Malgré une trêve arrachée à Washington en juin, suivie d’une déclaration de paix signée à Doha le 19 juillet, les armes continuent de crépiter dans le Nord- et le Sud-Kivu.
Au cœur de cette crise, le Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion née en 2012 sur les cendres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), revendique la défense des intérêts des Tutsis congolais face à l’exclusion politique et aux menaces sécuritaires. Les combattants exigent l’intégration de leurs troupes dans l’armée nationale et des garanties de stabilité pour l’Est du pays.
D’après l’ONU, plus de deux millions de civils ont été contraints de fuir leur foyer depuis janvier, laissant derrière eux villages désertés et champs abandonnés. Depuis fin 2021, le M23, accusé par Kinshasa d’être soutenu par Kigali – ce que le Rwanda dément – a pris le contrôle de vastes pans de territoire, allant jusqu’aux capitales provinciales Goma et Bukavu.
Face à l’escalade, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) ont tenu un sommet extraordinaire, en visioconférence, pour créer un groupe de médiateurs de haut niveau. Y figurent des figures comme Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya), Catherine Samba-Panza (Centrafrique), Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Mokgweetsi Masisi (Botswana). Ils travailleront aux côtés du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, afin de tenter d’éteindre l’incendie qui embrase la région des Grands Lacs.
Pour l’heure, les mots peinent à remplacer les balles. Entre les ambitions politiques, les rivalités ethniques et les ingérences régionales, la paix en RDC reste suspendue… au bout du canon.
DRC: Peace Talks Stumble as M23 Rebels Push Forward Despite International Mediation
Mediation efforts led by U.S. President Donald Trump to end the bloody conflict in eastern Democratic Republic of Congo (DRC) appear to be faltering. Despite a ceasefire agreement reached in Washington in June and a peace declaration signed in Doha on July 19, fighting continues to rage in North and South Kivu.
At the heart of the crisis is the March 23 Movement (M23), a rebellion born in 2012 from the remnants of the National Congress for the Defense of the People (CNDP). Claiming to defend the interests of Congolese Tutsis against political exclusion and security threats, the group demands the integration of its fighters into the national army and guarantees for stability in the east.
According to the UN, more than two million civilians have fled their homes since January, leaving behind deserted villages and abandoned fields. Since late 2021, M23 – accused by Kinshasa of receiving support from Rwanda, which Kigali denies – has seized large swathes of territory, including the provincial capitals Goma and Bukavu.
In response, the Southern African Development Community (SADC) and the East African Community (EAC) held an extraordinary virtual summit to form a high-level mediation team, including prominent figures such as Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya), Catherine Samba-Panza (Central African Republic), Sahle-Work Zewde (Ethiopia) and Mokgweetsi Masisi (Botswana). They will work alongside Togolese President Faure Gnassingbé, the African Union’s appointed mediator, to try to quell the unrest in the Great Lakes region.
For now, words are struggling to replace bullets. Between political ambitions, ethnic rivalries and regional interference, peace in the DRC remains at the mercy of the gun.
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Didier Cebas K.
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