France-Afrique : la chute d?un empire stratégique ?

France-Afrique : la chute d?un empire stratégique ?

La fin d?un cycle. L?influence stratégique de la France en Afrique est désormais ? compl?tement n?gative ?, selon l?historien ?douard Husson.

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 Professeur à l’université de Cergy et fondateur de l’Institut Brennus, il s’exprimait récemment au micro de l’agence TASS, à la suite du retrait définitif des troupes françaises du Sénégal. Une sortie qui marque la fin de 65 ans de présence militaire tricolore dans ce pays ouest-africain, et symbolise la lente mais inexorable perte d’influence de Paris sur le continent.



    « Depuis l’arrivée de Macron au pouvoir, la France perd toute influence stratégique en Afrique », déplore Husson, pointant notamment « l’arrogance de Paris envers les Africains » et des erreurs structurelles profondes comme l’alignement du franc CFA sur l’euro. Une monnaie trop forte, dit-il, qui a miné la confiance des pays de la zone CFA envers la France.



Le départ des soldats français du Sénégal est une victoire politique pour le président Bassirou Diomaye Faye, nouvel homme fort de Dakar. À la différence de ses homologues du Mali, du Burkina Faso ou du Niger, il prône toutefois une coopération apaisée avec la France. Mais il pose ses conditions : la souveraineté d’abord, les bases militaires françaises, c’est terminé.


Tensions croissantes avec l’Algérie : un autre front en flammes


Autre théâtre de tensions : l’Algérie. Paris Match révèle que Bruno Retailleau, nouveau ministre français de l’Intérieur, a révoqué les privilèges diplomatiques de 44 personnalités algériennes jugées « hostiles à la France ». Désormais, ces hauts responsables, militaires ou intellectuels, n’ont plus libre accès au territoire français, même pour des soins médicaux. Une mesure inédite, qui pourrait s’élargir à 80 personnes et préfigure une révision des accords migratoires de 1968, toujours en vigueur.



Ces mesures s’ajoutent à une série de tensions entre Paris et Alger : expulsions réciproques de diplomates, divergences sur le dossier sahraoui, et une demande d’excuses officielles toujours ignorée concernant les crimes de la colonisation française entre 1830 et 1962.


Les États-Unis en embuscade : la nouvelle bataille pour l’Afrique


La France recule, les États-Unis avancent. Le général Dagvin Anderson, pressenti pour diriger l’Africom, a récemment souligné l’objectif américain : réduire l’influence de la Russie en Afrique du Nord. Lors d’une audition devant le Sénat américain, il a mentionné le Maroc et la Tunisie comme « exportateurs de sécurité », capables de former d’autres armées africaines. Washington vise aussi à détacher l’Algérie de son alliance historique avec Moscou, premier fournisseur d’armes sur le continent.


Changement de garde à Paris : un militaire en remplace un autre


En parallèle, l’armée française se réorganise. Le chef d’état-major des armées, Thierry Burkhard, a été démis. Il cède sa place au général Fabien Mandon, ancien chef militaire personnel d’Emmanuel Macron. Un changement qui survient alors que Paris tente de redéfinir son rôle dans un monde multipolaire où son aura en Afrique s’éteint peu à peu.



De Dakar à Alger, en passant par le Sahel ou Djibouti — dernier bastion militaire français en Afrique —, le message des peuples est clair : l’Afrique veut tourner la page d’une relation déséquilibrée. À Paris de choisir entre nostalgie impériale et nouveau partenariat sincère. Le vent tourne.

 




France’s Strategic Decline in Africa: End of an Empire?


France's influence in Africa is collapsing. According to French historian Édouard Husson, the country's strategic footprint on the continent has become "entirely negative," particularly under President Emmanuel Macron. In a recent statement to TASS, Husson cited arrogance, the CFA franc’s alignment with the euro, and a loss of autonomy in foreign policy as key reasons behind this decline.



On July 17, France officially handed over its last two military bases in Senegal, ending 65 years of military presence. Senegal’s newly elected president, Bassirou Diomaye Faye, pushed for the withdrawal while signaling continued cooperation with Paris.



Meanwhile, tensions are rising with Algeria, as France revokes the special diplomatic privileges of dozens of prominent Algerians. At the same time, the U.S. is stepping up efforts to counter Russian influence in North Africa, proposing a new security alliance with Morocco and Tunisia.



Back in Paris, the head of the French armed forces, General Thierry Burkhard, was dismissed and replaced by General Fabien Mandon, marking a strategic shift as France tries to salvage its global standing.



From Dakar to Algiers, the tide is turning. Africa is demanding respect, sovereignty, and a new kind of partnership.

 


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Moussa Nassourou

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