Depuis le dépôt de candidature de Maurice Kamto à la présidentielle d’octobre 2025 sous la bannière du MANIDEM d’Anicet Ekane, le débat fait rage sur la légalité d’une telle démarche. Les réseaux sociaux s’enflamment, les plateaux télévisés s’agitent, et certains responsables politiques, comme le ministre délégué à la Justice Jean De Dieu Momo, y vont de leurs interprétations.
Mais pour le politologue camerounais Moussa Njoya, il est temps de revenir au droit, rien qu’au droit.
"Quand un ministre délégué à la justice (ndlr, Jean Dedieu MOMO), qui plus est avocat, confond la procédure de légalisation des signatures des 300 personnalités parrainant une candidature indépendante, avec celle de la légalisation de la signature des candidats eux-mêmes, faut-il en rire ou en pleurer ? Franchement..." s’indigne-t-il.
? Ce que dit réellement la loi camerounaise
Contrairement à ce que certains laissent entendre, la loi électorale camerounaise n’impose pas qu’un candidat soit membre du parti qui lui accorde l’investiture. L’article 121 (1) du Code électoral est clair :
« Les candidats peuvent être :
1°) soit investis par un parti politique ;
2°) soit indépendants, à condition d’être présentés comme candidat par au moins trois cents (300) personnalités originaires de toutes les Régions, à raison de trente (30) par Région. »
Autrement dit, ce n’est pas la carte de membre qui compte, mais la légalité de la lettre d’investiture, signée par une personne ayant ce pouvoir statutaire au sein du parti politique concerné.
?? Ce que la loi interdit
Ce qui est prohibé en revanche, c’est la double casquette :
- Un même candidat ne peut pas être investi par plusieurs partis pour un même scrutin ;
- Un candidat indépendant ne peut pas cumuler une investiture de parti avec ses 300 parrainages.
En résumé, le droit camerounais laisse la liberté aux partis de choisir leur candidat, même en dehors de leur base militante, tant que cette décision est conforme à leurs statuts internes.
Ce dernier point a été définitivement éclaire par la 2e vice président du MRC :
«Nous avons accompagné ce matin notre candidat, Maurice KAMTO, à Elecam et au Conseil constitutionnel, pour y déposer respectivement son dossier de candidature à l'élection présidentielle du 12 octobre 2025 et une copie dudit dossier.
Vous comprenez pourquoi nous vous disions que nous sommes prêts.
À présent, permettez-moi de vous préciser qu'au cours du Conseil National que nous avons tenu après notre Convention, nous avons donné au Président National Maurice KAMTO la liberté de décider sous quelle bannière, prévue par le code électoral, il pouvait déposer sa candidature.
Ce choix a été fait et nous sommes fiers de Le faire savoir au peuple Camerounais en ce jour qui fera date, car Rien ne l'empêchera d'être le Candidat du peuple Camerounais, qu'une jeunesse assoiffée de justice sociale, avide de changement et déterminée à œuvrer pour le développement de notre cher et beau pays soutient et accompagne.
Cap sur la victoire le 12 octobre prochain !» , déclare Tiriane Balbine Nadege Noah.
Une précision juridique qui vient balayer les interprétations fantaisistes et politiciennes d’un débat qui ne devrait jamais sortir du cadre légal.
2025 Presidential Election: Must a Candidate Be a Party Member to Be Endorsed in Cameroon?
The recent candidacy of Maurice Kamto under the banner of the MANIDEM party has stirred a political debate in Cameroon. But according to political scientist Moussa Njoya, there’s no legal ambiguity.
"When a Deputy Minister of Justice (Jean De Dieu MOMO), who is also a lawyer, confuses the legalization of signatures of 300 endorsing personalities with the candidate’s own signature... should we laugh or cry?", he reacts sharply.
Under Cameroonian electoral law, it is not required for a candidate to be a member of the party that endorses them. Article 121 (1) of the Electoral Code allows:
- Endorsement by a political party;
- Or running as an independent, with 300 legalized endorsements—30 from each region.
The only legal requirement is that the endorsement be signed by someone empowered by the party’s statutes. What's forbidden is being endorsed by multiple parties or mixing independent and party candidacies.
The law is clear. The rest is politics.
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Ange NGO