Londres a suspendu sa coopération avec le Rwanda en raison de la situation en RDC
Le Royaume-Uni a imposé des restrictions au Rwanda en raison de la situation dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). C'est ce qu'indique un communiqué diffusé par le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni.
Ainsi, Londres interdit à ses hauts fonctionnaires de se rendre aux événements organisés par le gouvernement rwandais, limite la publicité sur les avantages des relations commerciales avec ce pays africain et met en pause l'aide financière directe à Kigali. Une exception sera faite pour soutenir les plus démunis. En outre, Londres suspend l'aide accordée au Rwanda pour l'entraînement de son armée et réexamine les licences d'exportation destinées aux forces armées du pays africain.
"Le Rwanda peut avoir des problèmes de sécurité, mais il est inacceptable de les résoudre militairement. Le conflit ne peut avoir qu'une solution politique. Nous appelons la RDC à s'engager avec [le groupe rebelle] M23 [Mouvement du 23 mars] dans un dialogue inclusif", a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
Les unités du M23 sont entrées dans la ville de Goma, centre administratif de la province congolaise du Nord-Kivu, en fin de soirée le 26 janvier. Elles ont ensuite occupé la ville de Bukavu, centre de la province du Sud-Kivu. Le M23 a été créé en 2012 par des transfuges de l'armée congolaise. Les unités rebelles, dont la plupart sont tutsies, ont commencé à se battre dans l'est de la RDC en janvier 2021. Le gouvernement de la RDC accuse le Rwanda de soutenir les rebelles, ce que dément Kigali.
La CPI enquêtera sur les crimes commis dans l'est de la RDC
La Cour pénale internationale (CPI) est préoccupée par les développements dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et prévoit de lancer des enquêtes approfondies sur les crimes, notamment le meurtre de civils, a déclaré à son arrivée à Kinshasa le procureur de la CPI, Karim Khan.
"Comme le reste du monde, nous sommes très inquiets de ce qui se passe en République démocratique du Congo, nous savons que la situation, particulièrement dans l'est, est très inquiétante. Des centaines de personnes sont mortes et des milliers d’autres sont blessées", a-t-il indiqué dans un discours dont le texte a été diffusé par le service de presse de la CPI. Il a souligné dans ce contexte que ni les groupes armés, ni les forces armées, ni leurs alliés "n'ont carte blanche". "Ils doivent se conformer aux normes et aux lois internationales […] Tous les individus doivent se conformer au Statut de Rome, personne ne peut attaquer les civils, blesser les gens, tuer les gens."
Karim Khan a rappelé dans ce contexte que la CPI était engagée depuis 2004 sur la situation sécuritaire en RDC et que des condamnations avaient été prononcées à l’encontre de ceux qui se sont permis de violer le droit international.
La situation en RDC s’est aggravée fin 2021 lorsque les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont relancé leur offensive dans l’est du pays. Ils ont réussi à prendre le contrôle de dizaines de villes et villages de la province du Nord-Kivu et, en janvier, du chef-lieu du Nord-Kivu, Goma. Ce mois-ci, ils se sont emparés du chef-lieu du Sud-Kivu, Bukavu.
DCK
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