La scène politique guinéenne vient de subir un séisme aux relents de calcul politique. D'un coup de tampon administratif, le ministère de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation a suspendu, pour une durée de 90 jours, trois poids lourds de l'opposition : le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l'ex-président Alpha Condé, l'Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, et le Parti du renouveau et du progrès (PRP) de Rafiou Sow.
La raison officielle ? Un défaut de conformité à des « obligations prescrites », des détails administratifs que le communiqué gouvernemental, rapporté par Guinee360, ne précise pas. Mais le timing, lui, est on ne peut plus clair. Cette suspension tombe comme un couperet à quelques semaines seulement d'un référendum national sur une nouvelle constitution, prévu le 21 septembre – un projet au cœur d'une bataille féroce entre le pouvoir en place et une opposition qui le rejette farouchement.
Silence imposé
Le verdict du ministère est sans appel. Il est « expressément interdit » aux formations concernées de « tenir des manifestations ou tout autre acte de propagande politique ». Elles doivent « cesser immédiatement et intégralement l’exercice de leurs activités politiques sur l’ensemble du territoire national ». Un musellement pur et simple qui neutralise toute capacité de mobilisation dans la période cruciale qui précède le vote.
Le gouvernement se présente en simple gardien de la loi. Il accorde 90 jours aux partis pour « remédier aux violations constatées », sous peine de « mesures complémentaires » si les corrections sont jugées insuffisantes. Une procédure technique en apparence, mais dont les implications politiques sont colossales.
Un référendum sous tension
Cette décision est perçue par de nombreux observateurs comme une manœuvre destinée à asphyxier l'opposition dans l'ultime ligne droite avant le référendum. L'opposition, justement, avait déjà annoncé le lancement de manifestations anti-gouvernementales à partir du 5 septembre pour faire échouer l'adoption de la nouvelle loi fondamentale.
En suspendant ses principaux leaders, le pouvoir de la transition dirigé par le Colonel Mamady Doumbouya joue une carte risquée. Il pourrait bien, en cherchant à étouffer la contestation, jeter de l'huile sur le feu et exacerber les tensions dans un pays au passé politique already volatile.
La communauté internationale et les défenseurs de la démocratie en Afrique de l'Ouest ont désormais les yeux braqués sur Conakry. La suite des événements dira si cette suspension administrative est un simple rappel à l'ordre ou un instrument de verrouillage de l'espace politique à la veille d'une consultation décisive pour l'avenir de la Guinée.
Guinea: Power Play Against Opposition? Three Major Parties Suspended Ahead of Referendum
In a move with strong undertones of political calculation, Guinea's Ministry of Territorial Administration and Decentralization has suspended three major opposition parties for 90 days. The affected parties are the Rally of the Guinean People (RPG) of former President Alpha Condé, the Union of Democratic Forces of Guinea (UFDG) led by Cellou Dalein Diallo, and the Party of Renewal and Progress (PRP) of Rafiou Sow.
The official reason cited is a failure to comply with "prescribed obligations," administrative details the government communiqué did not specify. However, the timing is unmistakable. This suspension comes just weeks before a national referendum on a new constitution, scheduled for September 21 – a project at the heart of a fierce battle between the current transitional government and an opposition that fiercely rejects it.
The ministry's order is unequivocal. It is "expressly forbidden" for the concerned parties to "hold demonstrations or any other act of political propaganda." They must "immediately and completely cease the exercise of their political activities throughout the national territory." This effectively muzzles their ability to mobilize in the critical run-up to the vote.
While the government presents itself as a mere guardian of the law, granting 90 days to rectify the "violations," many observers see this as a maneuver to stifle opposition ahead of the crucial poll. The opposition had already announced plans to begin anti-government protests from September 5 to thwart the adoption of the new constitution.
By suspending its main leaders, the transitional government of Colonel Mamady Doumbouya is playing a risky card. In seeking to suppress dissent, it may well pour fuel on the fire and exacerbate tensions in a country with a already volatile political history. The international community is now watching Conakry closely.
Guinée, suspension partis opposition, RPG, UFDG, PRP, Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, référendum Guinée, nouvelle constitution guinéenne, gouvernement transition, Mamady Doumbouya, politique africaine, crise politique, manifestation Guinée, administration territoriale, Afrique de l'Ouest, actualité camerounaise, cameroun24
Moussa Nassourou
Le calendrier complet de la Can Féminine 2026
Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires