Cameroun: Voie de paix, voix du destin

Cameroun: Voie de paix, voix du destin

Dans le programme de philosophie de la classe de Terminale au Cameroun, un chapitre est consacré à l?Etat et la nation lit-on dans un éditorial de Georges Alain Boyomo, DP du quotidien Mutations.

Publicité

Il est principalement question dans ce chapitre d’établir la différence entre ces deux mots. La nation est la construction historique du sentiment d’appartenance d’un peuple à une identité commune fondée sur la culture, la langue, la religion ou le territoire. Pour sa part, l’Etat est l’appareil politique qui se dote d’un ensemble de lois et règlements, d’une organisation administrative, lesquels lui permettent d’avoir une existence officielle et d’être reconnu par les autres Etats. La fusion de l’Etat et de la nation a donné naissance à ce qu’il est convenu d’appeler l’Etat-nation.



L’Etat-nation. Ce concept qui est apparu depuis le XIVe siècle sera au cœur du grand dialogue national qui s’ouvre ce jour à Yaoundé. Après près de 60 ans d’indépendance, le Cameroun s’engage par ce conclave à redevenir l’Etat-nation qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Pendant cinq jours au Palais des congrès de Yaoundé, l’on parlera ainsi de diversité culturelle, de cohésion nationale, d’éducation, de reconstruction, de développement et de bien d’autres notions qui, toutes, renvoient à la paix, au vivre-ensemble et à la dynamique unitaire.



Le mont Nkolnyada qui abrite le majestueux édifice empruntera pendant ce dialogue national les atours du Mont des oliviers pour symboliser les pleurs, la méditation, l’élévation, la joie et l’espoir de renaissance. Des débats nourris, des mots croisés, du choc des arguments et des visions éclairées doivent jaillir des solutions pragmatiques et pérennes à la meurtrière crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et, au-delà, une société de confiance, réconciliée avec elle-même, qui s’appuiera sur des ressorts en acier trempé pour viser l’émergence.



Cette espérance nourrie par la majorité silencieuse doit tenir à cœur tous les participants à cette grande palabre. Ils ne sont pas invités à cette grand-messe pour défendre ou promouvoir des intérêts bassement égoïstes ou égotiques, mais pour bâtir un nouveau Cameroun, un Cameroun nouveau. « Que tous tes enfants, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest soient tout amour, te servir que ce soit leur seul but, pour remplir leur devoir toujours… ». Ces phrases de notre hymne national doivent bercer les esprits, orienter la réflexion, guider les attitudes, modeler les postures, encadrer les travaux. Il sera donc important, voire impérieux, de débattre sans a priori, ni tabou, sans flagornerie, ni acrimonie, avec sincérité et franc-parler, avec flexibilité et esprit de fair-play.



Les résolutions de ce raout républicain sont particulièrement attendues, mais c’est surtout l’après-dialogue qui est scruté. Il est régulièrement fait reproche au pouvoir de Yaoundé de jouer de ruse pour se tirer d’affaire et poursuivre, plus tard, de manière décomplexée, dans la gouvernance qui a secrété la pétarade. Il faudra donc, par les actes, administrer la preuve que le grand dialogue national n’était pas un piège à cons, un évènement d’affichage ou de folklore, un gage ou un gadget offert à la sourcilleuse communauté internationale.



C’est donc peu dire que l’ordonnateur du grand dialogue national est attendu au virage. Au-dessus de lui, c’est le Cameroun qui joue son avenir, c’est le pays tout entier qui va à la rencontre de son destin.



Georges Alain Boyomo

Publicité

Le calendrier complet de la Coupe du Monde 2026

Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires