Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a averti son homologue rwandais Paul Kagame que toute attaque armée de militaires rwandais contre le contingent sud-africain déployé dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre des forces de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) constituerait une déclaration de guerre, a annoncé la ministre sud-africaine de la Défense et des Anciens combattants, Angelina Motshekga, à l'issue d'une réunion gouvernementale.
"Le président les a prévenus [le Rwanda]: si vous voulez tirer, nous le prendrons comme une déclaration de guerre et nous devrons protéger notre peuple, a-t-elle indiqué, citée par le site sud-africain Times Live. Les tirs se sont arrêtés."
Cyril Ramaphosa a accusé mercredi l'armée rwandaise d'être impliquée dans la mort de treize soldats sud-africains près de la ville congolaise de Goma. Dans ce contexte, il a déclaré que la présence du contingent sud-africain en RDC ne constituait pas une déclaration de guerre à quelque pays que ce soit. Paul Kagame a noté de son côté qu'il n'excluait pas une confrontation avec l'Afrique du Sud dans le cadre de la situation dans l'est de la RDC. Il a également qualifié l'Afrique du Sud de partie belligérante, faisant remarquer que celle-ci lançait des offensives en vue d’aider le gouvernement congolais et qu’elle coopérait en RDC avec des groupes armés présentant un danger pour le Rwanda.
Les autorités de la RDC se sont entendues fin 2023 avec la SADC sur le déploiement de forces de cette dernière dans les régions orientales du pays pour contrer les attaques des rebelles. Les forces de la SADC ont reçu le mandat de participer directement aux hostilités. L’Afrique du Sud a envoyé dans l’est de la RDC environ 1.100 soldats qui stationnent actuellement dans une base près de la ville de Sake, à 27 km à l'ouest de Goma, où un cessez-le-feu avec les rebelles est en vigueur pour la troisième journée consécutive.
Le contingent sud-africain a perdu depuis le 24 janvier treize soldats, tandis que le nombre total de militaires sud-africains tués en RDC approche de la vingtaine. Le ministère sud-africain de la Défense a déclaré mercredi qu'il étudiait un éventuel retrait de son contingent de la RDC. La force de la SADC comprend également des contingents du Malawi et de Tanzanie. Pretoria estime que le prochain sommet extraordinaire de la SADC, prévu pour le 31 janvier, pourrait décider d’un retrait des forces de la RDC.
Lire aussi : Conflit en RDC: Le Rwanda est prêt à une confrontation direct avec l'Afrique du Sud, dit Paul Kagame
Le chef de la diplomatie rwandaise appelle à un cessez-le-feu dans l'est de la RDC
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a appelé à un cessez-le-feu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
"Le Rwanda soutient un cessez-le-feu dans toute la région [dans l'est de la RDC] et le dialogue que nous demandons depuis longtemps entre la RDC et le M23", a-t-il déclaré à Reuters. Le ministre a toutefois nié que les forces rwandaises aient franchi la frontière de la RDC et a décrit les actions de l'armée rwandaise comme étant purement défensives. Il n'a pas commenté les mesures que le Rwanda pourrait prendre pour faire respecter un cessez-le-feu dans l'est de la RDC.
Selon le ministre, la perte de la ville de Goma a affaibli le président de la RDC, Félix Tshisekedi, et il devrait entamer des négociations avec le Mouvement du 23 mars (M23). "Maintenant que la ville de Goma est tombée, il doit y avoir une issue et [les négociations] sont la seule option qui reste", a déclaré Olivier Nduhungirehe. Il a ajouté que le Rwanda s'était toujours opposé à une solution militaire.
Les autorités de la RDC considèrent le M23 comme un groupe terroriste et refusent de négocier directement avec les rebelles. La ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d'imposer des sanctions au Rwanda pour son soutien au M23.
Les unités du M23, soutenues par l'armée rwandaise, sont entrées dans Goma le 26 janvier, tard dans la soirée. Selon le commandement du M23, le 29 janvier, la ville de Goma est passée aux mains des rebelles. Le M23 a été mis en place en 2012 par des déserteurs de l’armée congolaise. Les groupes rebelles, majoritairement tutsis, ont lancé des hostilités dans l’est de la RDC en janvier 2021 et ont réussi à s’emparer de plusieurs villes et d’une centaine de villages dans la province du Nord-Kivu. Le gouvernement de la RDC accuse le Rwanda de soutenir les rebelles.
DCK
Le calendrier complet de la Can Féminine 2026
Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires