"Être présent à N'Djaména représentait une charge importante pour l’armée française, et ce budget pourrait être réalloué à d’autres théâtres [d'opérations militaires]", a déclaré la source au journal.
Selon le journal, le retrait potentiel des troupes françaises du Tchad pourrait être considéré comme "une bonne nouvelle" pour le budget militaire. Le nouveau budget du pays n’a pas encore été adopté en raison de la crise politique interne, mais l’enveloppe militaire pour l’année prochaine reste fragilisée en raison d'un déficit de 3,3 milliards d'euros, note le journal.
La source du journal a déclaré que la décision du Tchad a été "une vraie surprise" pour le ministère français des Armées. "Aucun signal n’avait été envoyé pour se dire que ça allait finir comme ça", a ajouté l'interlocuteur du journal.
Un Mirage français n'a pas pu décoller au Tchad à cause d'un dysfonctionnement du moteur
Le dernier des chasseurs français Mirage déployés au Tchad n'a pas pu décoller en raison d'un dysfonctionnement du moteur, son départ est prévu dans les prochaines 48 heures, a informé le journal Le Monde.
Le quotidien précise que ces appareils, qui ont besoin de voler régulièrement, étaient cloués au sol depuis le 28 novembre suite à la rupture de l’accord de défense entre Paris et N’Djaména.
Un fonctionnaire tchadien, cité par le journal, se dit étonné que les autorités françaises aient réagi si rapidement à la demande de retirer leur matériel.
Début décembre, le président tchadien Mahamat Idriss Déby, en commentant la décision de son État de mettre fin à l'accord de défense avec Paris, a indiqué que la coopération militaire entre le Tchad et la France ne répondait pas aux réalités actuelles et n'était pas réciproque. "C'est un acte souverain, pris après mûre réflexion et en toute responsabilité. Il vise à réaffirmer l'indépendance du pays et à répondre aux attentes du peuple tchadien. L'accord est obsolète, il ne nous apporte plus rien aujourd'hui. Une coopération équitable et conforme aux intérêts nationaux est nécessaire", a-t-il souligné.
Hier, les chasseurs français basés au Tchad depuis des décennies ont commencé à décoller de N'Djaména.
Le Tchad n'invitera pas les forces d'autres pays après le retrait des troupes françaises
Le Tchad n'a pas l'intention d'inviter les forces armées d'autres États, y compris la Russie, après le retrait des troupes françaises. C’est ce qu’a déclaré le ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement, Abderamane Koulamallah.
"Le départ des troupes françaises ne signifie en aucun cas leur remplacement par une autre puissance, comme la Russie", a-t-il noté.
Selon le ministre, "le Tchad a les moyens de se défendre et assume totalement sa décision". Cependant, Le Monde écrit que le Tchad "semble avoir désormais trouvé d’autres partenaires sécuritaires". Par exemple, l'armée tchadienne a récemment utilisé des drones de fabrication turque contre le groupe extrémiste Boko Haram. Le journal considère que les Émirats arabes unis, qui fournissent du matériel au pays africain, sont l'allié le plus souhaitable pour le Tchad. En outre, en octobre, les Émirats ont accordé au Tchad un prêt de plus d'un milliard de dollars.
Le 10 décembre, l’Agence France-Presse (AFP) a rapporté que des avions français basés au Tchad depuis des décennies avaient décollé de N'Djaména mardi.
Le 29 novembre, le ministère tchadien des Affaires étrangères a informé de la décision de N'Djaména de mettre fin à l'accord de coopération de défense avec la France. Le 5 décembre, le premier ministre tchadien Allah-Maye Halina a officiellement installé les membres de la commission chargée de la mise en œuvre de la dénonciation de l’Accord de coopération militaire de la convention et de ses annexes entre le Tchad et la France.
DCK
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