Pirect Cameroun-Tchad : Le projet électrique qui peut tout changer? mais manque cruellement de financement !

Pirect Cameroun-Tchad : Le projet électrique qui peut tout changer? mais manque cruellement de financement !

Le Projet d?interconnexion des r?seaux électriques du Cameroun et du Tchad (Pirect) avance, mais se heurte ? un obstacle de taille : le financement, a appris cameroun24.

Publicité

À l’issue de la dernière revue trimestrielle, tenue du 7 au 10 mai 2025, un constat s’impose : 150 milliards de FCFA supplémentaires sont nécessaires pour boucler les différentes variantes à l’étude. Un manque à gagner qui menace un projet censé révolutionner l’accès à l’électricité dans la région et consolider l’intégration énergétique entre les deux pays.


Deux phases, une ambition : électrifier et exporter


Le Pirect se déploie en deux grandes étapes :


1?? La première phase vise à interconnecter le Réseau interconnecté Sud (RIS) – alimentant sept des dix régions camerounaises – au Réseau interconnecté Nord (RIN), couvrant l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua.


2?? La seconde phase, transfrontalière, permettra au Cameroun d’exporter 100 mégawatts (MW) vers le Tchad. Une avancée majeure pour la stabilité énergétique en Afrique centrale.


Trois tracés, trois budgets, un choix crucial


Plusieurs scénarios techniques sont sur la table :

? L’« option complétude » : La plus ambitieuse socialement, elle prévoit l’électrification de 409 villages avec un branchement intégral des riverains. Problème ? Seuls 142 milliards de FCFA sur 285 milliards nécessaires sont mobilisés. 143 milliards manquent à l’appel.



? L’« option Yagoua-Kousseri » :
Moins inclusive, elle connecterait 149 villages (46% de l’objectif) pour 300 milliards de FCFA, avec 157 milliards à trouver.



? L’« option Kousseri » : Similaire en coût (298 milliards de FCFA, 156 milliards manquants), mais avec un impact local réduit.


82% du budget sécurisé… mais le compte n’y est pas


Le projet a déjà mobilisé 461,1 milliards de FCFA (82% du total de 557,5 milliards), grâce à :



  •     Banque mondiale (38%) : 177 milliards

  •     BAD (32%) : 147 milliards

  •     Banque islamique de développement (17%) : 80 milliards

  •     État camerounais (12%) : 55 milliards


Pourtant, le fossé financier persiste, surtout si le gouvernement opte pour un tracé moins inclusif. Une urgence d’autant plus pressante que le barrage de Nachtigal (420 MW) produit déjà une partie de l’électricité destinée à l’export.


Un projet aux retombées socio-économiques majeures


Au-delà des chiffres, le Pirect pourrait transformer le quotidien de milliers de ménages :

? Création d’emplois

? Dynamisation du commerce et de l’artisanat

? Amélioration des services de santé et d’éducation

? Réduction de la fracture énergétique Nord-Sud



La balle est dans le camp des décideurs : privilégieront-ils l’ambition sociale ou les contraintes budgétaires ? La réponse déterminera si ce projet devient vraiment un moteur de développement… ou une occasion manquée.

 




Cameroon-Chad Power Interconnection Project: A Game-Changer in Jeopardy Due to Funding Shortfall


The Cameroon-Chad Electricity Grid Interconnection Project (Pirect) is making progress but faces a major hurdle: funding. Following the latest quarterly review held from May 7 to 10, 2025, it was revealed that an additional 150 billion FCFA is needed to finalize the different route options under consideration. This financial gap threatens a project designed to revolutionize electricity access in the region and strengthen energy integration between the two countries.



Pirect is unfolding in two key phases. The first connects Cameroon’s Southern Interconnected Grid (RIS), which powers seven of the country’s ten regions, to the Northern Interconnected Grid (RIN), covering the Far North, North, and Adamawa regions. The second phase, a cross-border initiative, will enable Cameroon to export 100 megawatts (MW) of electricity to Chad—a major step toward energy stability in Central Africa.


Three Routes, Three Costs, One Urgent Need


At the heart of the project, three technical scenarios are being weighed. The most advanced, the "full completeness option," is also the most socially impactful, aiming to connect 409 villages along the project corridor with 100% electrification coverage. However, only 142 billion FCFA of the required 285 billion FCFA has been secured, leaving a 143 billion FCFA gap.



Two other options—"Yagoua-Kousseri" and "Kousseri"—are also on the table, though they offer less local coverage. The first would require 300 billion FCFA (with a 157 billion FCFA shortfall) and electrify only 149 villages (46% of the target). The second, estimated at 298 billion FCFA, needs an additional 156 billion FCFA. Budget-wise, the difference is minimal—but the social impact is not.


82% Funded, But a Critical Gap Remains


So far, 461.1 billion FCFA (82% of the total 557.5 billion FCFA budget) has been secured, largely from international partners:



  •     World Bank (38%) – 177 billion FCFA

  •     African Development Bank (32%) – 147 billion FCFA

  •     Islamic Development Bank (17%) – 80 billion FCFA

  •     Cameroon Government (12%) – 55 billion FCFA




Yet, the funding deficit persists, especially if the government opts for a less inclusive route. The urgency is heightened by the fact that part of the electricity meant for export is already being generated by the Nachtigal Hydroelectric Dam (420 MW), recently commissioned.


Socioeconomic Impact


Beyond the numbers, Pirect could be a transformative opportunity for thousands in underserved regions. Reliable, affordable electricity could boost job creation, empower small businesses, improve healthcare and education, and accelerate the shift toward clean energy in the region.



Now, the big question remains: Will budget constraints force a compromise, or will the government push for maximum social impact? The chosen route will determine whether this project truly bridges the energy divide—between Cameroon’s North and South, and between Cameroon and Chad.

 


Pirect, Cameroun, Tchad, interconnexion électrique, financement, énergie, Afrique centrale, barrage Nachtigal, Banque mondiale, BAD, électrification rurale, développement économique, réseau électrique, intégration régionale, villages connectés, hydroélectricité, énergie renouvelable, financement projet, Afrique développement, réseau Nord Cameroun, réseau Sud Cameroun, exportation électricité, 100 MW, fracture énergétique, Banque islamique développement, fonds manquants, impact socioéconomique.


Didier Cebas K.

Publicité

Le calendrier complet de la Can Féminine 2026

Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires