Dans un revirement stratégique spectaculaire, les États-Unis, sous l'administration Trump, déploient une nouvelle offensive dans le Sahel. Son arme de prédilection ? Une « diplomatie commerciale » audacieuse, qui lie directement lutte antiterroriste et accès aux précieuses ressources minières de la région. Selon des informations de France 24, Washington négocierait avec les juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger un soutien militaire ciblé contre les groupes jihadistes, en échange de contrats juteux pour ses entreprises sur les gisements d'or et de lithium.
Une approche qui contraste radicalement avec la position adoptée après les putschs successifs survenus entre 2020 et 2023, qui avaient conduit à la suspension de l'aide américaine traditionnelle. Aujourd'hui, les diplomates US sont de retour dans les capitales sahéliennes, porteurs d'une proposition à la fois simple et percutante.
« Tuer les chefs jihadistes » contre des mines
La chaîne française cite les propos édifiants d'Ulf Laessing, directeur du Programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer au Mali : « Washington a proposé de tuer les chefs des groupes jihadistes, en échange de l’accès des entreprises américaines au lithium et à l’or ». Une transaction sécuritaire à haut rendement, où les drones et le renseignement américain deviendraient la monnaie d'échange pour conquérir un marché minier extrêmement convoité.
L'enjeu économique est colossal. Le Mali et le Burkina Faso sont des producteurs d'or majeurs. Surtout, le Mali dispose d'immenses réserves de lithium, ce métal stratégique absolument essentiel à la fabrication des batteries de véhicules électriques et auquel l'industrie américaine cherche désespérément à s'approvisionner en dehors de la Chine. Le Niger, de son côté, possède l'un des plus importants gisements d'uranium au monde.
Diplomates et responsables US en mission
Pour concrétiser cette nouvelle stratégie, Washington a dépêché sur le terrain plusieurs émissaires de haut rang. Parmi eux, Rudolph Atallah, directeur adjoint principal chargé de la lutte contre le terrorisme à la Maison-Blanche, et William Stevens, sous-secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique de l’Ouest. Leur mission : négocier ce nouveau pacte des temps modernes avec les régimes militaires, qui cherchent à la fois une légitimité sécuritaire et des partenaires économiques moins regardants sur la nature de leur gouvernance.
Cette offensive américaine risque de rebattre les cartes dans une région où l'influence de la France et de l'Europe s'est considérablement érodée, et où la Russie, via le groupe Wagner, a su monnayer son propre modèle de sécurité contre des accès miniers. Le Sahel est plus que jamais le théâtre d'une guerre de l'ombre où le terrorisme sert de prétexte à une bataille bien plus tangible : celle des ressources.
Sahel: Trump's New "Diplomacy" – Security in Exchange for Lithium and Gold
The US offers counterterrorism support to Sahel juntas in exchange for privileged access for its companies to gold and lithium mines, France 24 reports.)
Bamako, Niamey, Ouagadougou – In a dramatic strategic U-turn, the United States, under the Trump administration, is launching a new offensive in the Sahel. Its weapon of choice? A bold "trade diplomacy" that directly links counterterrorism support to access to the region's precious mineral resources. According to information from France 24, Washington is negotiating with the juntas in power in Mali, Burkina Faso, and Niger for targeted military support against jihadist groups, in exchange for lucrative contracts for its companies on gold and lithium deposits.
This approach is a radical contrast to the position adopted after the successive coups between 2020 and 2023, which led to the suspension of traditional US aid. Today, American diplomats are back in the Sahelian capitals, bearing a simple yet striking proposal.
"Kill Jihadist Leaders" for Mines
The French channel quotes the revealing statements of Ulf Laessing, Director of the Sahel Program at the Konrad Adenauer Foundation in Mali: "Washington proposed to kill the leaders of jihadist groups, in exchange for access for US companies to lithium and gold." A high-yield security transaction, where US drones and intelligence would become the currency to conquer a highly coveted mining market.
The economic stakes are enormous. Mali and Burkina Faso are major gold producers. Most importantly, Mali has vast reserves of lithium, a strategic metal absolutely essential for manufacturing electric vehicle batteries, which American industry is desperately seeking to source outside of China. Niger, on the other hand, has one of the world's most significant uranium deposits.
US Diplomats and Officials on a Mission
To materialize this new strategy, Washington has dispatched several high-ranking emissaries. Among them are Rudolph Atallah, Senior Deputy Director for Counterterrorism at the White House, and William Stevens, Deputy Assistant Secretary of State for West Africa. Their mission: to negotiate this new modern-day pact with the military regimes, which are seeking both security legitimacy and economic partners less concerned about the nature of their governance.
This American offensive is likely to reshuffle the cards in a region where the influence of France and Europe has significantly eroded, and where Russia, via the Wagner Group, has been able to trade its own security model for mining access. The Sahel is more than ever the scene of a shadow war where terrorism serves as a pretext for a much more tangible battle: that for resources.
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Moussa Nassourou
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