Le ton est monté d’un cran entre Phnom Penh et Bangkok. Ce jeudi, le ministère cambodgien des Affaires étrangères a convoqué une réunion d’urgence avec les représentants diplomatiques étrangers pour évoquer la montée des tensions avec la Thaïlande. Une démarche qui intervient en pleine flambée de violence à la frontière entre les deux pays d’Asie du Sud-Est.
Selon le Khmer Times, cette rencontre vise à explorer des voies diplomatiques pour apaiser une crise qui, depuis le 28 mai, ne cesse de dégénérer. Ce jour-là, des soldats thaïlandais auraient ouvert le feu sur un poste militaire cambodgien situé dans le village de Techo Morokot, dans une zone disputée entre Preah Vihear (Cambodge) et Ubon Ratchathani (Thaïlande).
Depuis, les deux armées se font face, les armes à la main. Et la situation a empiré ce 24 juillet. Des affrontements violents ont éclaté dans la province cambodgienne d’Oddar Meanchey. D’après la porte-parole du ministère cambodgien de la Défense, le général Maly Socheata, une contre-offensive a été lancée pour repousser ce qu’elle qualifie « d’incursion armée thaïlandaise ». Elle affirme que « nos troupes contrôlent entièrement leurs positions sur toute la ligne de front ».
La Thaïlande, de son côté, a sorti l’artillerie lourde : des frappes aériennes auraient visé des positions tenues par les Cambodgiens. Le bilan humain est lourd. Le ministère thaïlandais de la Santé évoque 15 morts (dont un militaire) et 46 blessés. Les provinces de Surin, Sisaket et Ubon Ratchathani paient le plus lourd tribut.
Sur le plan diplomatique, la situation suscite l’inquiétude des grandes puissances. Le Conseil de sécurité de l’ONU a convoqué une réunion d’urgence à huis clos ce vendredi à 15h (heure locale), tandis que les États-Unis appellent à un cessez-le-feu immédiat.
« Nous sommes profondément préoccupés par la recrudescence de la violence », a déclaré Tommy Pigott, chef adjoint du service de presse du Département d’État américain, qui demande l’arrêt des hostilités et la protection des civils.
De leur côté, les deux gouvernements maintiennent des mesures de rétorsion : depuis le 7 juin, la Thaïlande a fermé tous ses points de passage avec le Cambodge, poussant Phnom Penh à adopter des sanctions similaires.
Alors que les combats se poursuivent pour le deuxième jour consécutif, une issue pacifique reste incertaine. Et le risque d’un embrasement régional inquiète plus d’un observateur.
Cambodia-Thailand Border Crisis Escalates: Clashes Intensify, UN and US Intervene
Tensions between Cambodia and Thailand have taken a deadly turn, with armed clashes reported along their disputed border since July 24. The Cambodian Ministry of Foreign Affairs called an emergency meeting with foreign ambassadors in Phnom Penh to address the root causes of the conflict and seek diplomatic solutions.
According to the Khmer Times, Cambodian forces launched a counter-offensive in Oddar Meanchey province in response to what they called a Thai military incursion. The Thai military confirmed air strikes on Cambodian positions, while Bangkok reported 15 deaths and 46 injuries.
The violence traces back to May 28, when Thai troops allegedly opened fire on a Cambodian outpost in the contested Techo Morokot area. The escalation led to both nations reinforcing their military presence and closing border crossings.
The UN Security Council will hold a closed-door emergency meeting on Friday, while the United States has urged for an immediate ceasefire and the protection of civilians.
As tensions rise, the path to peace appears increasingly fragile.
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Mouahna Divine
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