Les experts interrogés par le média notent la hausse des sentiments antifrançais dans certains pays africains aussi bien que le mécontentement des citoyens et des militaires par les chefs d’État actuels.
Comme l’indique François Conradie, chercheur chez Oxford Economics Africa, le président camerounais Paul Biya âgé de 90 ans est considéré dans le pays comme un corrompu. "Ce président n’est pas populaire. Il est au pouvoir depuis déjà plusieurs décennies. Il est aussi très vieux et son entourage contrôle ses contacts et gère l’État à sa place", précise-t-il. Selon ses informations, Paul Biya compte transmettre le pouvoir à son fils ce qui risque d’être très mal vu au Cameroun.
Parmi les dirigeants africains qui risquent également d’être destitués, les experts notent le président congolais Denis Sassou-Nguesso, le président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et le président togolais Faure Gnassingbé qui sont arrivés au pouvoir il y a des décennies soit après avoir effectué des coups d’État soit après avoir remplacé des membres de leurs familles au poste de chef d’État. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby, peu charismatique, est également menacé. Selon des documents confidentiels du renseignement américain qui avaient fuité, un groupe de rebelles au Tchad entretenant des liens avec la République centrafricaine préparait un complot contre le président.
Le Sénégal et la Côte d'Ivoire seraient moins vulnérables, estiment les experts. Selon Afolabi Adekaiyaoja du Centre de la démocratie et du développement, les élites militaires et politiques voient des alternatives aux régimes en place. Paul Melly de Chatnam House estime que les dirigeants les plus vulnérables tenteront de mieux distribuer les ressources entre les élites afin de les prévenir d’une nouvelle tentative de coup d’État.
TASS