Discours de la fin d?année 2020 de Paul Biya à la Nation

Discours de la fin d?année 2020 de Paul Biya à la Nation

Le Chef de l'Etat comme à la fin de chaque année depuis 38 ans s'est adressé à la nation.

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MESSAGE DU CHEF DE L’ETATA LA NATION


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A l’occasion de la fin d’année 2020et du Nouvel An 2021.


Yaoundé, le 31 décembre 2020


 


Camerounaises, Camerounais,


Mes chers compatriotes,Vous  comprendrez,  j’en  suis  sûr,  que  je  commence  ce messagetraditionnel  en  vous  parlant  de  l’irruption,sur  notre planète,de  la  pandémie  du corona  virus.A  cet  égard, l’année 2020 restera certainement dans les mémoires comme une année sombre, marquée par des centaines de milliers de mortsà travers le monde.


Comme  la  quasi-totalité  des  pays,  le  Cameroun  a  été touché.  Peut-être  moins  gravement  que  d’autres Etats.  Malgré nos  efforts,  le  COVID-19  aendeuilléde  nombreuses  familles  et provoquéde  graves  difficultés  dans  le  fonctionnement de  notre économie et de notre société.


Je   saisis   cette   occasion   pour   saluer   de   nouveau   le dévouement  de  nos  médecins,  infirmiers  et,  de  façon  générale, de  notre  personnel  de  santé,  grâce  auquel  de  nombreuses  vies ont pu être sauvées et continuent de l’être.Il  est  peut-être  trop  tôt  pour  essayer  de  tirer  les  leçons  de ce douloureux   épisodequi,d’ailleurs,se   poursuit.   Est-il nécessaire  de  rappeler  que  l’actuelle  pandémie  n’est  pas  la première et que l’Histoire nous a apprisque  des épidémies ontanéanti des populations entières:la plus récente s’étant déclarée au lendemainde la Première Guerre mondiale.


Faut-il  y  voir  la  responsabilité  de  l’homme,  coupable d’exploiter  sans  modération  les  ressources  naturelles  de  la planète  et  de  se  livrersans  cesseà  des  conflits  générateurs  de massacres  et  de  maladies,ainsi  qu’à  des  expériences  pour développer des armes nouvelles?


La question doit, je crois, être posée. Quelle que soit la réponse, c’est le mérite de notre époque d’avoir  clairement  soulevé  le  problème  de  la  relation  entre l’homme  et  son milieunaturel. C’était, me semble-t-il, l’objectif de  la  Conférence  de  Paris  sur  le  réchauffement  climatique  dont lesrecommandationsrestent d’actualité.


Quoi qu’il en soit, nous  ne  devons  pas pour  autant dormir sur nos lauriers. J’ai personnellement  constaté  que la  plupartde nos  concitoyensnerespectent plus les  mesures de  protection édictées par le Gouvernement. Au moment où, partout ailleurs, l’on constate une deuxième vague de l’épidémie,coupléeàl’apparition d’une nouvelle souche du virus  plus  contagieuse,je  vous exhorte de  nouveauà  porter vos  masques,  à vouslaver  régulièrement  les  mains  et  à  faire appel à un médecin ou à toutautrepersonnel de santéau cas où des  symptômes apparaissent. C’est le seul moyen de préserver les vies et de freiner la propagation du virus.


Mes chers compatriotes,


L’attention que nous avons dû porter à la situation sanitaire ne  nous  a  pas  empêchés  de  nous  consacrer  aux autres tâches essentielles liées àla gestion de notre pays, c’est-à-dire:


-assurerla sécurité et la paix sur toute l’étendue de notre territoirenational;


-consolider notre processus démocratique,-enfin,  poursuivre  la  réalisation  de  notre  programme  de développement   sur   les   plans   économique, socialet culturel.


Depuis quelques années, notre pays fait face à des menaces venant de l’extérieur, notamment à notre frontière orientale et dans la partie septentrionale de notre territoire.


Dans le premier cas, il s’agit de bandits de grands chemins,attirés par des proies facilesque constituent de paisibles éleveurs et leurs troupeaux.


Dans le second, ce sont désormais des raids isolés de Boko Haram  ou  des  tentatives  d’attentats-suicides   confiés   à   des adolescents.


La  vigilance  et  l’action  efficaces  de  nos  forces  de défense et de sécurité ont fait diminuer sensiblement les actes de ces criminels.


La situation est différente dans nos régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où des groupes armés, entretiennent un climatde terreur   etd’insécurité.


C’est  ainsi  que,périodiquement,ils attaquent    descommunautés    isolées    et    également    des établissements  d’enseignement  pour  dissuader  les  parents  d’y envoyer  leurs  enfants.


La  liste  est  déjà  longue  des  exactions  et des crimes qu’ils ont commis. L’un desplus odieuxest celui qui a eu lieu récemment à Kumbaet qui s’est soldé par la mort de 07 écoliers et des blessures infligées à plusieurs autres.


Ce crime qui choque la conscience humaine,ne restera pas impuni. Tous  les  coupables  seront  recherchés  sans  relâche,et traduits devant la justice. D’oreset  déjà, l’opinion publique, etparticulièrement  celle  de  nos  deux  régions  concernées,  peut  se rendrecompte,  si  ce  n’est  déjà  fait,  que  ces  soi-disant «sécessionnistes»  ne  sont  en  réalité  que  des  assassins,  et qui plus est, des assassins d’enfantsinnocents. C’est peu dire que la tuerie de Kumba a suscité l’indignation générale.


C’est le moment pour moi d’en appeler, une fois de plus, à la responsabilité des pays amis qui hébergent les commanditaires et des organisations qui financent et animent, par divers canaux, les bandes armées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Tous  ceux  qui,  au  terme  des  enquêtes,  seront  identifiés  comme donneurs  d’ordres  ou  complices  de  ces  crimes  odieux,  devront répondre de leurs actes.


Pourtant, notre Gouvernement n’a jamais cessé d’apporter la preuve de sa volonté d’ouvertureet  de  dialogue en  libérantpar exemplede  nombreux  ex-sécessionnistes  et  en  facilitant  leur réinsertion dans la société.


D’autre part, après la tenue du Grand Dialogue National, il a accéléré   la mise  en  œuvre  d’une  ambitieuse  politique  de décentralisation  qui  comporte  notamment,  pour  nos  régions  du Nord-Ouest  et  du  Sud-Ouest,  l’accession  à  un  statut  spécial tenant compte de leurs spécificités et de leurs aspirations.


J’exhorte  de  nouveau  les  jeunes  enrôlés  dans  les  bandes armées   à  sortir   de  brousse   et   à   regagner   les   centres   de Désarment,   Démobilisation   et Réintégration   (DDR) afin de retrouver,  comme  leurs  autres  jeunes compatriotes,  une  vie normale.


L’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a  que  trop  porté  préjudice  à  notre  pays. Notre  démocratie permet l’expression pacifique de toutes les opinions, maisdans le respect  des  loiset  règlements.


Sinon,la  paix  et  la  stabilité seraient menacées.


C’est lelieu  de  se  féliciter  de l’attitude patriotique deceux de  nos  concitoyens  du  Nord-Ouest  et  du  Sud-Ouest  qui,  non seulement, coopèrent de plus en plusavec les forces de défense et    de    sécurité,    mais aussi entreprennent    de    lutter courageusement contre ces   bandes   armées. Ils   ont   pris conscience  que ces  gens-là n’agissent  pas dans  l’intérêt des populations.


Je voudrais également saluer ici la bravoure de nos forces de défense  et  de  sécurité qui  n’ont  pas  failli  à  leur  devoir de protection de l’intégritédu territoire  nationale,des personnes  et des biens. Elles méritent le respect et la considération de tous. Je les encourage à persévérer et à demeurer une force républicaine, respectueusedes droits humains.


Par  ailleurs, l’on  doitregretter  que  quelques-uns  de  nos compatriotes,   regroupés  autour  d’une  personnalité  dont  les ambitions   avaient   été   déçues   lors   de   la   dernière   élection présidentielle,   aient   profité   des   difficultés sécuritaires et sanitaires pour  tenter  de  susciter une  insurrection,  faussement appelée  «marches  pacifiques».  Grâce  à  la  maturité  du  peuple camerounais, ces marches ont heureusement été peu suivies.


Est-il  vraiment  nécessaire  de  rappeler  qu’en  démocratie, l’accès aux responsabilités politiques est  assurépar  la  voie  des urnes  et  non parla  rue,  par  certains médias ou  par  les  réseaux sociaux? C’est  précisément  le  cas  au  Cameroun  où  le  processus démocratique   se   déroule   selonles   dispositions   de   notre Constitution  et  selon  les  règles  fixées  par nos  lois.  La  période récente en a donné un bon exemple:


-en mars 2018, lemandat dessénateurs est renouvelé;


-en octobre 2018, le Chef de l’Etat est élu avec une très large majorité;


-en   février   2020,   des   élections   législatives   ont   lieu, assurant au  Gouvernementune majoritéconfortable  à l’Assemblée Nationale;


-à la même date, les élections municipales mettent fin au système des délégués du gouvernement dans les grandes villes, désormais gérées par des maires élus;


-en  décembre  2020,  les  élections  régionales  viennent de compléter  les  dispositions  prévues  dans  le  processus  de décentralisation.


Ainsi  se  confirme,chaque  jour  davantage,notre  volonté politique  de  mener  à  bien leprojet  démocratique  répondant  aux souhaits véritables du peuple camerounais, projet initié dès mon accession  à  la  magistrature  suprême  et  qui  a  conduit,  quelques années plus tard,à l’institution du multipartisme.


A ceux qui critiquent les imperfections de notre démocratie, je réponds que nous n’avons eu que quelques décennies pour lamettre  en  place.


Les  grands  paysdémocratiques,de  leur  côté, n’y sont parvenusqu’au terme  de  plusieurs  siècles  marquéspar des  révolutions,  des  guerres  civiles  etmêmedes  épisodes de dictature. Pour  ma  part,  je  suis  bien  conscient de  tout  ce  qui  reste  à faire. Mais j’ai la conviction que nous sommes sur la bonne  voie et  que  bientôt,  nous  pourrons tous être  fiers  de  nos  avancées démocratiques.


Mes chers compatriotes,


Il  faut  bien  reconnaître  que  le  contexte  international notamment  la  pandémie  du  corona  virus  et  la  baisse  de  la croissance  mondiale n’a  pas  facilité  la bonne  tenue de  nos finances publiques et de notre économie au cours de l’année qui s’achève.


Tout en maintenant nos objectifs de croissance, nous avonsdû prendre des mesures de consolidation budgétaire et de soutien à l’économie afin de passer  ce  cap  difficile  et  de  rendre  possible une politique de relance en 2021.


C’est  ainsi  qu’il  a  été  décidé  de  finaliser  les  projets  qui concernent  le Championnat  d'Afrique  des  Nations 2021  et  la Coupe d’Afrique  des Nations  de  Football2022,  de  poursuivre la mise en œuvre des plans de reconstruction et de développement des   régions   du   Nord-Ouest   et   du   Sud-Ouest   ainsi   que   de l’Extrême-Nord.


Malgré  ces  efforts,  il  est  prévisible  que  notre  taux  de croissance,  qui  s’était  stabilisé  autour  de  4  %  au  cours  des dernières années,  subisseune  nette  érosion  en  2020  et  que l’inflation  repartelégèrement  à  la  hausse.  L’impact  du ralentissement  de  l’économie  mondiale  et  l’évolution  de  notre situation     nationale,     notamment en     ce     qui     concerne l’augmentation  des  dépenses  desécurité,  y  ont  sans  doute contribué.


Néanmoins, il apparaîtqu’en dépit des difficultés, l’économie camerounaise a conservé une certaine capacité de rebond. Grâceà l’appui de nos partenaires internationaux et, dans l’hypothèse d’un recul de la pandémie, il est alors permis de penser qu’une reprise est possible dans les moisà venir.


Dans   cet   esprit,   jevoudrais   maintenant   appeler   votre attention sur le lancement récent de notre Stratégie Nationale de Développement  (SND)  qui  remplace  le  Document  de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi(DSCE) arrivé à son terme.


La Stratégie  Nationale  de  Développement définit  les  grands axes de notre planification jusqu’en2030.  Ce  document  tire  les leçons  des  expériences  passées  et  fixe  de  nouveaux  objectifs pour   ladécennie   à   venir,   notamment   une   transformation structurelle de notre économie et un développement inclusif. Il  conviendradoncde  passer  à  la  vitesse supérieure  pour lutter contre la pauvreté, le chômage et la persistance du secteur informel.  Il  faudra également s’efforcer  d’atteindre  un  taux  de croissance de 8 % en procédant à une transformation structurelle de  notre  économie  et  en  améliorant  l’efficacité  de  la  dépense publique.


Ainsi, nous conserverons toutes les chances de parvenir à l’émergence à l’horizon 2035.Bien  entendu,  nous  poursuivrons  par  ailleurs  la  mise  en œuvre  de  notre  politique  de  développement  social  qui  a  été définie au début du septennat en cours, qu’il s’agisse de l’emploides jeunes, de l’éducation, de la santé et de la famille.


Telles  sont,  mes  chers  compatriotes,  les  grandes  lignes  de l’action  que,  malgré  les  difficultés,  le  Gouvernement  s’est employé à mettre en œuvre au cours des derniers mois et qu’il va poursuivre dans les prochaines années. Celles-ci seront cruciales pour notre marche vers l’émergence.


J’ai la conviction que nous pourronsatteindrenos  objectifs, à condition que nous acceptions de faire les efforts nécessaires et d’entreprendre les réformes indispensables.


Camerounaises, Camerounais,


Mes chers compatriotes,


L’année  qui  s’achève  n’a  pas  été  une  année  facile.Nous avons  dû relever  de nombreux  et  importants  défis. Nous devons rester,  comme  par  le  passé,  unis et  déterminés.


Le  peuple camerounais a toujours montré qu’il était à la hauteur des enjeux qui le concernent. Il faut s’en féliciter.


Bonne et heureuseannée, à toutes et à tous.


Vive la République!


Vive le Cameroun!

 

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