NE JOUONS PAS AVEC LE CAMEROUN
Le Cameroun a frôlé l’effondrement dans les années 1990-1992, période qualifiée d’« années de braise ». Deux événements majeurs ont marqué cette décennie critique : l’ouverture au multipartisme et la naissance du Social Democratic Front (SDF) à Bamenda. Face à la rue qui grondait, le Président Paul Biya a opposé des formules devenues symboliques : « Non à la Conférence nationale souveraine », « Me voici à Douala », « Lorsque Yaoundé respire, le Cameroun vit ».
Quel courage ! Quelle maîtrise de la communication politique en temps de crise ! Derrière cette gestion, une équipe fidèle et dévouée : Laurent Esso, René Emmanuel Sadi, Pierre Moukoko Mbonjo, Jacques Fame Ndongo, Jean Nkuete et bien d’autres. Des patriotes pour qui l’intérêt supérieur de la nation primait. Formés à l’école du silence, ils ont préféré l’action discrète aux déclarations tapageuses.
Trente-cinq ans plus tard, le constat est amer. Le multipartisme, voulu par Biya comme une avancée démocratique, peine à s’épanouir. Les pratiques politiques actuelles – accrochages au pouvoir, rivalités communautaires, manipulations électorales – trahissent-elles la vision du chef de l’État ? En 1990, Biya croyait en la maturité démocratique des Camerounais. Aujourd’hui, force est de se demander : avait-il tort, ou sommes-nous en train de saboter son héritage ?
Un pouvoir qui divise, une jeunesse qui exige le changement
Le spectacle désolant offert par les élites – entre conservatisme aveugle et ambitions démesurées – discrédite le Cameroun. La jeunesse, lucide, réclame un CHANGEMENT. Pour préserver la paix, les institutions électorales doivent agir avec impartialité. Dans un État de droit, « dire le droit » ne devrait pas être un défi.
Paul Biya, « mendiant de la paix », aspire à laisser l’image d’un homme qui a apporté la démocratie et le développement. Mais un héritage ne vaut que s’il est préservé. La paix exige plus que des discours : elle nécessite justice, équité et rejet des manipulations.
L’appel d’un magistrat engagé
Magistrat hors hiérarchie et ancien ministre, je rêve d’une Justice forte, garante de la cohésion sociale. Le Cameroun mérite mieux que les intrigues et les injustices. Prions pour la santé et pour la paix.
Michel Ange Angouing
Ngomdouma, le 28 juillet 2025
Cameroon: Is Paul Biya’s Democratic Legacy at Risk? A Call for Lasting Peace"
In the turbulent 1990-1992 period—dubbed the "years of embers"—Cameroon teetered on the brink of collapse. Two major events defined this era: the advent of multiparty politics and the birth of the Social Democratic Front (SDF) in Bamenda. Faced with nationwide protests, President Paul Biya responded with iconic phrases: "No to a Sovereign National Conference," "Here I am in Douala," "When Yaoundé breathes, Cameroon lives."
What courage! What mastery of political communication in a time of crisis! Behind this leadership stood loyal statesmen: Laurent Esso, René Emmanuel Sadi, Pierre Moukoko Mbonjo, Jacques Fame Ndongo, Jean Nkuete, and others. Patriots who prioritized the nation’s interests above all. Trained in the school of silence, they chose action over rhetoric.
Thirty-five years later, the results are troubling. Multipartism, envisioned by Biya as a democratic step forward, remains stunted. Today’s political landscape—clinging to power, ethnic rivalries, electoral fraud—raises a painful question: Was Biya wrong in 1990, or are we destroying his legacy?
A Divided Elite, A Youth Demanding Change
The unedifying power struggles among Cameroon’s elites—between entrenched privilege and reckless ambition—tarnish the nation’s image. The youth, disillusioned, demand CHANGE. To safeguard peace, electoral institutions must act impartially. In a rule-of-law state, upholding justice should not be a struggle.
Biya, the "beggar for peace," hopes to be remembered as the leader who brought democracy and development. But a legacy only endures if preserved. Peace requires more than words—it demands fairness, justice, and an end to manipulation.
A Magistrate’s Appeal
As a senior magistrate and former minister, I dream of a strong Judiciary, the cornerstone of social harmony. Cameroon deserves better than intrigue and injustice. Let us pray for health and for peace.
Michel Ange Angouing
Ngomdouma, July 28, 2025
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