Dialogue national inclusif, les citoyens donnent leurs avis

Dialogue national inclusif, les citoyens donnent leurs avis

Zo?obo Kane François : « A voir, les camerounais pensent encore à leurs 10 régions mais avec une large autonomie, c?est un gage de sincérité pour le Dni ».

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Il aime bien se faire appelé comme un citoyen avisé. A l’instar des autres citoyens de la cité capitale du Sud, c’est avec une grande concentration qu’il a suivi le discours présidentiel du 10 septembre dernier. C’est en cette qualité qu’il a volontairement voulu décrypter certains aspects de ce discours, en vue de partager sa vision de ce dialogue dit national et inclusif pour un retour à la paix dans le Nord-ouest et le Sud-ouest (NoSo) du Cameroun.




Le président de la république appelle au dialogue, peut-on dire enfin ?

C’est une bonne chose parce qu’il a insisté sur le problème du NoSo, en évoquant les autres régions également. Il a parlé de décentralisation en parlant des élections régionales avenir pour parachever ce processus. Moi je pense que la décentralisation ici concerne le pouvoir qui est trop concentré et qu’il faut décentraliser. C’est ce qui est à l’origine de tous les maux actuels dans ce Cameroun. On doit comprendre que la décentralisation dont on doit parler ici est celui du pouvoir alors là, le dialogue national inclusif (Dni) annoncé a la chance d’aboutir à quelque chose de bénéfique pour l’ensemble des citoyens. Parce que le compromis politique de 1996 appelé tripartite avait instauré l’état unitaire décentralisé. Mais l’expérience pratique en a fait autre chose de cette volonté conséquence, rien n’est décentralisé ou du moins n’a été décentralisé plusieurs années après. Pour exemple, il n’y a aucune autorité régionale qui décide de quoi que ce soit. Ce dysfonctionnement avec les délégués du gouvernement confirme cette assertion, rien n’avancé. Ci on est en république, il faut un minimum de sincérité, de compréhension même. Feu Charles Ateba Eyene parlait des camerounais qu’ils ont l’art d’être hors sujet, c’est peut-être cela avec la décentralisation comme transfert de compétences et la décentralisation comme transfert du pouvoir à la base.

 


Comment parvenir à l’arrêt  des combats ?

Nous sommes en phase d’une crise politique, qui débouche à un conflit armé. Il faut décréter un cessez-le-feu, ceci est une prérogative gouvernementale, c’est la régularité là-bas. Cessez-le-feu ne veut pas dire dépôt des armes mais simplement arrêt des tirs. Pour éviter que le sang des camerounais continue à couler, en attendant le dialogue. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mêmes les saintes écritures le prévoient ainsi. On doit alors dire, plus de tirs pour tous en ce moment on mettra la bonne foi de chaque partie à l’épreuve devant la communauté internationale. Personne n’a l’intérêt que les camerounais continuent à s’entretuer, c’est une situation honteuse, ce n’est pas ça la république.

 


Selon vous, le Dni porte t-il les germes de la tripartite de 1991 ?

La similitude n’est possible que si les décisions issues du Dni ne sont pas d’application effective où alors une distraction nationale inclusive aussi, sans en faire un procès d’intention. Mais faisant foi à l’intelligence des camerounais, à l’amour du président de la république pour ce pays, nous entrevoyons autrement. Ce sera une issue favorable et un décollage de ce pays. Mais je dis que tout est au niveau de la sincérité, il faut que le gouvernement donne un gage réel à cela pour effacer l’image noire de la tripartite.

 


Pensez-vous que les réalités actuelles du pays imposent à penser à une nouvelle forme de l’état ?  

A voir, les camerounais pensent encore à leurs 10 régions mais avec une large autonomie, c’est un gage de sincérité du Dni. Là, je pense que les responsables élus à la base vont s’occuper à régler les problèmes quotidiens à leur niveau, pas à attendre que Yaoundé décide. En ce moment, le gouvernement s’occupera des problèmes de souveraineté, en ayant un rôle de contrôle sur les égarements de ceux qui seront en charge. En second, on peut rester indivisible aussi en étant fédéré, les exemples dans ce sens abondent autour de nous, le Nigéria, les Etats-Unis d’Amérique pour ne citer que ces deux exemples. Le Dni nous dira davantage.

 


Vous-êtes un témoin de l’histoire aussi, que savez-vous de celle du Cameroun alors ?

Je sais que le Cameroun qui accède à la souveraineté internationale le 1 er janvier 1960 n’a pas le Cameroun occidental, c’est le Cameroun oriental et qui s’appelait république du Cameroun. Maintenant, on est entré dans les négociations, les entretiens pour que le Cameroun occidental se rattache au Cameroun oriental, ce qui a abouti à la république fédéral en1961. Les entretiens se sont poursuivis, assortis des négociations on a abouti à république unie du Cameroun. Maintenant, revenant à la république du Cameroun en 1984, il n’y a plus eu concertation, c’est juste un décret qui a ramené le Cameroun à sa première dénomination, voilà l’histoire qui parle à chacun de nous.

 


Propos recueillis par

Jacques Pierre SEH

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