par arrêté du général Mohamed Toumba, ministre d’État de l’Intérieur. Selon ActuNiger, cette décision vise à mettre fin à des « années de flottement juridique et de désordre dans un secteur aussi sensible que stratégique ». Déjà en juin 2024, trois sociétés – Securicom, GADNET Sécurité et Manga Sécurité – avaient été suspendues pour manquements graves. Un décret signé en février par le président Abdourahamane Tiani fixe désormais de nouvelles règles strictes : autorisation limitée à cinq ans, enquête de moralité pour les dirigeants, encadrement du port d’armes et interdiction d’exercer des missions régaliennes réservées aux forces de sécurité.



Dans le même temps, les trois États de l’AES affichent leur volonté de rompre avec la Cour pénale internationale (CPI), jugée instrumentalisée contre les Africains. Pour Abdourahamane Chegou, rédacteur en chef de l’Agence nigérienne de presse, la CPI « s’est transformée en un outil de répression au service d’un ordre impérialiste ». À Niamey, les ministres de la Justice du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont acté leur projet de créer une Cour pénale sahélienne des droits de l’homme (CPS-DH). Cette nouvelle juridiction devra juger les crimes internationaux, les crimes terroristes et les réseaux criminels transfrontaliers dans la région.



Sur le front diplomatique, le bras de fer s’intensifie avec Paris. La France a suspendu sa coopération antiterroriste avec le Mali après l’arrestation d’un employé de son ambassade à Bamako, accusé d’activités d’espionnage. En représailles, deux diplomates maliens ont été expulsés de France, tandis que Bamako a riposté en déclarant cinq diplomates français personae non gratae.



Parallèlement, le Mali renforce ses alliances africaines. Bamako a inauguré l’ambassade du Soudan, marquant un nouveau jalon dans la coopération Sud-Sud et la volonté des pays sahéliens de s’affranchir des influences étrangères.



Enfin, un geste symbolique est venu de la Cédéao : Julius Maada Bio, président sierra-léonais et actuel président en exercice de l’organisation, s’est rendu au Burkina Faso. Il devient ainsi le premier dirigeant de la Cédéao à rencontrer officiellement un chef d’État de l’AES depuis leur retrait de l’organisation. Ce rapprochement pourrait ouvrir une nouvelle ère de dialogue dans un Sahel en pleine recomposition.



Entre quête de souveraineté, affirmation judiciaire et tensions diplomatiques, l’AES s’impose plus que jamais comme un acteur central dans la redéfinition des équilibres régionaux et internationaux.



 




AES: Judicial Sovereignty, Diplomatic Tensions, and Strategic Realignment in the Sahel


The Sahel Alliance States (AES) are charting an independent course on the African and global stage. In just a few days, Niamey, Bamako, and Ouagadougou have taken bold actions: mass dissolution of private security companies in Niger, plans to establish a Sahelian criminal court, diplomatic tensions with France, and stronger regional partnerships.



In Niger, nearly 400 private security firms were dissolved by order of General Mohamed Toumba, Minister of State for Interior Affairs. According to ActuNiger, this decision seeks to end “years of legal loopholes and disorder in such a sensitive sector.” Back in June 2024, three companies – Securicom, GADNET Sécurité, and Manga Sécurité – were suspended for serious breaches. A decree signed in February by President Abdourahamane Tiani now imposes strict rules, including five-year renewable licenses, background checks for company heads, tighter firearms regulations, and bans on missions reserved for state security forces.



Meanwhile, AES countries are moving to withdraw from the International Criminal Court (ICC), which they denounce as biased against Africans. Nigerien journalist Abdourahamane Chegou argued the ICC has become “a tool of repression serving imperialist interests.” Ministers of Justice from Mali, Niger, and Burkina Faso recently met in Niamey, where they announced plans to establish a Sahelian Human Rights Criminal Court (CPS-DH). This new institution will prosecute international crimes, terrorism, and organized crime across AES territories.



Diplomatic friction with France is also escalating. Paris suspended its counter-terrorism cooperation with Mali following the arrest of a French embassy employee accused of espionage. France expelled two Malian diplomats in retaliation, while Bamako declared five French diplomats persona non grata.



At the same time, Mali inaugurated Sudan’s new embassy in Bamako, signaling deeper South-South cooperation and a pivot away from Western influence.



Adding a regional twist, Sierra Leonean President Julius Maada Bio – current ECOWAS chairman – became the first ECOWAS leader to visit an AES country since their withdrawal from the bloc. His meeting with Burkina Faso’s leader Ibrahim Traoré may open new channels for dialogue in a Sahel undergoing rapid transformation.



From judicial sovereignty to diplomatic standoffs, the AES is emerging as a decisive force reshaping regional and global dynamics.

 


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Moussa Nassourou

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