C’est ce qu’a rapporté le magazine Jeune Afrique, se référant à des sources au sein du ministère français des Affaires étrangères.
"Le coup d’État au Niger a fait beaucoup de mal à la DGSE. Non seulement nous avons perdu un de nos amis en la personne de Mohamed Bazoum [le président renversé], mais nous avons aussi soutenu en vain la Cédéao, le Nigeria et le Bénin pour contrecarrer le maintien au pouvoir des putschistes", a noté une source. Après le changement de pouvoir au Niger, les pays de la Cédéao, dont le Nigeria et le Bénin, ont imposé des sanctions sévères contre le Niamey et exigé des rebelles qu'ils libèrent Mohamed Bazoum, menaçant de recourir à la force, mais n'ont finalement pas lancé une opération militaire. Selon la même source, des agents de renseignement français se trouvaient bien au Nigeria et au Bénin à l'époque.
Comme l’écrit le média, suite au refus de la Cédéao d'intervenir au Niger, la présence des services de renseignement français dans le nord du Bénin a été considérablement réduite. Cela a eu un effet négatif sur les capacités de collecte de renseignements de Paris. "Le niveau de renseignement de la DGSE dans la zone de la frontière entre le Niger, le Bénin et le Burkina Faso est clairement en baisse, pour ne pas dire plus", a déclaré une autre source. Selon Jeune Afrique, les autorités du Burkina Faso ont même arrêté quatre techniciens de la DGSE en décembre 2023 et les détiennent toujours.
Des militaires nigériens se sont rebellés fin juillet 2023 et ont annoncé la destitution de Mohamed Bazoum. Ils ont proclamé chef d’État le général Abdourahamane Tiani, qui dirigeait la garde présidentielle, et formé le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Les dirigeants de la Cédéao ont décrété des sanctions contre les rebelles et ont exigé la libération de Mohamed Bazoum, menaçant d’avoir recours à la force. Cependant, le Burkina Faso et le Mali ont déclaré qu'ils considéreraient tout envoi de troupes au Niger comme une déclaration de guerre à leur encontre.
L'une des décisions des nouvelles autorités a été de dénoncer les accords conclus avec la France sur le déploiement du contingent militaire au Niger afin de lutter contre les groupes extrémistes. Paris a commencé à retirer ses troupes le 10 octobre. À ce moment-là, environ 1.400 militaires français étaient déployés au Niger.
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