Selon Kevin Chika Urama, vice-président et chef économiste de la Banque africaine de développement (BAD), le continent devrait enregistrer un taux de croissance de 3,9% en 2024, contre 3,3% en 2023. Une performance qui dépasse la moyenne mondiale, mais qui cache des disparités régionales et des défis structurels.
Une croissance inégale selon les régions
Lors de la session annuelle de la BAD, clôturée ce 30 mai à Abidjan, l’économiste a détaillé les prévisions :
- 21 pays africains afficheront une croissance supérieure à 5% en 2025.
- Le Niger, le Rwanda, le Sénégal et l’Éthiopie devraient atteindre 7%.
- Afrique de l’Est : +5,9% (leader continental)
- Afrique de l’Ouest : +4,3%
- Afrique du Nord : +3,6%
- Afrique centrale : +3,2%
- Afrique australe : +2,2% (freinée par l’Afrique du Sud)
« L’Afrique résiste mieux que beaucoup d’autres régions, mais elle doit encore exploiter pleinement son potentiel », a souligné Urama.
Inflation et dette publique : Les épines dans le pied
Malgré ces chiffres encourageants, l’inflation reste un défi majeur, avec 15 pays confrontés à une hausse des prix à deux chiffres. Autre problème : le poids de la dette. En 2024, 27,5% des revenus africains sont absorbés par son service, contre 19% en 2019.
Hémorragie financière : L’Afrique, créancière nette du monde ?
Un paradoxe inquiétant a été mis en lumière : l’Afrique perd chaque année 587 milliards de dollars en fuite de capitaux, soit près de trois fois le montant des investissements directs étrangers (IDE) et des transferts de la diaspora (190 milliards $). « Les multinationales rapatrient 275 milliards $ de bénéfices annuels, privant le continent de ressources vitales », a déploré Urama.
Solutions : Souveraineté économique et optimisation fiscale
Pour inverser la tendance, la BAD recommande :
? Renforcer la mobilisation des recettes fiscales (jusqu’à 1 430 milliards $ supplémentaires par an possibles).
? Réduire la dépendance aux exportations de matières premières.
? Maîtriser l’inflation et le coût du capital.
La BAD, seule institution financière africaine notée AAA, reste un pilier du développement continental. Son nouveau président, le Mauritanien Sidi Ould Tah, aura pour mission d’accompagner cette relance.
?? L’Afrique a les moyens de briller, mais elle doit plugger les fuites !
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? Africa’s Economic Growth to Reach 3.9% in 2024, But Major Challenges Remain
Africa continues to show remarkable economic resilience despite global instability. According to Kevin Chika Urama, Vice President and Chief Economist at the African Development Bank (AfDB), the continent is expected to achieve a 3.9% growth rate in 2024, up from 3.3% in 2023. While this outperforms the global average, it masks regional disparities and structural challenges.
Uneven Growth Across Regions
During the AfDB’s annual meeting in Abidjan, Urama highlighted key projections:
- 21 African countries will grow above 5% in 2025.
- Niger, Rwanda, Senegal, and Ethiopia will lead with 7% GDP growth.
- East Africa: +5.9% (continental leader)
- West Africa: +4.3%
- North Africa: +3.6%
- Central Africa: +3.2%
- Southern Africa: +2.2% (dragged by South Africa)
"Africa is more resilient than many regions, but it must fully unlock its potential," Urama stressed.
Inflation & Debt: Major Roadblocks
Despite positive trends, inflation remains a critical issue, with 15 African countries facing double-digit price hikes. Another concern: rising debt. In 2024, 27.5% of Africa’s revenue goes to debt servicing, up from 19% in 2019.
Financial Leakage: Is Africa a Net Creditor to the World?
A shocking paradox was revealed: Africa loses $587 billion annually to capital flight—nearly three times the amount of FDI and diaspora remittances ($190 billion). "Multinationals repatriate $275 billion in profits yearly, depriving the continent of vital resources," Urama lamented.
Solutions: Economic Sovereignty & Fiscal Efficiency
To reverse this trend, the AfDB recommends:
? Boosting domestic revenue mobilization (up to $1.43 trillion additional yearly possible).
? Reducing reliance on commodity exports.
? Controlling inflation and capital costs.
The AfDB, Africa’s only AAA-rated financial institution, remains key to continental development. Its new president, Mauritania’s Sidi Ould Tah, will steer this revival.
?? Africa has the tools to shine—but it must plug the leaks!
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Didier Cebas K.
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