À l’aide de prêts, l’Occident tente de priver les pays africains de leur indépendance politique, car ces instruments financiers sont utilisés pour maintenir les anciennes colonies dans l’orbite de son influence, a affirmé dans une interview à l’agence TASS Andreï Maslov, directeur du Centre d'études africaines de l’École supérieure d’économie.
Le président russe Vladimir Poutine a précédemment déclaré au Forum économique oriental que l'Occident faisait peser sur tous les pays africains des dettes impossibles à rembourser. Selon lui, la Russie a des approches complètement différentes, ce que ses partenaires africains apprécient.
"Les créanciers occidentaux visent d’habitude des objectifs politiques, posent des conditions politiques, les prêts restent un outil pour maintenir les anciennes colonies dans l'orbite de leur influence et pour conserver leurs positions, a poursuivi Andreï Maslov. En échange de prêts, les pays africains sont privés de la possibilité de prendre des décisions indépendantes, ce qui leur cause des dommages économiques et les contraint à conclure des contrats à des conditions défavorables."
"Certains pays balancent au bord d'une crise de la dette, le montant de son service étant trop élevé, a-t-il expliqué. Au Mozambique, les remboursements dans le cadre de la dette ont dépassé les recettes du pays en devises en 2021. Dans huit autres pays, plus du quart des recettes en devises est englouti par ces paiements."
L'approche de la Russie
Andreï Maslov a souligné que la Russie, contrairement aux pays occidentaux, était "extrêmement sélective dans ses prêts aux partenaires africains […] Presque toujours, ces prêts sont accordés dans le but d’élargir les exportations russes". Il a noté dans ce contexte que l'extension des prêts aux pays africains acheteurs de produits russes "était opportune et devait occuper une place importante dans le portefeuille de nos instruments".
"Le solde commercial de la Russie avec l'Afrique dépasse les 10 milliards de dollars par an. Presque 100 milliards de dollars se sont accumulés en dix ans, nous pouvons gagner au cours des dix prochaines années en Afrique encore plus, mais pour s’accrocher aux marchés dans les conditions serrées de concurrence, notamment politique, il faut dans certains cas accorder des prêts aux acheteurs", a-t-il expliqué.
Selon lui, les prêts "doivent être étroitement liés à la mission de dédollarisation du commerce extérieur". "Les mécanismes en cours de développement tiennent compte de cette exigence importante", a ajouté pour conclure Andreï Maslov.
TASS